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(HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo.

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Reion


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MessageSujet: (HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo. Sam 15 Aoû - 13:15



QUI PRO QUO




« Haaaaa » fit Althéa en déboulant dans l'appartement et en se laissant choir de tout son poids sur l'océan de tapis épais qui recouvrait le sol. Elle roula sur le dos, s'étira et s'assit par terre.

Elle revenait d'une maison dans le quartier Est, et encore avant, c'était le quartier Ouest. Et encore avant ... Elle avait passé sa matinée à aller de porte en porte afin de secourir les gens, et elle se sentait épuisée comme si elle avait couru un marathon. Elle se secoua les puces, alla se laver les mains et le visage et se servit un jus de fruit. Elle aimait boire quelque chose de sucré après ses longues matinées. Elle s'installa plus dignement dans le canapé et passa ses jambes sous elle. A gestes délicats, elle retira les tresses de sa longue chevelure et la rejeta en arrière, toute bouclée et emmêlée. Bah, je réglerai ça ce soir. Elle fit un rapide chignon dont débordait des mèches, puis se releva, comme si malgré la fatigue qui tirait ses muscles, elle ne pouvait tenir en place. Elle prépara une tasse de café et une autre de chocolat chaud, puis armée de cette dernière, elle fit le tour de l'appartement en cherchant.

Hyppolite.

Est-ce qu'il était là, au moins ? Souvent, il était avec elle l'après-midi, après qu'elle ait soigné ses malades. Elle lui racontait ce qu'elle avait fait, les réactions des gens ; elle ignorait ses remarques acerbes, parce qu'elle se doutait dans le fond que, même si il les pensait, il était content qu'elle fasse ça.

« Hyppolite ? Il y a du café » déclara t-elle d'une petite voix, sachant qu'elle agitait une souris sous le nez d'un chat. Ou plutôt du café sous le nez d'un caféinomane. Ca la faisait rire, cette espèce d'adoration pour le café. Elle-même n'aimait pas ça, mais elle en achetait exprès pour lui. Après tout si ça lui faisait plaisir. Néanmoins, les premiers essais avaient été peu concluants - trop clair, trop fort, de mauvais goût. Elle avait dû s'y reprendre à environ quinze fois avant de faire un café digne de ce nom, et encore. Hyppolite aimait bien la taquiner à ce sujet, quand ce n'était pas carrément critiquer son café ouvertement. Elle prenait ça gentiment et tentait de s'améliorer à chaque fois.

Une gorgée de chocolat chaud plus tard, une moustache de lait marron au-dessus de la lèvre, elle retourna dans le canapé sans avoir trouvé son ami. Elle était un peu chiffonnée - c'est qu'elle aimait bien quand il était là. Sa présence en était devenue rassurante, au fur et à mesure de leurs discussions. Il faisait un peu partie de sa vie, quand elle y pensait. Elle l'aimait bien - il était grand, masculin, rassurant, et si il pouvait paraître grognon comme un ours mal léché, elle voyait en lui quelqu'un de bien.

Peut-être qu'il avait été terrassé par une migraine ? Si l'idée était à la base une pensée humoristique, elle fronça les sourcils. Il souffrait pas mal de ses maux de crâne, et c'était finalement assez plausible. Elle sursauta en entendant le parquet grincer, puis se releva. Elle voulait voir dans la rue, au moins, si il n'était pas dans un coin à maudire ses migraines. Ou alors, il n'avait pas eu le temps, trop occupé avec ses propres clients ? Elle gardait son optimisme en bandoulière, et croyait dur comme fer qu'il allait bien, mais son inquiétude la rongeait également, formant une balance dans son petit être. Debout, pieds nus, les cheveux en bataille, elle eut un petit gémissement enfantin, ne sachant que faire ni que dire. (bien que, finalement, dire quoi que ce soit n'aurait pas changé à grand chose.)

Elle tourna sur elle-même, reposa sa tasse de chocolat chaud qui avait un peu refroidi, et alla mettre ses chaussures, parce qu'elle voulait en avoir le coeur net. Elle se rua dans l'escalier, et alors qu'elle ouvrait la porte, manqua de rentrer dans une silhouette familière. Elle manqua une respiration, puis fit un grand et large sourire et se recula, en rougissant, avant de retourner dans le salon presque docilement. « Pardon d'avoir failli te rentrer dedans. Tu vas bien ? » demanda t-elle d'une voix très basse et très rapide, comme si cela pouvait effacer son inquiétude.




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MessageSujet: Re: (HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo. Dim 16 Aoû - 14:51


Dernier rendez-vous de la matinée, Hippolyte n'avait qu'une envie : tout envoyer balader en l'air et se casser. Pas que le client soit désagréable ou même que le dossier soit inintéressant, non, mais cette après-midi était réservée à Althéa. Et cette après-midi, Hippolyte avait prévu quelque chose de spécial. Il était dès lors impatient de rejoindre son doliprane favori, puisque c'est ainsi qu'il l'appelait n'en déplaise à Fallone.
Aussitôt son entretien achevé et son client parti, l'huissier s'empressa de fermer son étude et de réunir les papiers requis. Il vérifia au moins trois fois d'avoir bien pris les bons formulaires, attrapa son manteau noir et blanc fétiche et sortit direction le quartier ouest. Un coup d'oeil à sa montre lui indiqua qu'il était en retard par rapport à l'horaire habituel. Il pressa le pas.

