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in a dark alley ; jill boly

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» Cassidy Fawkes
Reion Suprême

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MessageSujet: in a dark alley ; jill boly Dim 31 Mai - 2:29

» ft. Jill Boly

La cité bourdonnante se taisait enfin. Silencieuse, dans toute sa grandeur, seuls les échos de quelques passants égarés ou des bruits sourds provenant de tavernes ou bars encore ouverts à cette heure en perçait le calme serein. La nuit battait son plein. Seuls les rayons luminescents de la lune et la faible lueur des lampadaires éclairaient les rues désertes. Dissimulée dans l'ombre d'une ruelle du quartier sud de la ville, elle avait choisi un endroit où peu de riverains se risquaient. Elle portait sa longue cape noire, sertie d'une ample capuche dissimulant ses traits dans l'obscurité. Par sécurité, et par crainte d'être reconnue par inadvertance, ses yeux étaient cachés par un masque aussi noir que les ténèbres. Son regard perçant, ses yeux avaient la sclère d'un noir profond, et ses pupilles étaient de la couleur rouge pourpre d'un rubis, reconnaissables par leur singularité et leur unicité. Ainsi vêtue, elle pouvait être confortable. D'autant plus que cette nuit était la nuit. L'heure du repas était arrivé.

***

Elle essuya ses lèvres doucement avec sa langue, savourant le goût amer et métallique du sang. Seuls restaient des restes, ou plutôt des os qu'elle jeta avec négligence dans les égouts. Personne ne viendrait les chercher ici, et même si un tel cas de figure se présentait, nulle personne n'aurait l'idée d'une telle connexion avec elle-même et ces quartiers n'étaient pas reconnus pour être les plus protégés. Elle n'avait donc aucune crainte à ce sujet, surtout avec les précautions qu'elle prenait. Et personne n'irait venir embêter quelqu'un de sa stature. Son esprit était donc apaisé, aidé par le contre-coup de l'utilisation de son pouvoir qui lui procurait une sensation douce et euphorique. Avec allégresse, un sourire mutin dessinant ses lèvres, elle s'engouffra dans une ruelle adjacente dans l'optique de se promener un peu avant de rentrer.
La fatigue lisible sur ses traits s'était effacée pour laisser place à une vigueur apparente, elle se sentait plus légère et davantage en forme malgré ses récurrentes insomnies. Un pouvoir si délectable, un pouvoir qui lui offrait la jeunesse éternelle. Seulement, elle avait pour présent la folie en surplus. Et son esprit se délitait doucement, sa raison s'effaçait, ne laissant plus aucune frontière, lui faisant oublier toute retenue et contrainte. C'est pourquoi, lorsqu'elle entendit des éclats de voix un peu plus loin, elle s'approcha furtivement du centre d'agitation. La scène qui se présenta devant elle lui fit naître l'ébauche d'un petite rictus sur ses lèvres fines. Trois hommes, apparemment des ivrognes ayant déjà bien entamé la boisson, s'en prenaient à une jeune femme.

Légèrement écœurée, elle s'avança davantage. Les personnes ayant du pouvoir s'en prenaient toujours aux faibles. C'était la règle du plus fort qui faisait la loi. Même ici, dans ce royaume, cela prenait signification. Seuls ceux possédant un pouvoir dirigeaient les autres, de part leur statut, leur naissance et leurs capacités. Tout se résumait à ça, à la naissance et aux pouvoirs. Cruelle était la vie. Et ceux qui ne respectaient pas les règles se faisaient écraser. Cela fonctionnait aussi entre les plus faibles, les hommes ayant par nature une force avantagée par rapport à une femme, ils s'en prenaient à elles. Et souvent, c'était par groupe que les lâches agissaient, se réconfortant dans leur semblant de force et domination. Quelle erreur de se comporter ainsi devant Cassidy que le destin avait conduit en ses lieux. Une âme corrompue elle-même par le système, victime de son atrocité, révulsée par ses lignes de conduite et qui en portait encore les cicatrices. Fardeau qu'elle avait accepté, et désormais muée par un dessein des plus sombres pour faire tomber les rouages de la dynastie.

Simplement, elle s'interposa entre les agresseurs et la jeune femme, faisant barrage avec son propre corps. Elle demeura silencieuse, son visage toujours dissimulé par les ombres, seul l'ombre d'un petit sourire étirant ses lèvres. Elle ne bougea pas, ne broncha pas devant la véhémence des hommes, mécontents de se faire contrarier de cette façon. Devant son silence éloquent, ils perdirent patience. Alors ils en vinrent aux coups. Mais la jeune femme s'était préparée. Les muscles de son corps s'étaient tendus, poussés par l'adrénaline et le nouveau gain d'énergie offerts par son pouvoir la rendant encore plus efficace qu'à l'accoutumée. Les fruits de ses entraînements, et le pouvoir de sa vision l'avertit des prochaines attaques. Elle para le poing avec facilité, et esquiva, bloqua les autres coups. Le combat dura à peine deux minutes, juste le temps de leur ruiner totalement leurs espoirs. Trois ivrognes, bien que costauds, ne faisaient pas le poids face au commandant de l'armée royale. Ils finirent à terre, récupérant leur comparse assommé, et s'en allèrent en vociférant des menaces qu'aussi bien eux qu'elle savait sans retour. Ils étaient chanceux de pouvoir s'en sortir aussi facilement. Elle aurait pu en finir avec eux. Ou pire, s'attaquer à une personne de son rang pouvait les conduire à la peine de mort. Une mort douloureuse, et atroce.
Elle se retourna vers la jeune femme, et considérant que son apparence, toute vêtue de noire dans une ample cape avec un capuchon ample sans oublier le masque noir, ne devait être guère plus rassurant. Elle retira le masque qu'elle rangea dans sa poche et elle baissa son capuchon pour que cette dernière puisse voir son visage. Elle laissa apparaître son insigne de la famille royale, doublée de celui de l'armée. L'image parfaite de la justice et du militaire au service du citoyen. Si seulement la justice prenait cette forme au sein de cette société...

_Cassidy, commença t-elle en simple présentation, vous allez bien ?


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» Jill Boly
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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Lun 1 Juin - 22:14



In a dark alley.


Cassidy Fawkes & Jill Boly.

Jill a l'impression que des heures entières se sont écoulées depuis que les enfants et elle soient allés se coucher. Elle-même n'est toujours pas parvenue à s'assoupir. Elle est là, étendue sur le matelas à même le sol et cela fait des heures qu'elle réfléchit et qu'elle ne dort pas. Elle se redresse, s'assied sur le matelas, écoute le silence des ruelles. A cette heure tardive, le trafic est nettement moins dense et il fait plus calme. Jill ne sait pas quoi faire pour s'apaiser. Cela fait des heures qu'elle guette un bruit, un mouvement dans l'obscurité de la maison froide et austère. Ses nerfs sont à vif par cette attente continue d'un danger. Finalement parce qu'elle ignore que faire d'autre Jill se lève et s'approche du grand lit où dorment les enfants. Ils se sont blottis l'un contre l'autre comme des chatons à cause du froid et ils sont si beaux à dormir là, paisiblement, que leur mère a leur coeur serré de tendresse et elle songe c'est dommage qu'ils se chamaillent tant de jour alors que la nuit les voilà enlacés comme des petits chats.

Elle descend jusqu'à la seule pièce de l'habitation qui soit vaste et qui sert à la fois de salon et de salle à manger. Comme les seuls meubles sont une table et un vieux divan tout paraît glacé et miteux. Il n'y a pas de lampe autre que le plafonnier et lorsque Jill appuie sur l'interrupteur la lumière crue lui blesse les yeux. Il fait plus froid ici qu'en haut et la pièce est siniste. Quel sale endroit pense la mère ils m'ont bien eue quand ils m'ont proposé de louer à petit prix ce meublé. Meublé mon cul il n'y a que quatre chaises et une table.