Arrivé devant l'immeuble, il leva la tête, essayant de voir s'il n'apercevait pas déjà Althéa à la fenêtre. À cette heure-ci elle devait déjà être rentrée. D'ordinaire, il était là avant elle et connaissant la demoiselle, elle devait sûrement le guetter. Mais n'apercevant pas le minois de la jeune femme, il haussa les épaules et poussa la porte de l'entrée. Il fut ceci dit surpris de tomber nez-à-nez, ou du moins façon de parler puisqu'elle faisait bien trois têtes de moins que lui, avec une Althéa visiblement pressée qui faillit lui rentrer dedans.

▬ Hé bah. Ne put-il s'empêcher de lâcher avec un sourire moqueur devant la demoiselle qui se reculait en rougissant et en s'excusant.

S'engouffrant à son tour dans l'appartement, Hippolyte s'apprêta à répondre à sa question tout en préparant une moquerie sur la coiffure négligée de la mademoiselle quand une délicieuse odeur parvint à ses narines. Cafééééé...

▬ Tu m'as préparé du café. Pensa-t-il à haute voix avant de se précipiter sur la tasse encore tiède qui trainait sur la table. En voilà une qui savait exactement comment faire pour le caresser dans le sens du poil et c'était précisément ce qu'il appréciait chez elle. Elle avait le chic pour retenir ce genre de petits détails qu'il affectionnait.

▬ Pas mauvais mais trop froid. Ce qui dans la bouche d'Hippolyte était un compliment. Ceci dit, un bon café se savourait noir et brûlant, cela allait de soit. Reposant la tasse, il remarqua un détail sur le faciès la jeune femme qui le fit ricaner : Tu as de la moustache là. Il pointa sa lèvre supérieure. C'est très seyant ceci dit. Peut-être qu'avec un peu de chance ce sera la dernière mode à Collins. Petite douleur dans le crâne. Ironie et honnêteté absolue ne faisaient pas bon ménage mais il prenait trop de plaisir à la taquiner pour faire trop attention à son don.

Ignorant ce picotement, il jeta à coup d'oeil à l'appartement qui lui était désormais familier. Il y avait quelque chose de chaleureux dans cet intérieur lumineux et bien ordonné, sans doute en raison du côté douillet que sa propriétaire avait voulu lui donner. Ou alors était-ce tout simplement parce qu'il associait désormais cet appartement avec cette dernière. Althéa avait le don de mettre les gens à l'aise avec sa gentillesse naturelle. Tout le contraire de lui. Elle faisait partie de ces personnes foncièrement bienveillantes, presque agaçantes à force, mais jamais animées d'arrières-pensées opportunistes. Une qualité aussi rare qu'exceptionnelle sur Collin's Island où tout paraissait corrompu par le pouvoir et l'argent. Il attribuait ce caractère doux à ses origines modestes d'Hume tout en se demandant si elle resterait toujours ainsi. Être Reion demandait un certain degré d'égoïsme et de froideur qu'Althéa n'avait pas. Au fond de lui-même, Hippolyte était partagé entre une envie de la préserver afin qu'elle reste toujours fidèle à son âme d'enfant et une crainte grandissante de la voir se faire écraser par les autres Reions et même Servants de la Cour. La lutte pour le pouvoir était brutale et impitoyable et faisait partie de la culture même de l'île. S'il fallait marcher sur les autres pour se hisser vers le sommet et bien c'était avec grand plaisir. Sa soeur Cassiope, juge aussi impitoyable que calculatrice était l'exemple même de la réussite et pourtant elle était à des années lumières de partager les mêmes points forts qu'Althéa. Ici, le dévouement envers les autres s'apparentait à une faiblesse et si la nouvelle Reion ne s'adaptait pas, elle se ferait probablement happer toute entière dans cette course effrénée vers la suprématie. Soupir. D'où le caractère urgent de la requête qu'il allait lui adresser.
Balayant ses pensées peu optimistes, l'huissier s'assit confortablement dans le canapé et invita d'un geste Althéa à s'installer en face de lui.

▬ Assieds-toi Alt, il faut qu'on parle.

Hippolyte n'aimait pas remettre les choses à plus tard et son ton était aussi tranchant que d'habitude ce qui pouvait laisser croire qu'il avait une nouvelle déplaisante à lui annoncer. Il ne s'en rendait pas forcément compte mais son manque de délicatesse conduisait souvent à des malentendus.

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MessageSujet: Re: (HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo. Dim 16 Aoû - 16:02



QUI PRO QUO




Le soulagement d'Althéa n'avait d'égal que sa gêne soudaine et brutale d'avoir failli heurter son ami. Les joues écarlates, elle retourna dans le salon en essayant de faire comme si de rien n'était. Elle était rassurée de le voir, parce qu'il avait fini par être. Un morceau de sa vie qu'elle avait du mal à savoir loin d'elle, parce que quand elle était seule, elle n'aimait pas cela, mais surtout quand elle le savait ailleurs, elle se sentait comme amoindrie. Et puis, quand il n'y avait personne pour lui faire remarquer combien elle était maigrichonne et combien elle ne ferait pas le poids face à d'autres Reions, ce n'était pas aussi drôle.

Quand Hippolyte remarqua le café, le sourire d'Althéa se fit rayonnant, comme un petit soleil. Ses traits diffusèrent une joie infinie et son regard se fixa sur la silhouette du jeune homme. Ils avaient sensiblement le même âge, mais à les voir l'un près de l'autre, on aurait difficilement crue que la demoiselle avait presque le même nombre d'années au compteur que le justicier en herbe. La remarque, une fois qu'il eut avalé une gorgée de café, ne fit que la renforcer dans son espèce de bonheur ouaté. « J'attendrai que tu sois arrivé la prochaine fois, comme ça il sera chaud » fit-elle d'une petite voix de souris. Elle clignait des yeux dans sa direction, immobile au milieu du salon. Elle haussa soudain les sourcils et essuya sa lèvre supérieure du dos de la main en ricanant bêtement. « Je note de me faire pousser de la moustache pour que tu me trouves jolie » gloussa t-elle, en tournant doucement sur elle-même comme un enfant.

Elle continuait d'observer avec tendresse l'homme qui se tenait là. Il n'était plus un inconnu ni même un ennemi. Si ses manières bourrues l'avaient déstabilisé, autrefois, à présent elle s'y était faite et elle aimait même ça. C'était sa manière à lui d'être, de vivre et de se lier aux autres. Enfin, c'était ce qu'elle pensait, du moins. Et puis, elle savait que par bien des égards, il la protégeait, il essayait de la faire réagir quand elle était trop naïve ou trop gentille pour assimiler les choses. Tout cela comptait beaucoup pour elle. Pensive, elle remarqua à peine l'air sérieux de Hippolyte, mais vint s'asseoir sagement en face du servant. Le timbre grave la fit frisonner et elle pencha la tête de côté, quelques mèches tombant sur son épaule.

« Ca a l'air grave. Tu ... Il y a quelque chose que j'ai fais ? J'ai dis quelque chose de mal ? Oh, Hippolyte, je suis navrée, je ne voulais pas ... » Oui, Althéa s'emballait facilement. Et puis, autant pour sa rassurer que par habitude, elle se pencha en avant et prit les mains de son ami dans les siennes. Le réflexe de son corps fut d'aspirer la douleur, de la faire se dissoudre. Elle l'avait sentie, à fleur de peau, comme si elle avait pu effleurer le crâne de Hippolyte et entendre le mal qui vibrait sous son cuir chevelu. C'était sa manière de le remercier, et peut-être de s'excuser. Comme c'était, également, sa manière à elle d'être proche d'Hippolyte. Elle se rendit soudain compte que, si habituellement cela pouvait être mutuellement voulu, quand il savait qu'elle désirait soigner sa migraine, à cet instant cela pouvait le mettre mal à l'aise. Ne désirant pas le mettre plus en colère, ou le fâcher, elle relâcha ses doigts frais, presque à contre coeur. Mais elle aimait sentir le jeune homme près d'elle, comme une ombre gardienne. C'était instinctif chez elle - au-delà de son besoin viscéral et tactile, c'était un désir doux, pelucheux et tendre.

Elle n'osait ajouter quoi que ce soit, son imagination débordante prenant chaque froncement de sourcil, chaque respiration d'Hippolyte pour un mouvement de colère envers elle. Althéa finit par se reculer et se redresser, les mains sagement posées sur ses cuisses, l'air presque triste par avance. On aurait dit un petit chaton mouillé sous la pluie glacée de novembre. Il ne manquait plus que les oreilles tombantes et le spectacle aurait été adorable au possible.




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MessageSujet: Re: (HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo. Mar 18 Aoû - 22:54


En entendant Althéa prendre sa petite voix, Hippolyte réalisa très vite qu'il n'avait peut-être pas employé les bons mots. Il détestait ça lui qui était si méticuleux au quotidien. Un bon juriste se devait d'être précis dans son vocabulaire.
L'huissier frémit en sentant les mains chaudes d'Althéa contre les siennes. Dès leur première rencontre ce détail l'avait frappé. Elle avait des mains si graciles. Toutes blanches et fines comme celles d'un bambin. Une curiosité pour une demoiselle des bas milieux. Il avait toujours bêtement cru qu'il n'y avait que des rustres chez les Humes. Venant de quelqu'un d'autre ce geste l'aurait agacé. La plupart des contacts humains était synonyme de source d'ennuis à ses yeux. Rien que par son don, il se sentait souvent trop proche trop vite des gens à son insu. Même les plus infimes mensonges ne lui échappaient pas et il y avait des vérités qu'il aurait aimé ne jamais connaître. À trop souvent pénétrer involontairement dans l'intimité des gens il avait fini par établir une certaine distance émotionnelle et physique vis-à-vis des autres. Question de sécurité. Mais avec Althéa c'était différent. Tout se simplifiait. Elle n'avait rien à cacher. Elle ne demandait rien non plus. Il était déjà facile de lire en elle tant elle avait bon caractère. C'était... reposant. Plus besoin de barrières ou de périmètre de sécurité. Il ne sentait plus lui en imposer, n'en voyait pas l'intérêt. Laisser les choses se faire naturellement semblait curieusement plus aisé en sa présence qui avait même ce côté rassurant de voir qu'il existait encore d'honnêtes gens en ce bas monde.
Alors là ou un autre l'aurait courroucé, Hippolyte se laissait faire avec Althéa. Il savait qu'il n'avait rien à craindre d'elle et que ce genre d'attentions était tout presque instinctif pour elle qui avait encore des manies d'enfant. D'autant plus qu'il sentit cette pointe de douleur au crâne s'évanouir. Elle utilisait son don. Un pouvoir qui ne collait que trop bien à son tempérament chaleureux.

▬ Doucement Alt j'ai encore rien dit. Son ton s'était adouci. Même après tout ce temps passé ensemble il avait encore beaucoup à apprendre de la demoiselle. Comme modérer ses paroles par exemple. Enfin t'inquiètes pas, je voudrais juste te demander quelque chose d'important.