Jill avise son long manteau noir sur le dos d'une des quatre chaises et parce qu'il fait vraiment froid elle l'enfile et dans une poche elle trouve le paquet de cigarettes miraculeusement oublié par quelqu'un dans le métro. De ses doigts déjà rongés par la tabagie elle en saisit une et sort pour l'allumer. Alors qu'elle est devant sa porte à exhaler la fumée Jill lève les yeux vers le ciel étoilé et tout dans la fraîcheur de la nuit qui la revigore l'invite à une promenade. Une courte promenade se jure-t-elle car il y a les petits et même s'ils dorment comme des chatons ils pourraient se réveiller et s'effrayer de son absence. Oui une courte promenade juste le temps de s'aérer et je rentre.

Jill éteint la lumière ferme la porte délicatement et s'éloigne sans but. Elle se remémore ses premières journées de travail au Café du Sentier Perdu et à quel point elle déteste son emploi de femme de ménage. Elle a la si désagréable sensation qu'elle aurait pu s'arranger pour avoir dans sa vie un métier moins rabaissant. Alors elle tente de chasser cette sensation mais d'autres la remplacent et toutes sont plus désagréables les unes que les autres. La sensation que l'avenir sera sombre. La sensation qu'en Irlande la situation était moins précaire. La sensation que sa fuite pour un monde meilleur a été irréfléchie, irresponsable et qu'elle n'a mené à rien sinon à un monde encore plus affreux.

Jill est perdue dans ses pensées moroses et elle bifurque dans une ruelle inconnue encore plus misérable que celle du n°10. L'endroit sent mauvais et un graffiti monstrueux s'étale sur un mur : il représente une immense créature proche du chien et du lion, avec une longue crinière, à la gueule largement ouverte et aux crocs acérés. A cause de la lumière glauque des lampadaires, la créature semble flamboyer, prendre vie, et s'apprêter à dévorer ceux qui passent devant ce mur. Jill a un frisson en la contemplant. Une peur stupide l'envahit, et elle presse le pas. Elle arrive à un second croisement et se trouve nez à nez avec un trio de pochards qu'elle ne peut hélas éviter. Essayant de ne pas leur accorder d'attention, elle passe à côté d'eux. Un sifflement aigu salue son passage et une voix grasse s'exclame : « Hé les mecs visez-moi c'te pépée ».

Jill tressaille elle sent une irrépressible honte la submerger. Pour autant qu'elle s'en souvienne à l'école secondaire les choses étaient identiques est-ce que Ernest ne la raillait pas sans arrêt en lui répétant à quel point il la trouvait jolie d'une voix ironique ce salopard qui a fini par être le père de ses enfants bon sang qu'est-ce qu'elle peut le haïr à cet instant précis alors que ce sont les piliers de comptoir qui la sifflent et la raillent à présent et la suivent et lui demandent son adresse et son p'tit nom et puis hé les gars on est tombés sur une sourdingue elle répond pas.

Non, Jill ne répond rien aux quolibets qui lui sont lancés. Elle marche et marche et ne dit rien parce qu'elle est seule et triste parce qu'elle n'ose rien répondre parce qu'elle a peur parce qu'elle a honte, honte de ce qu'elle est honte de ce qu'elle entend honte de l'image d'elle-même qu'elle reçoit en pleine figure. Un des trois pochards arrive à sa hauteur alors que les autres restent en arrière et rient et il lui demande eh bébé ça va ? T'es bonne tu sais. Jill tente de poursuivre son indifférence feinte mais cette dernière remarque la hérisse par sa méchanceté et son dénigrement. Elle ne peut d'autant plus poursuivre cette fausse indifférence car l'ivrogne lui agrippe le bras et disant hey réponds ça ne te tuera pas. Jill ne sait pas ce qu'il lui arrive mais cette main sale qui l'emprisonne l'horrifie au plus haut point et lui rappelle Ernest et leurs disputes incessantes aussi réagit-elle brusquement et cherche à se libérer en poussant un cri d'animal pris au piège un animal pressentant qu'il ne retrouvera jamais une once de liberté.

Jill ne sait pas avec précision la suite des événements qui survient en cascade tout ce dont elle est sûre c'est que le pochard l'a lâchée et qu'ils se dispersent tous les trois à cause d'une silhouette encapuchonnée qui s'interpose silencieusement et lutte avec une facilitié dérisoire. Jill s'est écartée et une curiosité folle l'oblige à regarder le combat entre la silhouette entièrement couverte et les trois ivrognes qui finissent filant ventre à terre en lançant de sombres menaces au lieu de s'enfuir elle-même de retrouver les petits qui dorment comme des chatons et s'endormir elle-même en écoutant leur respiration régulière.

Bientôt il ne reste plus que la silhouette et Jill elle-même, dans la ruelle devenue soudain très calme. La silhouette miraculeusement apparue, apportant justice et vengeance – si l'on peut dire – se tourne vers l'être qu'elle a sauvé, ôte doucement sa large capuche ainsi qu'un masque sombre qui lui couvrait le visage. Finalement Jill a l'impression d'être en présence de la créature taggée sur le mur : la silhouette se révélant être une femme de haute taille, au visage fin encadré par une chevelure sombre qui paraît aussi fournie qu'une crinière. Les yeux étirés ont un éclat étrange, que Jill ne distingue pas bien mais qui n'inspire pas une confiance absolue. L'apparition prend la parole, se présente d'une voix calme comme étant « Cassidy ». Elle interroge Jill, va-t-elle bien ? Cette dernière demeure un instant muette, pour enfin bredouiller un informe « Oui, je... Merci. » Et pour prouver à quel point elle se sent à l'aise tout son corps tremble de la mésaventure vécue puis s'effondre en sanglots incontrôlables. Une accumulation de choses pèse sur Jill, la force à glisser le long d'un mur, pour pleurer ce qu'est devenue ou a toujours été son existence.
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» Cassidy Fawkes
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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Mer 3 Juin - 5:05

» ft. Jill Boly

Elle n'était pas une sauveuse, ni quelqu'un qualifiable de héros. Tout en son être criait le contraire. Elle était un être de destruction, née pour faire le mal. Elle avait vu le jour en tant que princesse, pour diriger et écraser tous les êtres qui lui étaient inférieurs. Dotée de deux pouvoirs, de noble descendance et lignée, elle était destinée à être formatée, à devenir une Reion Suprême sans merci. Seulement, lorsqu'elle était encore un enfant pur et innocent, elle avait compris. Décelant les rouages du système, décryptant les comportements de tous, elle vit toutes les tentatives vouées à la corrompre. Pour son bien, pour sa survie, elle devait jouer le jeu. Composant l'image parfaite d'une Fawkes, elle s'enrôla dans l'armée pour devenir finalement le Général. Son seul frère restant, qu’aucun châtiment n'avait encore châtié, devint le roi. Les autres étaient destinés à tomber dans l'oubli, tout autant qu'elle. Obéir et servir la couronne, tel était son devoir. A sa naissance elle avait été privée de sa liberté, condamnée à laisser son devoir devant ses désirs ou ses souhaits. Emprisonnée par ce cocon dorée, vouée à être telle qu'on l'avait conçu. Sans jamais pouvoir faire selon ses vœux.
Elle comprenait la peur de cette femme, sa méfiance. Elle aussi concevait tout le mépris possible envers le système, qu'elle-même exécrait. Les injustices s'accumulaient, la vie n'était que déchéance et malheur. Malgré cela, le bonheur tentait de s'épanouir ici bas, mais les germes étaient souvent arrachés par d'autres individus. La misère, tout le mal en ce monde sévissait, notamment dans les bas quartiers pauvres, où tout prenait forme en la pire espèce. Sur l'or et l'argent les riches vivaient, mais surtout sur la pauvreté des autres. Mais qui des deux étaient les plus heureux ? Au final, personne n'avait réellement de liberté. Et même si souvent Cassidy se faisait envier, elle ne souhaitait sa vie à personne d'autre. Porter le nom de Fawkes était honneur et fardeau. Une longue lignée où rôdait souffrances et peines. Un trône qui surmontait les cadavres de ses ennemis.