Suspens. Il marqua un temps de pause, laissa planer le mystère en cherchant cette fois la bonne manière de s'exprimer.
À vrai dire sa question était plutôt simple. Un « Alt, acceptes-tu de me prendre comme servant ? » aurait amplement suffi. Cependant, plutôt mourir que de demander à être le servant de quelqu'un. Même celui d'Althéa. Non. Servant sonnait trop laid, trop trivial. Et de toutes façons, que les choses soient claires : Hippolyte ne serait jamais le sous-fifre de personne. Voilà qui expliquait pourquoi à son âge il n'était pas encore sous la protection d'un Reion malgré les supplications de ses parents qui insistaient pour qu'il se mette au service d'une famille plus riche, plus haute placée que la sienne. À vrai dire, sa mère l'avait même baladé de demeures en demeures, espérant lui trouver un jour maître à son pied. En vain. Il refusait de servir quelqu'un par obligation familiale ou sociale quitte à mettre en péril son propre statut. Toutefois, à force de côtoyer Althéa, Reion toute fraîche, toute incrédule qui manquait cruellement encore d'un guide à la Cour royale, les choses lui étaient devenues évidentes. Ne restait plus qu'à officialiser le tout. Alors comment s'y prendre ?
L'huissier croisa les jambes, joignit les mains en détournant le regard pour cacher sa gêne. Il était rare qu'il laisse transparaitre ses émotions mais en cet instant précis il ne pouvait retenir son inconfort devant cette situation à laquelle il ne s'était jamais préparé. Il savait qu'elle dirait oui, seulement pendant quelques secondes qui lui parurent une éternité, il lutta pour trouver la formulation la plus adéquate. Il s'éclaircit la gorge, puis se lança enfin, une pointe d'hésitation dans la voix :

▬ Ahem. Hé bien tu sais cela fait un certain temps qu'on se connaît, qu'on se fréquente. Je passe des après-midis entières sur mon temps de travail pour t'aider. Enfin pas que cela soit une corvée mais bon... les gens parlent de nous même si ne tu dois pas y faire attention. Il avait entendu des rumeurs, la plupart rapportées et déformées par sa soeur. Il avala sa salive, lui lança un regard rapide pour s'assurer qu'elle arrivait bien à suivre le fil de ses pensées, puis reprit en fixant un point invisible devant lui. Bref, j'y pensais l'autre jour. Je suis libre de mon côté et toi aussi. J'arrive à te supporter dans une moindre mesure et je ne pense pas m'avancer en disant que c'est réciproque. Du coup je me disais qu'on pourrait essayer de... ou du moins tenter le coup pour... bon tu vois ce que je veux dire non ?

Malgré tout ce beau discours, Hippolyte ne se sentait pas plus à l'aise que ça. Il parlait trop vite à son goût, n'articulait pas aussi bien que d'ordinaire alors qu'en temps normal il se savait charismatique. Il lui semblait même qu'un malaise s'était installé entre les deux. Tentant maladroitement de combler cette sensation de gêne, il se mit à marmonner de plus belle en se frottant instinctivement la nuque toujours le regard perdu :

▬ Je ne dois pas te cacher que ça ne plaira pas à ma famille mais ils ne pourront pas s'y opposer. Après tout, nous sommes deux adultes responsables - même si je le suis plus que toi. En conséquent nous sommes libres de faire nos propres décisions de façon libre et éclairée.

Rah il se fatiguait lui-même. Qu'est-ce que c'était que ce monologue barbant ? Ressaisis-toi mon vieux, tu la demandes pas en mariage quand même !
Se reprenant en main, il se rassit droit dans son fauteuil et fixa son interlocutrice tout en insistant sur un ton soudainement plus brusque, à la limite de l'impatience :

▬ Bon du coup c'est oui je suppose !  

Décidément, si prendre un Reion lui faisait cet effet-là, il ne s'imaginait pas ce que ça devait faire de prendre une femme. Ses ancêtres devaient se retourner dans sa tombe.



Dernière édition par Hippolyte Sheperdson le Lun 24 Aoû - 23:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo. Mer 19 Aoû - 12:37



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Oh. Mon. Dieu. Ohmondieuohmondieuohmondieu. Le coeur de Althéa s'était totalement emballé. Quelque chose d'important ? C'était toujours pour de mauvaises nouvelles qu'on disait ce genre de choses ! Les joues écarlates, les larmes aux yeux, elle imaginait le pire. Désirait-il partir ailleurs, ne plus la voir ? Est-ce qu'elle l'avait vexé, ou bien son café était-il si horrible ? Pourtant, elle avait cru s'améliorer, il n'y avait plus de morceaux dedans. N'était-ce pas une preuve de sa bonne foi ? Son palpitant tambourinait dans sa poitrine, presque douloureusement. Elle aurait voulu garder les mains de Hippolyte dans les siennes, pour sentir son contact, pour discerner le pouls de son ami, et surtout, elle regrettait de ne pouvoir lire dans les pensées en cet instant. Est-ce qu'il ne l'aimait plus ? L'affolement la gagnait, la panique aussi, des émotions somme toutes assez peu habituelles chez elle. Son caractère doux essayait de ne pas songer aux effets dévastateurs si Hippolyte préférait mettre fin à leur amitié. Elle se sentait déjà ravagé, imaginant moult fins à leur conversation, quand la voix grave du jeune homme trancha dans ses hypothèses, pour en faire éclore d'autres d'un tout autre type.

Elle le laissait parler. Elle écoutait avec une attention accru les mots qui franchissaient ses lèvres, et elle se surprit avec une consternation intense à fixer les dites lèvres, comme pour vérifier que c'était bien Hippolyte qui les disait. Quoi ? Oh. Non. Elle avait du mal à comprendre, mais ... Mais était-ce bien ce qu'elle croyait ? Althéa s'était reculée, passant du rouge au blanc, puis de nouveau à l'écarlate, mais d'un ton nuancé, légèrement différent du premier rouge. C'était une gêne, oui, mais plus paniquée. Parce que, hé bien, Hippolite lui faisait sa déclaration, non ? Elle ne rêvait pas ? Elle ne faisait pas attention à la façon dont il butait sur les mots, au ton malhabile, maladroit de son ami. C'était normal si il était aussi embarrassé qu'elle. Althéa plissait le tissu de sa robe, bougeait les mains par intermittence, détournant le regard pour le rapporter à l'homme qui parlait. Et son coeur qui ne voulait pas s'arrêter de tonner comme un cheval au galop ! Althéa respirait un peu vite, et elle passa sa langue sur ses lèvres, la gorge sèche. Elle semblait sur le point d'exploser, et quand le jeune homme finit ses phrases, elle éclata dans un feu d'artifice de gémissements gênés, de gestes maladroits des mains, de rougissements et de mots gauches et patauds.

« Oh mon dieu, Hippolyte, je ne savais pas du tout que tu ... Oh si j'avais su que tu ... C'est ... C'est vraiment bien mais ... Tu es sûr de vouloir ça ? Enfin, je ne sais pas moi mais nous .. C'est vrai qu'on forme un bon duo mais ... Ta famille ... Ta soeur ... Et puis même si on est libres, moi je ne sais pas si ... » c'était un vrai concours, phrase après phrase, sur laquelle serait plus malhabile que la précédente. La jeune femme était rouge, et son visage semblait perplexe, un brin confus. « Tu penses à cela depuis longtemps ? » puis comme elle devait la rassurer, en attendant de pouvoir donner une réponse à peu près convenable, elle murmura : « Je suis vraiment honorée que tu penses à moi, tu sais ... Mais je n'avais pas imaginé que tu puisses ... hé bien, penser à ça ! »

Hippolyte était-il amoureux d'elle ? Il croyait qu'elle disait oui, mais à dire vrai, elle n'en savait rien. Elle ne savait plus exactement ce qu'elle pensait ou ressentait à cet instant, on aurait pu faire entrer une fanfare dans son crâne tellement il était vide de pensée logique. « Je t'aime beaucoup, tu sais ... Vraiment beaucoup, mais ... Mais ça va un peu vite, non ? Je veux dire ... Tu es sûr de toi ? Tu veux vraiment ... Tu sais ? » Le problème, c'était que laisser des sous-entendus, ne pas dire les choses comme elles sont, les amenait sur un terrain glissant, et sans qu'ils le veuillent, sur deux voies totalement différentes. Althéa n'imaginait pas une seconde la vraie raison de cette conversation. Elle prit de nouveau la main de Hippolyte dans la sienne. Son contact la rassura, et elle se demanda un instant si ce n'était pas un encouragement. Puis, la seconde pensée fut que, après tout, c'était bien agréable d'avoir Hippolyte près d'elle. Mais de là à dire oui, alors qu'elle n'était pas sûre ... Et puis, il avait parlé de famille ... Grands dieux, était-ce encore pire que ce qu'elle avait cru ? La demandait-il en mariage ?!

« Hippolyte. Pour être franche, j'aime quand tu es là. Vraiment. » Afin que la situation soit encore plus gênante, Althéa avait décidé de faire quelques déclarations le coeur ouvert. Il pouvait voir, sentir, qu'elle ne mentait pas. Elle ne le faisait jamais. Par habitude, parce qu'elle n'était pas comme ça. Mais aussi parce qu'elle le respectait trop pour ne pas lui dire tout ça. « Tu es une personne sur laquelle je peux compter. Tu m'aides, tu me guides dans toutes ces histoires que je ne comprend pas forcément. Tu es un peu un phare, pour moi. C'est cliché, je sais, et tu vas encore grogner que je me transforme en bonbon rose et niais, mais c'est comme ça. Je t'aime beaucoup. Et je ne peux pas imaginer si tu partais ailleurs. » Si il en épousait une autre, il n'aurait plus de temps pour elle. C'était égoïste, mais elle voulait l'avoir encore un peu pour elle. Mais elle ne tenait pas à dire oui. Pas encore, pas tout de suite. « Mais tu sais, tu pourrais trouver tellement mieux ailleurs » fit-elle avec un total paradoxe avec ses pensées, sans que cela soit un mensonge.

Pourtant, peut-être sentait-il grâce à son don, qu'elle ne lui disait pas tout. Elle se lécha de nouveau les lèvres, et se força à se calmer un peu. Elle était des lieux de penser qu'elle se fourvoyait totalement. Son regard se fixa sur Hippolyte - après tout, il était gentil avec elle, bien que taquin, et puis il n'était pas laid, bien au contraire. Peut-être était-ce la toute nouvelle lumière de ses paroles, mais Althéa se surprenait à le trouver charmant, mignon même. Il était le même Hippolyte de d'habitude, mais non, c'était différent, aujourd'hui. Toujours rougissante, elle continuait de murmurer tout bas des mots, des paroles qui n'avaient pas réellement de sens et qui montraient combien elle était sous le choc.



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MessageSujet: Re: (HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo. Lun 24 Aoû - 23:35


Mais pourquoi qu'elle devient blanche comme un linge la Althéa ? Mea culpa, elle est verte finalement. Ou rouge. Bon sang, appelez les pompiers, elle va se déflagrer d'un moment à l'autre ! Ou au moins déclencher l'alarme incendie parce que c'est limite si elle fume pas là.