Il n'y avait pas plus de raisons à son aide qu'à l'explication de sa naissance. Elle avait agi presque par impulsivité, sans pour autant dire qu'elle y avait vu une forme d'amusement. Certes, peut-être avait-elle eu l'infime impression de ressentir de la satisfaction dans sa poitrine, ou peut-être n'était-ce qu'une faible illusion. Dans tous les cas, elle avait agi, sans avoir de but ni de besoin en retour. Elle se sentait légère, presque comme si tout avait disparu. Elle oubliait, lorsque la lune brillait, le rôle qui l'incombait, jusqu'à son statut. A cette heure là, elle était humaine, autant qu'une autre. Et elle avait aidé un de ses semblables sans désir caché, malsain, sans souhaiter quoique ce soit en retour. Et c'était ce qui était bon avec la folie, ce doux sentiment d'euphorie, ou rien n'avait besoin de raison, ou tout n'avait pas besoin de sens. C'est ainsi que ce corps animé, cet être inhumain au cœur de glace se retrouva à serrer maladroitement dans ses bras la jeune femme en pleurs.
Si dans un premier temps le silence répondit à sa question quelques minutes auparavant, une réponse incompréhensible provint de la bouche de la jeune femme qui tout d'un coup tressaillit. Avec douceur, comme lorsqu'elle berçait Kaïnan son enfant lorsqu'il était jeune, elle la berça doucement dans ses bras pour calmer ses tremblements. Peut-être était-ce ce que certains appelleraient l'instinct maternel, ou la compassion. Mais ceux qui connaissaient vraiment Cassidy ne s'avancerait probablement pour aucune option. Ou peut-être était-ce pas nostalgie, et qu'elle se souvenait d'avoir bercé dans sa vie un être qui lui était cher. Même si il n'y avait nulle place pour l'amour en ce monde, même si elle était un monstre froid et immonde crée par cette société, il restait tout de même des résidus de sentiments au fond d'elle. Ou était-ce la folie qui réveillait des semblants d'émotions, des morceaux de conscience éparpillés qui lui donnaient des envies et des instincts. Pas toujours de bon instincts, parfois primitives et destructrices comme cette voix qui lui intimait de tous les dévorer.

L'homme était mauvais, par essence. C'était ce que lui avait appris la vie. Mais il y avait aussi des êtres qui en étaient les simples victimes. Cassidy, pour commencer, était elle-même une des nombreuses victimes de ce système ignoble, la rendant dure et amère. Faisant d'elle-même une personne mauvaise, embarquée dans ce cercle vicieux, prisonnière. Mais de quoi pouvait-elle se plaindre, pouvait-elle se permettre de pleurer toutes les larmes de son corps et de prier pour des jours meilleurs ? Si il y avait une chose de véritable en ce monde, c'est que pour posséder quelque chose il ne suffisait pas de désirer, il fallait la volonté et surtout être prêt à tout surmonter pour atteindre son objectif. Seulement il ne fallait pas seulement désirer le bonheur pour l'obtenir, c'était quelque chose qui ne pouvait pas s'acheter, qui ne se façonnait pas ou ne pouvait se créer. Doucement, des rêves de destruction s'étaient formés dans son esprit. L'humanité était perdue. Une des seules manières d'espérer un monde nouveau et beau était par la force, ou la destruction. Pour que des cendres de la misère et de la mauvaise essence renaisse quelque chose de grand et meilleur. Les choses n'étaient pas immuables, et les siècles amenaient sur leurs sillages de nombreux changements. Seulement, les hommes étaient effrayés par l'inconnu, et il était nécessaire que certaines personnes forcent la chose. Comme lorsqu'elle essayait de rassurer Kaïn, sa voix douce s'éleva, abandonnant le ton froid et inexpressif habituel. Fredonnant une petite comptine, sa voix enveloppa les deux jeunes femmes presque tendrement, tandis que la respiration de celle en pleurs finit par se calmer.
Cassidy se défit de ce lien, elle demeurait une femme qui préfère le contact froid du métal à celui chaud d'une peau. Elle planta ses yeux froids dans le regard de la jeune femme. Avec ce qui ressemblait à de la douceur, elle l'aida à se remettre debout. Difficile de croire qu'une telle personne soit l'engeance de monstres. Son créateur lui avait offert le physique généreux d'une femme aux jolies formes, à la silhouette galbée, sans oublier des traits fins qui semblaient dessinés à la plume. Ses cheveux descendaient en cascadant dans sa nuque, pour retomber sur son dos avec élégance. Seuls ses yeux immondes, deux excavations du démon, d'un noir profond et aux pupilles rouges, juraient avec sa douce apparence. Et même ainsi, malgré ses efforts pour porter des habits simples malgré sa richesse, une aura sauvage l'entourait. Si bien qu'il lui fallait redoubler de vigilance lorsqu'elle désirait passer inaperçue, de peur de se faire démasquer. Dans ce cas là, elle s'en moquait que son identité soit connue. Avec un petit sourire en coin, elle finit par demander une question qui, en d'autres circonstances, pourrait être carrément effrayant, et peu rassurant.

_Quel est ton nom ? Laisse moi te raccompagner chez toi, est-ce que c'est loin ?


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» Jill Boly
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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Lun 8 Juin - 22:19



In a dark alley.

Cassidy Fawkes & Jill Boly.

Une foule d'émotion envahit Jill, sans qu'elle sache véritablement les distinguer l'une de l'autre. Elle se sent triste, bien sûr. Humiliée. Désemparée. Mais, bientôt une colère immense lui enserre le coeur, la fait pleurer de rage plus que de chagrin ou de honte. Elle a l'impression que toute sa vie elle a vu des individus agir comme les pochards. Ils en humilient d'autres – comme ça. Ils plantent leurs dents longues dans le corps et l'esprit du premier être qu'ils savent différent d'eux – peut-être est-ce plus simple que d'apprivoiser la différence. Jill revoit impitoyablement toutes ces scènes de « purge » (comment faut-il les appeler ?) avec netteté, qu'elle en soit la victime ou non. Qu'elle en soit l'agresseuse ou non – elle n'a pas été tendre avec Ernest non plus jadis. Elle les revoit et ne comprend pas. Embêtait-elle les pochards ? Les a-t-elle seulement approchés ? Alors pourquoi l'ont-ils sifflée, hélée, et pourquoi l'un d'eux l'a-t-il emprisonnée de sa main sale ?

Jill est assise par terre sur le sol inconfortable et quelqu'un l'a entourée de ses bras, quelqu'un à l'étreinte maladroite, quelqu'un à la tignasse aussi sombre et fournie que celle de la créature taggée sur le mur. Quelqu'un qui fredonne quelque chose que Jill ne comprend pas mais qui la berce et l'apaise. Peu à peu, ses sanglots prennent fin, la laissent vide et épuisée. Un frisson la secoue et soudain rien ne lui ferait plus plaisir que d'être au chaud sous la couette avec Ernest à côté d'elle. Elle l'a fui et pourtant en cet instant elle le regrette voudrait être en Irlande dans le deux-pièces minable et entendre les ronflements de son époux.

Jill laisse la femme chantonner même si elle n'est pas en mesure de saisir les paroles peu importe. La femme est une protection un corps chaud des bras consolants. Jill frissonne à nouveau quand sa protectrice se détache du lien qu'elle a formé, et instinctivement a un geste dérisoire pour la retenir. Jill ne peut soudain plus supporter la solitude il lui faut quelqu'un de son âge à peu près à ses côtés même cette femme qui l'aide à se relever et qui n'a rien de rassurant au premier abord. Une fois debout elle peut mieux observer cette femme à loisir, sans trouver quoi que ce soit à dire. L'esprit de Jill est vide. Elle a envie de se rouler en boule dans son lit et de dormir et dormir et qu'en se réveillant tous ses problèmes soient résolus. Si seulement c'était possible elle ne demanderait rien de plus. La femme lui demande son nom et il lui faut réfléchir avant de répondre d'une voix éraillée : « Jill... Jill Boly. » Elle se souvient brusquement que son interlocutrice se nomme Cassidy.

Cassidy lui propose de la raccompagner jusqu'au n°10. « Non, ce n'est pas loin » répond Jill. « A quelques ruelles près. » Et un soupir lui échappe. Elle a froid et resserre les pans de son long manteau noir contre elle. « Venez » ajoute-t-elle, et elle avance dans les sinistres passages baignés d'une lueur orange. Tout est calme, même la circulation des voitures s'est momentanément interrompue. Jill n'essaie pas de converser davantage. Elle avance d'une démarche presque mécanique, et se sent comme anéantie. Elle s'en veut d'accorder tant d'importance à une mésaventure telle que celle avec les ivrognes. Elle pense qu'elle ne devrait pas y être si sensible et se laisser détruire de la sorte. Elle revoit Cassidy en train de se battre avec tant d'aisance. « Comment faites-vous » murmure-t-elle si bas que peut-être Cassidy ne l'entendra pas.

Elles sont devant le n°10, Jill pousse le petit portillon. Elle ouvre la porte d'entrée qui donne sur la grande pièce froide. Elle appuie sur l'interrupteur et une lumière crue inonde l'endroit. « Entrez » invite Jill qui est si lessivée qu'elle ne ressent même pas de gêne devant la pièce glaciale à peine meublée. Un cheval en peluche appartenant à Charlie trône sur la table de la salle à manger et sourit naïvement aux deux femmes. « Les enfants dorment là-haut. Ne faites pas trop de bruit s'il vous plaît. » Ce n'est pas une injonction, plutôt une demande polie, une prière. Jill tire une chaise, s'y laisse tomber. Elle frotte ses yeux rougis, croise les jambes et regarde Cassidy comme pour lui signifier eh bien voilà qu'en pensez-vous ?

_________________
« N'aurait-on pas dit qu'elle avait demandé au ciel trente mille francs de rente et des égards ? »
L'Assommoir.

Jill est également
ICI.
Vous me retrouverez incarnant aussi Jolibelle.
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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Dim 21 Juin - 21:35

» ft. Jill Boly

Finalement, malgré la proposition presque indécente et inattendu, Cassidy finit par suivre la jeune femme de sa démarche silencieuse. Il n'y avait aucune once de bienveillance sur ses traits qui dessinaient le masque froid appartenant aux personnes de son rang. Nul éclat de chaleur ne brillait au fond de ses prunelles vides, mais il y avait cette impression muette et silencieuse qu'elle ne ferait aucun mal. Cette aura sauvage qui l'entourait de sa robe funeste ne semblait cibler que certaines proies en particulier, bien que rien ne semblait indiquer de quelle façon le tri était effectué. Et effectivement, il s'avérait que la plupart du temps cela se faisait de manière assez aléatoire. Mais Jill ne semblait pas s'en préoccuper, tandis que la jeune femme la suivait telle une ombre sur le dédale de pavés. Ressemblait-elle à un ange gardien, d'une certaine manière ? Non. Elle était presque comme la pestilence qui s'accrochait à la peau de ses victimes, sans toutefois avoir la hargne et le désir de possession destructeur. Elle était juste une ombre, fade et insignifiante, qui se contentait du silence pour ami. Elle était un loup solitaire, avec pour seul compagnie de longues plaintes fantômes qui n'émettaient aucun son. Fermée au monde, indifférente à sa manière, comme si rien ni personne ne pouvait l'atteindre. Si bien que lorsqu'elle intercepta la bribe d'une phrase que Jill souffla, il semblait que tout en son être respirait cette confiance certaine qu'elle abordait avec une facilité déconcertante.
Elle ne répondit pas, malgré avoir entendu son murmure. Elle n'avait pas le choix. Il ne s'agissait même pas d'une simple question de survie, c'était davantage l'ordre des choses. Vous pouvez contredire et vous demandez pourquoi ne s'était-elle pas débarrassée de ses obligations pénibles, mais personne ne choisissait la famille dans laquelle on naissait. Et il y avaient certains vœux à respecter, et même si il ne s'agissait que de mœurs et de coutumes, elle ne voyait aucun avantage ou attrait à changer cette même part qu'elle faisait tant d'efforts à appliquer. Au final, elle avait fini par choisir d'accepter ce destin, afin de devenir son propre maître. Elle s'était effondrée, une fois. Et elle n'avait reçu que des regards méprisants, alors elle qui haïssait tant les autres avait travaillé pour se faire aimer. Devant la faiblesse, l'homme marchera sur le corps du faible pour se hisser au niveau supérieur. C'était ainsi. Et plus jamais elle ne s'était laissé aller à ses sentiments qui dictaient le cœur des uns, et conduisaient à la mort les autres. Elle que tout le monde avait abandonné, elle ne serait jamais capable de donner sa vie pour un autre. Et pourtant, elle était devenue la femme forte qui se tenait ici aujourd'hui. Elle était devenue celle qui chaque jour s'entraînait et combattait pour les autres, pour le peuple. N'était-ce pas là la beauté entière de l'ironie ?

N'y avait-il que des machinations infâmes, et des stratagèmes montés de toute pièce ? Qu'y avait-il derrière ce masque, qu'y avait-il à l'intérieur de cette poupée construite sur des idées et des concepts pourtant abstraits ? Elle n'était que l'écho de pensées, elle n'était que le reflet de ce que les autres souhaitaient voir ardemment, dans l'espoir de trouver rédemption ou salut. Rien ne pouvait la sauver des démons, pourtant elle donnait tout dans sa tâche de sauver les autres. Telle était ainsi la vie faite. Elle n'était même pas ainsi par désir, mais plus parce qu'il s'agissait d'un arrangement satisfaisant. Et pourtant, n'avait-elle pas fait plusieurs fois le bien dans sa vie ? Elle était venue en aide à diverses personnes sans jamais rien demander en retour, elle s'impliquait dans son rôle de général. Et pourtant, tout en elle respirait l'immonde odeur d'un monstre. Ce n'était pas parce que ses actions étaient bonnes qu'elle était définitivement quelqu'un de bien. L'aide qu'elle apportait, aussi gentille pouvait-elle aux yeux d'un homme, n'était rien sans essence ni raison. Et c'était ce qu'elle était : une personne creuse, sans rien d'autre que des abysses froides interminables, sans fond.
Elle n'était qu'une princesse dans une société bourgeoise à l'agonie. Une personne comme elle ne pourrait jamais connaître la douceur, ni la chaleur ni l’enivrement procuré par l'amour. Cassidy n'était pas conçue pour recevoir ce genre d'affection, et rien ne pourrait briser les mécanismes glacés qui la constituaient. Les valeurs que son éducation lui avait inculqués avaient été oubliées, tout comme ses idées préconçues des hommes du commun. Elle avait fini par tout percer à jour à travers son regard de démon, et au final il ne restait que les données froides. Parfois tout se mélangeait, tout se brusquait dans un joyeux capharnaüm ou la folie étirait ses traits, ou la joie semblait peinte sur son visage. Mais n'était-ce pas là la preuve qu'elle n'était qu'un produit défectueux issu d'un monde lui-même stérile ?

C'est ainsi que, lorsqu'elle pénétra dans la demeure de Jill, nul ombre ne traversa son visage impassible. Ses pensées chaotiques ne se concentraient plus en rien. Elle se perdait souvent dans le fil de ses pensées afin d'être aveugle au monde extérieur qu'elle exécrait tant. L'endroit n'était pas plus misérable qu'un autre. Il n'était peut-être pas le plus luxueux du monde mais on pouvait ressentir que des âmes vivaient entre ces cloisons certes froides. Chez elle il n'y avait que des abîmes désuets, où sévissaient des marionnettes qui agissaient d'une manière si prévisible. Ici, elle retrouvait cette once d'humanité. Mais elle n'était pas une pour complimenter, ou pour essayer de rendre la situation sous un meilleur jour. Aussi ne fit-elle aucun commentaire sur l'endroit. Ce n'était pas un manque de politesse, c'était ainsi. Tout comme elle ne s'inquiétait guère de l'état d'âme des hommes, après tout l'instinct de survie qui résidait en chaque personne était fort, et suffisant pour que quelqu'un ait la volonté de s'en sortir. Mécanisme rouillé, son visage ne semblait pas le moindre concerné. Pourtant, sa voix froide finit par résonner doucement, faiblement, respectant l'atmosphère paisible des lieux.

_Vous vous sentez mieux ?