Ça lui faisait tant de choses que ça de devenir sa Reion ?
Devant une Reion transformée en tomate, Hippolyte réajusta le col de sa chemise en se disant qu'il faisait soudainement chaud ici. Trop cavalier c'est ça ? Il observa son interlocutrice du coin de l'oeil, attendant sa réponse. Il remarqua ses petites mains jouant avec les plis de sa robe, sa poitrine qui se soulevait et retombait trop vite, ses pieds qui s'agitaient à droite, à gauche. Et il comprit ce qui allait se passer. Trop tard.
D'un coup, d'un seul, voilà que la demoiselle explose et se lance dans une tirade aussi gênée que gênante. Heureusement, l'huissier amorça l'impact comme il le put, faisant de son mieux pour garder sa contenance et rester parfaitement droit et immobile devant Althéa la tornade. Elle semblait sincèrement surprise, lui dit qu'elle était flattée, lui répéta au moins trois fois qu'elle l'aimait beaucoup, lui avoua qu'elle ne savait pas vraiment. Jusqu'ici, rien de trop étonnant pour Hippolyte qui, de toutes façons, s'attendait à un tel étalage de sentiments un peu mielleux. Sauf que, coup de grace, elle conclut par un « Mais tu sais, tu pourrais trouver tellement mieux ailleurs » qui lui fit presque l'effet d'un seau d'eau glacé.

▬ Pardon ? S'exclama-t-il, abasourdi, les yeux grands écartés. Ah ça il ne s'y attendait pas pour sûr. Il le jurerait sur le code civil de son grand-père.

Déçu de ne pas obtenir un franc oui, Hippolyte ne put cacher son mécontentement. Son expression changea du tout au tout. Sans prévenir, un air sombre s'installa sur son visage tandis qu'il croisait les bras et baissa la tête pour se mettre à marmonner quelque chose dans la barbe qu'il n'avait pas, cherchant à comprendre ce qu'il prenait pour un refus. Parce que pour lui ça coulait de source, s'il y avait mieux ailleurs, il l'aurait déjà. Elle n'avait pas menti sur toute la ligne, il l'aurait senti sinon. Alors qu'est-ce que ça pouvait être ? Pourquoi n'avait-elle pas accepté ?
Mais bien sûr ! Quel idiot ! Croyant comprendre, il jeta un regard aussi noir que son café à la pauvre jeune femme en face de lui. C'était elle qui avait trouvé mieux ailleurs ! Althéa était mignonne, gentille, populaire, il n'y avait pas de doute là-dessus, elle avait sûrement rencontré un ou une autre Servant. Après tout il n'était avec elle que l'après-midi, elle avait tout le temps de se faire d'autres connaissances dans la matinée. Pourtant, il avait beau réfléchir, même en y repensant, Hippolyte n'avait pas décelé une trace qui trahirait le passage d'un autre être humain dans cet appartement. Et il avait l'oeil pour ces choses-là. Son rival serait-il aussi méticuleux que lui ? Pire que ça, plongé dans son délire, Hippolyte vint à penser que le café d'Althéa s'était drôlement vite amélioré ces derniers temps. Cela ne pouvait dire qu'une seule chose : non content d'être vicieux au point de ne jamais s'être fait connaître, son concurrent aimait aussi le café ! Essayait-il ou elle de le remplacer ? Qu'avait-il de mieux que lui ?Grincement de dents. Grimace.
Peu de personnes trouvaient grace aux yeux de l'huissier. Alors quand il avait le malheur de croire qu'elles lui échappaient, il avait la sale tendance à faire preuve d'une jalousie presque malsaine. Hippolyte n'aimait pas qu'on marche sur ses platebandes, ah ça non ! Les quelques êtres humains qu'il affectionnait, il les défendrait bec et ongles jusqu'à la mort. Et en ce moment même, il était prêt à arracher les yeux de l'imaginaire autre prétendant d'Althéa. Parce que c'est lui qui l'avait demandée en premier et puis c'est tout ! Ah si seulement il n'était pas à des années lumières de la vérité, il aurait volontiers ri de la situation et se serait allègrement moqué de la demoiselle, mais l'idée même d'être évincé par un éventuel rival provoquait en lui une colère noire.

Se saisissant sans un mot de sa sacoche, toujours un air aussi contrarié qu'effrayant sur le visage, il sortit une grosse pochette jaunes qu'il abattit sur la table basse en face de lui - en manquant au passage de renverser ce qu'il lui restait de café. D'un geste presque théâtral, il l'ouvrit, sortit une feuille ornementée de gravures dorées et un stylo à bille noir sur lequel il appuya très très lentement pour en extirper un « clic » dramatique - ou comique selon le point de vue. Sans une once de sympathie dans la voix, il fit glisser le papier et le stylo vers Althéa et lui intima froidement :

▬ Signe. Après tout, c'est pour son bien qu'il fait ça.

Sur le papier étaient écrits de sa propre main les mots suivants :
« Moi Vijaya Althéa, Reion de plein droit, atteste sur l'honneur avoir pris comme Servant unique et légitime Hippolyte Sheperdson au jour du XX/XX. »
Hippolyte avait même déjà apposé sa propre signature au document. Et il n'était pas le genre de type à qui on disait non. Pour le meilleur et surtout pour le pire.

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MessageSujet: Re: (HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo. Mar 25 Aoû - 9:36



QUI PRO QUO



Althéa avait le sentiment que tout cela pouvait être arrangé. Elle était très honorée que Hippolyte ait pensé à elle pour la courtiser, mais c'était peut-être trop soudain. Elle était confuse au possible. Et l'air ébahi de son ami n'arrangeait rien. Est-ce qu'il était fâché qu'elle n'ait pas dit oui ? Connaissant le jeune homme, il avait dû être froissé dans sa fierté. Hippolyte était un homme qui n'aimait pas qu'on perturbe ses plans. Mais la série de regards noirs qui auraient pu faire tourner du lait frais, c'était nouveau. Il semblait réellement vexé, mécontent, et Althéa baissa le visage, désespérée de trouver les mots qu'il fallait pour lui faire comprendre. Elle ne pouvait pas dire oui. Mais si Hippolyte l'aimait, elle ...