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» Jill Boly
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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Jeu 25 Juin - 22:59



In a dark alley.

Cassidy Fawkes & Jill Boly.

Jill ne sait pas très bien ce qu'elle attend de Cassidy. Un commentaire sur le n°10 ? Une remarque qui lui permettrait de s'apitoyer sur son sort – ma pauvre chérie quel logement minable ! Mais rien ne vient, sinon un regard rapide et sans émotion sur les murs blancs, sur l'éclairage trop cru, sur les deux cartons de déménagement encore fermés, ni sur la peluche qui sourit indéfiniment. Le silence est là, froid, lourd de paroles non prononcées. Jill ne propose pas à Cassidy de s'asseoir, jugeant que cette dernière se posera sur une des trois chaises libres si elle le désire. Cassidy finit par parler, demandant d'une voix presque glacée si Jill se sent mieux. Celle-ci lève les yeux, dévisage la femme à l'épaisse chevelure sombre qui l'a sauvée. Elle remarque alors ses yeux, des yeux dépourvu de sclérotique. Ils sont noirs, ont un aspect monstrueux. Jill, à leur vue, est déboussolée. « Non » répond-elle sans réfléchir, puis elle baisse ses propres yeux et sourit d'un sourire jaune.

Elle voit le paquet de cigarettes trouvé miraculeusement dans le métro l'autre soir et rien ne lui ferait plus plaisir que d'en griller une, là immédiatement. Néanmoins un pervers esprit d'épargne la freine, il lui faut faire durer ce satané paquet. Renonçant aux cigarettes, mais pas à un réconfortant, Jill se lève, demande : « Vous voulez boire quelque chose ? Personnellement j'en ai besoin. » Et, sans attendre de réponse, elle fouille dans une armoire sous l'évier, en sort une bouteille de sherry rapportée d'Irlande. Elle ne raffole pas du sherry mais c'est de l'alcool et c'est tout ce qui compte. Elle déniche deux verres, les remplit, en tend un à Cassidy avant d'entamer le sien.

Jill est retournée s'asseoir. Elle ne dit rien, fatiguée, un amas d'émotions se bouscule dans son esprit qu'elle embrume d'alcool. Elle fixe le cheval en peluche, avec l'éclairage son sourire semble distendu, monstrueux. Jill réentend les rires gras des ivrognes, elle frissonne, regarde Cassidy d'un air presque abruti, et qui pourtant quête un réconfort plus humain que le sherry. Abruti de sherry, d'insomnie, de tabac et de tracas quotidiens. Un bruit léger de pas se fait entendre à l'étage supérieur, puis un petit garçon apparaît descendant l'unique escalier de la maison. Il se frotte les yeux, engourdi de sommeil et ébloui par la lumière froide. Arrivé sur la dernière marche, il s'arrête, aperçoit Cassidy et l'observe. « Qui c'est ? » demande-t-il d'une voix pâteuse à sa mère.

« Une dame » répond Jill en avalant ce qu'il reste de sherry dans son verre. « Elle s'appelle Cassidy. Ne reste pas pieds nus, Charlie, va mettre tes pantoufles. » Les pieds nus et bleuis de froid sont une préoccupation constante de la mère. « Où est Emily ? » demande-t-elle ensuite. « Elle dort » répond Charlie qui ne quitte pas Cassidy des yeux. Sans remonter chercher ses pantoufles, il descend l'ultime marche de l'escalier et rejoint sa mère. Jill cherche la main de son fils, sans en avoir conscience, pour s'accrocher à quelque chose de familier et de vivant. Quand elle la saisit, Charlie ne se dégage pas comme sa soeur et lui en ont l'habitude, n'appréciant les gestes de tendresse que s'ils les ont réclamés. Jill se tourne vers le gamin de six ans, il fixe Cassidy de ses yeux gris comme ceux de son père et en eux est allumée une lueur hostile.

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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Jeu 2 Juil - 4:10

» ft. Jill Boly

Que brillait cette somptueuse envie qui caressait le bout de ses doigts, brûlait sur sa peau. Pourquoi d'un seul coup cette flamme s'était allumée tel un brasier que ni l'homme ni la bête ne saurait contrôler. Suave, elle attisait Cassidy comme un aimant, tel un papillon attiré par la lumière. Il ne suffirait que d'un simple battement de cils pour perdre à ce jeu. L'idée sulfureuse avait semé ses graines dans son esprit, arraché la raison à son âme pour ne laisser que ses pulsions immondes tracer son chemin à travers son cœur. C'était le prix à payer. Chaque repas, chaque festin laissait sa marque en cette femme qui, simple humaine, se laisser submerger par la doucereuse folie. Cette berceuse était une comptine qui bourdonnait à ses oreilles. Elle la démangeait, tendait chacun de ses muscles tandis que tout son corps hurlait au carnage. Il lui suffisait simplement de fermer les yeux et de laisser cet instinct primaire prendre le dessus. Qui se préoccupait, de toute manière, de pauvres misérables laissés pour compte dans les bas quartiers ? Elle leur arracherait volontiers membre après membre, après les avoir déchiqueté de ses dents et recouvert chaque mur de cette maison de rouge.

La vue de cet enfant avait déclenché toute la haine contenue, dissimulé aux tréfonds de son âme en tourment. Malgré la possession d'un être qu'elle avait élevé, éduqué et qu'elle considérait comme son propre enfant, elle ne ressentait que du dégoût pour ses êtres. Peut-être était-ce car sa jeunesse lui avait été arraché, ou peut-être car les enfants ne se préoccupaient guère des codes de société pour dire la vérité ? Mais même ce luxe réservé aux enfants lui était passé outre. Elle avait appris l'étiquette à son plus jeune âge, on l'avait reprogrammé pour être conforme à son statut de princesse. Elle n'avait connu ni l'ivresse des découvertes, ni l'émerveillement des nouveautés. Elle n'avait que de l'hostilité pour les gamins. Ils représentaient cette naïveté stupide, ils étaient la copie conforme de l'adulte, certes plus petite mais tout aussi peu intelligente. Il n'y avait nul éclat brillant dans la jeunesse, nul espoir pour des êtres à la dérive.
Elle pouvait lire l'éclat de méchanceté à son égard luisant dans les yeux de l'enfant de Jill. Ses propres yeux voyaient tout, ils lisaient dans les êtres humains comme dans un livre ouvert. Elle ne voyait ici que le portrait d'une famille à la dérive. Avec à sa tête une femme brisée, sur le point de craquer à chaque seconde mais qui persistait pour le bien de sa progéniture. Quelle image fendant le cœur, n'est-ce pas ? Elle l'aurait été, si celui de Cassidy n'était pas composé d'un mécanisme de rouages froids. Elle ne pouvait ressentir ni forme de pitié, ni compassion. Après tout elle n'était qu'un pantin articulé, mué par une rage malsaine qui venait de pair avec ses pouvoirs. Sans ça, elle n'était qu'un corps vide qui se mouvait.

Tout comme elle s'était assise sans dire mot, sans esquisser le moindre mouvement. Nulle ombre n'avait assombri son visage, elle s'était emparée de son verre en silence puis avait simplement fixé de ses deux orbites froides cet enfant. Peut-être les gamins pouvaient-il voir sa véritable nature ? Elle était un monstre qui se délectait de la chair des hommes. Une personne qui riait aux éclats face à l'horreur même de ses méfaits. Un individu qui restait cependant de marbre lors d'une quelconque situation. Elle n'était folie qu'avec son pouvoir, ce qui lui donnait quelque chose de plus, ce qui la définissait presque si à la base, elle aurait été quelque chose. Elle glissa son regard sur la personne qu'elle avait sauvé, ayant perdu son intérêt pour l'enfant, tout comme la haine qui l'animait quelques minutes plus tôt s'était envolée en un éclat. Tout cela sans broncher, sans avoir la moindre grimace ternir son beau visage de poupée.
Sans se départir de son masque de marbre, tissé sur la façade la plus lisse d'un glacier, elle but une gorgée. Certes pas ce qu'elle préférait, mais elle s'en moquait pas mal. Tout comme le reste. Alors, elle croisa ses jambes sous la table, ne cherchant même pas à briser ce silence que certains pourraient qualifier de gênant. Elle avait beau analyser la situation parfaitement, et comprendre le malaise occasionné lors des silences, tout comme certains pouvaient appréhender être en compagnie d'une personne inconnue, mais elle ne ressentait rien à ce propos elle-même pour essayer de raviver l'atmosphère. Sa main se glissa dans ses cheveux, mécanisme qu'elle avait assimilé lorsqu'elle était jeune. C'était un mouvement qui paraissait naturel, non effronté et qui pouvait l'aider à ressembler humaine, bien que ce n'était sûrement pas à l'ordre du jour. Simple automatisme qui revenait à la charge, tel un fantôme qui la hantait.

_ Je suppose qu'on ne peut pas fumer ici ?

Ses lèvres se retroussèrent en un demi sourire tandis qu'elle s'emparait de son paquet de marlboro, pour saisir deux clopes – une pour elle et une pour son hôte.


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» Jill Boly
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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Dim 5 Juil - 1:02



In a dark alley.

Cassidy Fawkes & Jill Boly.

Jill, malgré l'alcool et la fatigue qui lui embrument l'esprit, remarque l'animosité présente dans le regard de son fils. Il fixe Cassidy comme si elle était un danger potentiel, un être indésirable qu'il voudrait voir disparaître au plus vite. Sa mère suit son regard, voit Cassidy qui est assise face à eux en sirotant son verre, Cassidy qui ne lâche pas un mot et qui pourtant boit, Cassidy qui leur rend leur attention, son visage est froid, ses yeux si laids sont froids, elle est effrayante, Jill ignore si c'est le sherry et la fatigue mais soudain Cassidy lui fait peur, très peur même, on dirait qu'elle n'a rien d'humain est-ce vraiment elle qui a écarté les ivrognes est-ce vraiment elle qui a entouré Jill de ses bras en fredonnant une comptine est-ce vraiment la même personne car les deux images ont quelque chose d'incompatible. Charlie et elle semblent s'affronter des yeux, Jill sent que son fils est tendu, elle ne l'a jamais vu ainsi, d'ordinaire il est plutôt timide et évite de se confronter d'une manière aussi insolente à quelqu'un qu'il ne connaît pas.

Mais leur combat intérieur cesse quand Cassidy reporte son attention sur Jill, sans rien dire pour autant. Sans s'en apercevoir Jill serre plus fort la main de son fils comme si elle avait besoin de réconfort, d'une protection contre ce regard froid contre ces yeux sans sclérotique qui sont épouvantables. Quelles autres abominations Colin's Island recèle-t-elle, telle est la question qui se forme dans l'esprit de Jill, sans savoir qu'elle n'a encore été face qu'aux prémices des multiples horreurs qui peuplent l'île.

Cassidy se décide enfin à prononcer quelques mots, disant supposer qu'il est interdit de fumer au n°10, avant de sortir des cigarettes sans s'inquiéter de la réponse. Plus par mécanisme que par désir réel, Jill prend la cigarette qui lui est offerte, et s'apprête à remercier quand Charlie se tourne d'un bloc vers elle et s'exclame : « Je veux pas qu'elle reste là. Dis-lui de partir. » Son ton est sans appel. Ses yeux gris si semblables à ceux d'Ernest fixent sa mère avec une détermination qu'elle ne lui a encore jamais vue. Jill a l'impression que son fils lui demande de prendre enfin leur existence en main, de la débarrasser de toute sa laideur et par conséquent des yeux si affreux de Cassidy, des yeux d'une laideur singulière plantés dans un visage lisse et beau, un visage qui offre un demi-sourire sans que l'on puisse certifier ce qui motive ce rictus.

Jill se mord les lèvres. Elle constate que ses mains tremblent légèrement et tout ce qu'elle trouve à faire pour apaiser sa nervosité est d'allumer la cigarette et d'en tirer une bouffée. Charlie la dévisage, une amère déception se peint sur ses traits, il reporte son attention sur Cassidy et lui lance avec un aplomb déstabilisant venant du gamin de six ans qu'il est « On veut pas de vous. » Le silence de sa mère n'est ni une approbation ni une réprobation.

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» Cassidy Fawkes
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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Mar 7 Juil - 15:16

» ft. Jill Boly

Que diable allait-elle foutre à une heure pareille chez des habitants du quartier sud ? C'était du Cassidy tout craché. Elle finissait toujours dans des situations incongrues, là où aucun autre noble ne pouvait jamais imaginer. Elle n'était pas une si mauvaise personne, elle avait le désir d'aider les autres, mais elle n'aimait pas les-dits « autres ». En fait, elle avait du mal avec les humains. A les voir, à les supporter, à les apprécier. Il y avait quelques cas particuliers, son gosse par exemple. Enfin, un gosse... le dragon qu'elle avait élevé, plutôt. Mais même l'amour qu'elle éprouvait pour lui semblait surfait, trop « humain » pour un être comme elle.
Alors la remarque du gosse la fit juste rire. Elle éclata d'un rire franc et cristallin. Ce qu'elle pouvait détester les gosses, mais ce qu'ils pouvaient être à la fois crédules et drôles. Elle dessina alors sur la table de sa main droite, ses yeux se posant sur ce petit bout qui ne devait pas faire la moitié de sa taille. L'innocence des enfants qui sont sans peur. Il y avait de quoi rire. Mais ce gosse s'avérait particulièrement chanceux. Chanceux que ce soit Cassidy en face de lui, et non quelqu'un d'autre. Elle en connaissait qui tuait pour trois fois moins.

_ On veut pas de vous.

C'était bête. N'était-elle pas invitée ? Elle se fendit en un sourire narquois, tandis qu'elle s'alluma une cigarette. Elle souffla la fumée devant elle, le sourire toujours dessiné sur ses lèvres tandis que ses yeux se posaient sur Jill, puis son gosse, et vice-versa. Elle garda le silence tout le long. Elle aimait bien cette situation, finalement. Peut-être était-ce une occasion pour remettre un peu d'ordre dans tout ça. Alors, lorsqu'elle finit son verre elle finit par lâcher.

_ Je suppose que vous êtes nouveaux sur l'île. Êtes-vous au courant de tout ?

Elle n'attendit cependant pas leur réponse et continua. Elle se leva doucement de sa chaise, puis elle s'approcha du gosse qui se tenait immobile, trop fier pour bouger ou se réfugier derrière sa mère. Un coriace, huh ? Elle lâcha un petit ricanement. C'était amusant de briser l'aplomb des hommes, mais briser les rêves des gosses, toutes leurs croyances, n'était-ce pas autant drôle ? Elle était maintenant à portée de Charlie. Elle lui attrapa alors le visage entre sa main droite. Puis elle le lâcha, avant d'attraper sa main doucement. Son pouvoir commença alors à s'activer.

_ Vous voyez, ici, il existe des personnes dotées de pouvoirs. Et ce sont les personnes qui commandent. Les Reions ont un seul pouvoir. Les Reions Suprêmes en ont deux. Ces derniers font partis de la famille royale, ceux qui dirigent ici. Elle fit une courte pause dans son explication, ses yeux plongés dans le regard effrayé du gosse qui commençait à ressentir la fatigue l'envahir. Que pensez-vous qu'il y a comme châtiment pour manque de respect à une princesse, même pour un gosse ?

Elle finit alors par lâcher sa main, à la limite. Encore quelques secondes de plus et il se serait probablement évanoui. Finalement, elle le regarda tomber, étourdi, un petit sourire aux lèvres. Elle se retourna alors vers Jill, puis elle posa sa main sur son épaule de manière amicale. Elle ne leur voulait aucun mal, comme au début, elle n'avait que souhaité l'aider. Son apparence, pourtant, répugnait les gens. Elle était fuie, elle était détestée, et elle était vue comme un monstre. Cruel fardeau à porter, qui l'avait rendu aussi mauvaise que ce qu'on voulait qu'elle soit. C'étaient les autres qui avaient fini par la définir, hélas. Elle finit par écraser son mégot dans un cendrier.