Ses pensées furent interrompues par un bruitage caractéristique. Les yeux brillants, les sourcils haussés, c'est avec un ahurissement qui se transforma en quelques secondes en horreur que Hippolyte poussa vers elle un papier ouvert et le stylo. Son ordre, son ton de voix, lui donna envie de pleurer, et elle eut envie de repousser le papier, l'homme et toutes ces complications. Mais, peut-être par sagesse, elle lut les mots apposés au papier. Elle lut une deuxième fois, pour bien comprendre à quel point elle s'était trompé. Elle rougit de nouveau, mais toute trace de gêne était passée, et elle sentit quelque chose fourmiller en elle en regardant la signature du jeune homme déjà inscrite sur le papier. Cela avait un soupçon d'immuable. Hippolyte n'était pas du genre à servir qui que ce soit. Cela ne changerait guère mais ... « Tu voulais .. tu voulais officialiser .... tu voulais devenir mon servant ?! » s'exclama t-elle en se redressant, le stylo-bille à la main, puis elle éclata de rire. Elle cacha son rire derrière sa main, consciente que Hippolyte le prendrait sûrement très mal. Mais ce n'était pas une moquerie. C'était la preuve totale de son soulagement le plus vif. « Oh, Hippolyte je ... J'avais imaginé autre chose et ... Je suis ridicule » fit-elle d'une voix amusée.

Et elle signa le papier, avec un visage rayonnant. Sa calligraphie était ronde et douce, comparée à celle plus protocolaire de Hippolyte. « Je ne savais pas que tu voulais une telle chose » reprit-elle, et c'était exact dans le fait qu'elle n'avait aucune idée qu'il voulait officialiser ce genre de relations. Elle pouvait se targuer d'être celle que Hippolyte voulait, non pas servir, mais aider. Une fierté naissante brûla son ventre comme un feu de cheminée, consuma son âme une seconde durant. « J'avais pensé que ... Tu ... Je ne ... Ce n'est pas important » fit-elle en chassant cet énorme quiproquo de ses pensées. Hippolyte n'aurait pas fini de se moquer d'elle si il savait qu'elle avait pu songer une seule seconde qu'il avait eu envie de l'épouser. Quelle idiote finie elle faisait. Bien entendu qu'il n'était pas amoureux d'elle, voyons. C'était impossible. Et elle estima pour le mieux de ne pas se pencher sur les émotions que ce constat formait en elle.

« Je suis vraiment contente » murmura t-elle, en tenant toujours le papier. Reion et servant. Ils étaient avant tout amis, mais que leur lien soit connu de tous permettait aux deux de connaître les avantages de cette relation. Althéa se sentait protégée. Reconnue. Et, étrangement, appréciée. « Je comprend pourquoi tu n'étais pas très à l'aise avec ça. Tu croyais que je te disais non. Ahah, je suis vraiment bête, c'était compréhensible dès le départ. » Elle s'en voulait à présent d'avoir conjecturé à ce point sur la situation. Surtout avec de telles inepties. Elle reposa le papier avec un geste qui déclarait à ceux qui le voyaient combien le parchemin était précieux pour elle, puis resservit Hippolyte en café. « Tu as eu beaucoup de travail ce matin ? » Akthéa essayait de changer de sujet. Hippolyte n'avait pas encore demandé ce qu'elle s'était imaginé, peut-être l'avait-il comprit de lui-même. Mais elle ne voulait pas tenter l'expérience ni le diable. Et puis, elle aimait quand Hippolyte lui parlait de son boulot. Elle aimait bien le timbre de sa voix, calmer les ardeurs de ses migraines et juste l'avoir avec elle.
Et maintenant, ce papier officialisait ça.
Son servant. A elle.

Elle n'y aurait jamais pensé. Pour elle, Hippolyte était juste là pour l'aider, mais pas de façon aussi tangible. Pas de façon officielle, à la vue de tous. Enfin, il ne s'en était jamais caché. Elle avait, au détour de couloirs, entendu des rumeurs. Des liaisons entre Reions et Servants. On les étiquetait ainsi - sans contrat et sans prudence, sans sagesse et sans respect pour les règles. Surtout, surtout, les autres gens imaginaient parfaitement le grognon Hippolyte se servir d'Althéa. Parce qu'elle était naïve, Althéa. Parce qu'il était grand, et cynique, et bougon. Mais personne n'aurait sûrement pu imaginer qu'il puisse vouloir officialiser son service auprès de la demoiselle. Elle n'avait jamais dit à Hippolyte qu'elle entendait ce genre de racontars. Elle n'y avait jamais porté attention. Parce que, quand elle y pensait, cela n'avait aucune importance. Elle pouvait soigner les maux de crâne de Hippolyte, lui faire du bien et lui enlever sa douleur. Si il voulait l'aider en contrepartie, elle ne disait pas non. Mais il n'était pas obligé. Il le savait, et il avait tout de même ...

« Merci » fit-elle tout bas, très bas même, au point qu'elle ne sut si il avait entendu. Et elle se leva pour débarrasser sa tasse de chocolat chaud, fit un sourire au jeune homme et s'éloigna dans la cuisine pour voiler à quel point elle était touchée et émue.


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∞ le crépuscule du soir
le rideau d'écarlate tombe sur le monde
Voici le soir charmant, ami du criminel ; il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel se ferme lentement comme une grande alcôve, et l'homme impatient se change en bête fauve. Baudelaire.

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MessageSujet: Re: (HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo. Dim 6 Sep - 22:58


▬ Bin oui. Lâcha un Hippolyte déconcerté par le soudain éclat de rire de la demoiselle. Se moquait-elle de lui ? Il se détendit un peu en voyant sa toute nouvelle Reion apposer sa signature près de la sienne mais garda tout de même les sourcils froncés, cherchant à comprendre ce qu'il venait de se passer.

▬ Bon qu'on soit très clair. Ne m'appelle jamais TON Servant.

Autant mettre tout de suite les points sur les i. Reion ou pas Reion, Hippolyte ne supporterait pas qu'on le désigne par un titre aussi rabaissant.
Dissimulant son soulagement, il attrapa la feuille et la rangea soigneusement dans sa pochette. Il irait faire enregistrer tout ça plus tard. Demain matin peut-être. Il reprit une pose plus détendue dans son fauteuil tout en regardant Althéa baragouiner quelque chose comme quoi elle était heureuse. Il était à vrai dire très curieux de savoir quel était exactement le malentendu qui s'était interposé entre eux deux.
Lui aussi était content que ce soit fait. Surtout après la frayeur qu'elle lui avait causé. Enfin ce n'était pas comme si il allait l'admettre. Il préféra alors jouer la carte de la mauvaise foi tandis qu'elle se dirigeait vers la cuisine :

▬ J'étais très à l'aise moi. C'est toi qui est bête comme tu viens de le dire. Et puis n'en fais pas tout un foin, c'est pas comme si on allait se marier... Se marier. Attendez un peu. Il se se remémora leur conversation dans chaque détail et tiqua. Tout lui parut désormais très clair. Oh.

Ses joues s'enflammèrent. D'un coup tout prenait de son sens. C'était vrai qu'en se repassant en mémoire ce qu'il avait pu lui dire il y avait matière à croire qu'il lui faisait sa demande. Quelque part elle n'était pas si loin que ça. Après tout devenir Reion et Servant c'était plus ou moins pour la vie. Mais lui et Althéa, mari et femme ? Quelle idée idiote ! Absurde ! Est-ce qu'il s'imaginait lui et elle vivre sous un même toi ? Il se représentait bien la scène : lui assis dans son fauteuil au coin du feu à lire le journal avec un gosse aux cheveux verts sur ses genoux pendant qu'elle lui remplissait sa tasse de café. Le cauchemar !
Avalant d'une traite le reste de son café, cette image farfelue lui sortie bien vite de la tête lorsqu'il sentit dans sa bouche l'affreux liquide noir devenu froid. Il reprit alors sur le ton de la boutade :

▬ Ahlalala Alt' je te comprends tu sais. Avoir le béguin pour un si gentilhomme comme moi ! Mais, si un jour, dans une autre vie et sur une autre planète bien entendu, je te fais ma demande j'ose croire que j'aurais la délicatesse de t'inviter à dîner avant... L'huissier se savait rustre mais pas au point qu'elle ait pu croire qu'il lui passerait la bague au doigt sans même... lui offrir une bague. C'en était presque vexant. Quoique très drôle en y repensant. Même si, qu'on se le dise, Hippolyte considérait n'avoir jamais eu une quelconque attirance romantique envers Althéa qu'il appelait parfois l'hobbit en référence à leur différence de taille. Mais en relativisant, Hippolyte considérait aussi n'avoir jamais d'attirance envers personne sinon peut-être lui-même ce qui était évidemment faux, m'enfin... Il faudrait par tout moyen éviter que sa soeur ait vent de cette histoire, sinon il n'en verrait jamais la fin. Pour sûr, elle allait le charrier jusqu'à la fin de ses pauvres jours ! Et elle avait un talent certain pour déterrer ce genre d'anecdote embarrassante à son égard.

Il sourit en repensant aux bafouillements de la jeune femme. Surtout le « je t'aime beaucoup ». Bon à savoir. Du Althéa tout craché quoi. Ceci dit, un point le chagrinait un peu.

Hippolyte se leva à son tour et rejoignit son interlocutrice dans la cuisine pour déposer sa propre tasse dans l'évier. Soudainement redevenu sérieux, il posa une main sur son épaule et lui lança un regard insistant :

▬ Ne laisse personne te forcer la main pour quelque chose d'aussi important même si c'est quelqu'un que tu aimes beaucoup, même si c'est moi, ok ? D'ailleurs maintenant que tu es ma Reion, je préfère te le dire : si jamais je dépasse les limites avec toi je préfère que tu me rembarres franco. Promis ?

Non parce que c'était vrai quoi. Si jamais ça avait été une vraie demande en mariage il aurait juré qu'elle était presque prête à dire oui malgré ses hésitations. Et ça c'était un peu inquiétant. Parce qu'il ne voudrait pas débarquer un jour et apprendre que tel ou tel noble l'avait contrainte à lui promettre sa main ou même à prendre un autre engagement qu'elle ne désirait pas. Il lui fallait être sûr qu'elle ferait de son mieux pour ne pas se laisser marcher sur les pieds par le premier venu. Quitte à ce que le premier venu ce soit lui. Bien qu'il pensait toujours savoir ce qu'il y avait de mieux pour elle, il ne souhaitait pas non plus la contraindre à quoi que ce soit. Après tout il n'était désormais que son humble servant...

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(HYPPO&ALTHEA) Qui pro quo.

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