_ Il est juste fatigué. Après avoir dormi il ira mieux, dit-elle en s'adressant à Jill avec un petit sourire presque désolé. Maintenant, je ne suis pas rancunière, et je t'aime bien, tu es une femme forte. Tu as mon soutien.

Certes, cette démonstration était un gros risque. Désormais Jill allait probablement être effrayée, ou avoir encore moins confiance. Mais Cassidy n'était pas conciliante, elle avait certainement pas de manières douces ni de réelle compassion. Elle agissait spontanément, tel que son cœur le lui dictait, que ce soit stupide, irréfléchi ou non. Mais ça faisait d'elle au fond quelqu'un de plutôt d'honnête dans ce cas. Elle n'était pas très douée, encore moins niveau relations. C'est pour ça qu'elle n'avait que très peu d'amis. Il était très difficile de la supporter, et encore moins de l'accepter telle qu'elle était.
Seule elle serait, à jamais. Avec pour seule compagnie une lente agonie grâce à ses souffrances, et ses délires.
Elle finit par s’asseoir à nouveau, à défaut de savoir quoi rajouter, n'étant pas très loquace. Puis elle offrit une seconde cigarette à son hôte, pour se faire pardonner du désordre, elle-même ne le savait pas. Puis elle alluma la sienne.


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» Jill Boly
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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Mar 15 Sep - 22:00



In a dark alley.

Cassidy Fawkes & Jill Boly.

Jill n'aime pas le rire de Cassidy, si cristallin soit-il. Il lui semble présager un mauvais coup, peut-être que Cassidy rit parce qu'elle les méprise tous les deux, le fils qui essaye d'être fort comme un adulte alors qu'il a six ans, la mère alcoolique et fumeuse qui ne dit rien ne se défend pas attend observe et prend peur. Peut-être qu'elle rit parce qu'ils sont l'un et l'autre pitoyables et grotesques, parce qu'elle est une grande femme avec une crinière sombre et des yeux singulièrement affreux, peut-être qu'elle rit parce qu'elle va les massacrer tous les deux dans ce sinistre n°10. Le pire étant que cette dernière hypothèse paraît plausible.
Tout ce que fait Cassidy est rire, sourire méchamment et fumer. Elle clope encore plus que Jill qui remarque ce détail. Elle-même tire bouffée sur bouffée sans en ressentir une quelconque satisfaction. Ses mains tremblent toujours et elle est toujours effrayée. Jill est épuisée et le manque de sommeil plus la fumée âcre des cigarettes la font évoluer dans le brouillard – est-ce qu'elle ne vit pas un rêve (un cauchemar) actuellement ? Les contours ne sont pas très nets et bon sang Cassidy est une créature trop atroce pour être réelle. Personne ne viendrait au n°10 en pleine nuit pour se moquer des habitants de cette mansarde et fumer et boire (le sherry ne la dégoûte pas trop apparemment).

Le regard de Cassidy fait la navette entre Jill et Charlie. Finalement, après avoir terminé son verre, elle se focalise sur Charlie et dit remarquer que la famille Boly est nouvelle sur l'île. Est-elle au courant de tout ? Elle n'attend pas de réponse et se lève pour poursuivre, ce qui ne rassure pas Jill. Au contraire, elle se redresse sur sa chaise, suivant les mouvements de Cassidy des yeux, en silence. Que va leur annoncer la femme aux yeux sans sclérotique ? Quelle affreuse information va encore leur tomber dessus – est-ce qu'une guerre civile et des dragons ne suffisaient pas à faire de cette maudite île un enfer ?
Cassidy n'annonce rien, du moins pas immédiatement. Elle va vers Charlie, lui touche le visage d'une main puis le lâche et saisit sa main. L'enfant a un geste de recul, Jill le remarque, et quelque chose en elle remue, quelque chose qu'elle ne sait pas décrire, quelque chose qui la réveille soudain, quelque chose qui la met aux abois. Cassidy se met alors à parler, expliquant que sur Colin's Island il y a des privilégiés et des qui n'ont rien. Du moins, c'est ce que comprend Jill, qui écoute avec attention. Cassidy parle d'une famille royale, pourquoi est-ce que pendant une fraction de seconde un souvenir anodin revient dans la mémoire de Jill, celui de son père en train de pester avec sa mère contre les ''royaliss'' et les ''monarchiss'' qui sont ''contre le peuple'' ? Cassidy parle de pouvoirs, qu'ils soient ceux des super-héros, politiques ou économiques, cela revient au même : ceux qui ont dominent. Cassidy parle de châtiment pour non-respect envers une princesse et qu'est-ce qu'un gosse mérite comme punition pour lui avoir dit de s'en aller ?

Tout se passe très vite, ou très lentement, Cassidy lâche la main de Charlie, celui-ci perd l'équilibre et tombe à terre, sans raison, Cassidy le regarde et sourit, puis elle pose la main sur l'épaule de Jill, est-ce qu'elle va vraiment les tuer l'un après l'autre de cette manière bizarre ? Un très court instant Jill est prête à barrer le chemin vers l'escalier qui mène à l'unique étage pour protéger Emily qui dort là-haut, elle est prête à combattre pour que sa fille ait la vie sauve, même si elle seule doit en réchapper. Cassidy écrase son mégot dans un cendrier, elle est à l'aise, elle est dans son droit, elle est tranquille. Elle affirme que Charlie ira mieux après avoir ''dormi'', qu'elle n'est pas rancunière, qu'elle aime bien Jill, que cette dernière est forte, qu'elle a son soutien.

Jill est trop sonnée pour réagir. Elle pose les yeux sur la main sur son épaule et la chasse d'un geste brusque. Cassidy s'éloigne, retourne s'asseoir, ne dit plus rien et offre une seconde cigarette à Jill. Celle-ci fixe la clope tendue, c'est bizarre, elle a l'impression de voir un appât, quelque chose pour qu'elle n'en veuille pas à Cassidy et lui sourie et que rien ne se passe d'autre. Cassidy allume la sienne, à nouveau avec cet air sans la moindre honte qui tord les entrailles de Jill. Un puissant sentiment d'injustice la submerge, si elle a déjà, bien des fois, été en contact avec l'injustice jamais ça n'a été aussi fortement, aussi puissamment. Son cœur bat trop vite, Jill ressent ce qu'elle ressentait durant les dernières disputes avec Ernest, cette haine de l'autre et cette envie de lui faire mal pour qu'il comprenne ce que cela fait de souffrir. Elle pourrait se jeter sur Cassidy et la frapper, même si Cassidy fait le double de sa puissance, même si Cassidy a un pouvoir, même si Cassidy a le pouvoir de vie ou de mort, oui en effet. Elle pourrait se jeter sur Cassidy et essayer de la tuer, laisser la violence qui s'est accumulée en elle en vingt-quatre ans s'écouler et faire autant de dégâts qu'il est possible d'en faire.

Pourtant, lorsque Jill se lève à son tour, elle ne bondit pas sur la princesse pour la découper en rondelles. Elle va jusqu'à Charlie, se laisse à tomber à genoux à ses côtés. Quand elle le touche, qu'elle sent la chaleur vivante de sa peau ; un immense soulagement l'envahit : il n'est pas mort. Il a l'air d'une pauvre créature, étrangement recroquevillé sur le carrelage froid, les yeux clos, en pyjama. Jill s'en veut elle aurait dû réagir, pourquoi est-elle restée figée sur sa chaise, pourquoi n'a-t-elle pas arraché Charlie de l'emprise de Cassidy pourquoi n'a-t-elle rien fait pourquoi a-t-elle laissé tout ça se produire ? La mère le soulève délicatement, l'entoure de ses bras ; son fils a six ans et cela fait des années qu'elle ne l'a plus porté de la sorte, pourtant elle y arrive, elle ne tremble plus, quelque chose a remplacé la peur, ou s'en est mêlé, en tout cas elle est debout avec Charlie inerte dans ses bras, il ne pèse pas si lourd.

Elle regarde Cassidy. Elle regarde la cigarette qu'elle n'a pas prise, la désigne d'un signe de tête : « Vous pouvez la garder. » La voix de Jill n'est jamais forte. « Votre soutien aussi. Votre soutien, sacré bordel ! » Le ton monte soudain de plusieurs crans. « N'allez pas me dire que vous nous soutenez. N'allez pas me dire ça alors que vous riez, vous souriez salement en nous regardant. Si vous nous souteniez vous nous aideriez. Si... » Jill se rend compte qu'elle s'égare. Elle secoue la tête et serre Charlie plus fort. « Vous êtes abjecte, à quoi cela peut-il servir de s'en prendre à un enfant ? A effrayer les adultes – si elle tue un enfant, qu'est-ce qu'elle fera des parents ? La sœur est en haut, si vous voulez. Merde ! Il y a des gens sans pouvoir magique qui sont plus humains que vous. J'espère qu'un jour vous serez mère et qu'il y aura quelqu'un pour s'en prendre à vos enfants parce qu'ils ont manqué de respect à quelqu'un de plus puissant que vous. J'espère qu'un jour vous vous retrouverez dans une maison aussi minable que celle-ci toute seule avec vos deux enfants et que vous n'y trouviez pas la vie meilleure que vous aviez désirée. » Sa voix s'étrangle, elle s'interrompt. Jill entend sa respiration, elle est forte, sans doute trop.

« La princesse miséricordieuse Cassidy » dit-elle beaucoup plus calmement, et sa voix est pleine de haine. « Je m'en souviendrai. » A l'étage résonnent des pleurs d'enfant, Emily s'est réveillée dans tout ce bruit, elle s'est retrouvée seule dans la chambre et elle est effrayée. « Voilà ce que je pense de vous » ajoute sa mère avant de cracher à terre, aux pieds de Cassidy. Une perverse pensée lui vient à l'esprit : Cassidy l'a tout de même sauvée des avances des ivrognes, non ? Mais Jill la chasse très vite, refusant dans sa fureur de s'y attarder. « Surtout, ne m'en gardez pas rancune » dit-elle ensuite, avant de sourire narquoisement à son tour – et ses yeux bruns sont remplis de violence.

Jill n'ordonne pas à Cassidy de partir. Elle attend. Les coups, le départ en silence, les insultes, les rires et sourires méchants, une troisième cigarette tendue. Dans ses bras, Charlie remue légèrement. Emily pleure toujours en haut.

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« N'aurait-on pas dit qu'elle avait demandé au ciel trente mille francs de rente et des égards ? »
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MessageSujet: Re: in a dark alley ; jill boly Ven 23 Oct - 1:59

» ft. Jill Boly

Elle se sentait comme une algue portée au gré des marées et des vagues, sans possibilités de choisir sa propre voie ni sa propre destinée. Elle se contentait de suivre les mouvements, se laissant guider par son environnement qui lui, dictait sa conduite. Tout comme l'homme s'était fait une raison de vivre, celle de la satisfaction malgré le travail acharné qui lui courberait l'échine ou celle du bonheur malgré les déceptions et les tristesses. Mais Cassidy n'avait rien pour elle, rien de tout cela. Pas même l'ombre de la sérénité pour égayer son cœur froid. Il n'y avait que des rappels, tout autour d'elle, de ce vide immense qui l'habitait. Tout lui rappelait qui elle était. Et ce n'était pas que son statut, celui qui l'érigeait au dessus des autres, non, c'était cette enveloppe dans laquelle ne subsistait ni plus ni moins un grand trou béat. Elle était tantôt rieuse, tantôt froide. Elle était spontanée, et avant même que les songes ne l'accaparent, la folie lui dictait ses gestes. Certes, elle avait beau sentir en elle poindre parfois cette compassion accablante envers son prochain, n'était-ce pas une réaction qu'avait déclenché ce monde à force de le côtoyer ?
Et tout comme Jill le disait, si elle avait véritablement désiré aider les personnes tels qu'eux, elle aurait probablement agi. Elle se serait battu contre ce système, elle aurait essayé par tous fins et moyens de procurer son aide aux autres. Elle avait abandonné son masque, semblait-il. Ou plutôt en avait-elle lâché un pour un autre, de meilleure convenance. Elle sentait toute cette animosité dirigé à son égard lui brûler l'épiderme de sa peau exposé à ce regard rempli de haine. On ne pouvait changer les bonnes habitudes. Détestable elle était. Sans cesse s'enchaînaient les regards de mépris et de dégoût. Alors elle se fendit d'un rire éclatant après avoir écouté la longue tirade de son interlocutrice.

Oh oui, si elle l'avait voulu, elle les aurait tous tué. Mais dans ce cas elle ne se serait pas arrêté à ceux-ci, elle aurait décimé autant qu'elle pouvait de l'île entière avant de tomber sur un adversaire capable de l'arrêter. Et elle était mère, mais pas de son propre sang. Et son enfant, aussi aimé pouvait-il être par la princesse, ne savait nullement tout le sang qui tâchait ses propres mains. Tout comme il ignorait n'être qu'un pion entre ses doigts habiles avant de connaître la vérité. Persuadé d'être libre, elle lui avait tout offert, et ainsi lui avait-elle construite une cage encore plus dure et impénétrable qu'une prison. Elle le savait, elle le savait à la perfection. Et même si elle ne dormait plus la nuit, ce forfait n'en n'était pas la raison principale. Et un jour elle serait déchue, probablement.
C'était le destin des princes et des princesses qui entouraient le Roi et la Reine. Tout comme ses frères, un par un, étaient tombés l'un après l'autre dans la disgrâce pour se faire renier avec force. Et si un jour un tel événement arrivait, elle serait finalement libéré de ses chaînes qui lui liaient poings et chevilles. Et si elle se faisait marquée, toute cette souffrance due à son pouvoir ne s'en irait-elle pas ? Ne trouverait-elle pas enfin cette paix qui n'avait jamais su trouver un chemin dans son cœur ? Elle ne sombrerait plus jamais dans la folie. Mais c'était là une pensée effrayante pour quelqu'un qui n'avait connu qu'un chemin tortueux où seul des châtiments siégeaient. Elle avait su trouver en elle un sadisme incomparable, un goût pour le sang. Et c'était la sa vie pour l'instant. Si jamais une opportunité comme celle d'un nouveau départ s'offrait à elle, elle la saisirait probablement, sans un regard pour le passé. Et elle vivrait comme aujourd'hui, sans le moindre regret.

En attendant, elle possédait toujours ce titre qui l'incombait. Elle n'avait nulle raison de changer sa routine dans laquelle elle s'était ancrée. Elle sentait que le présent était insipide, mais le vent soufflait un nouveau changement. Elle avait vu briller l'éclat de la révolte dans les yeux d'un ami, un ami puissant, un ami qui pourrait changer le destin de bien plus de monde qu'il n'y paraissait. Et les rouages tournaient doucement, et bientôt viendrait l'heure. Et Cassidy jouerait probablement son rôle. Pas celui qu'elle offrait aux autres : celle de la princesse que tout le monde rejetait et méprisait – mais il fallait bien en avoir un pour rehausser l'opinion publique du peuple à l'égard du couple royale. Elle pourrait offrir libération, contribuer à son échelle, et si ils n'arriveraient pas à se débarrasser de ce système pour de bon, si nulle rébellion ne venait à bout de cette dynastie, elle finirait enfin par être honorable dans la mort – puisqu'il lui était impossible dans sa vie. Sans qu'un seul mot ne se sache, détestée, elle accueillerait l'au-delà comme une vieille amie sans qu'aucune personne ne se souvienne d'elle, enfin délivrée.
Si la folie ne la rattrapait pas avant, si sa raison gagnait et que sa conscience ne se délitait pas entièrement pour s'abandonner à de douces promesses. Si elle ne finissait pas par se délecter de cette haine dirigée vers elle et si elle ne prenait nullement goût à ce pouvoir. Beaucoup de si, finalement. Mais elle n'avait pas oeuvré autant juste pour être le bras droit du roi. Ses desseins, sombres étaient ils, demeuraient flous. Parfois elle aimait ce confort dans lequel elle s'était installée, mais rien n'était éternel. Et surtout, rien en elle n'était raisonnable. Elle gardait en elle cette rancoeur froide et sourde, ce dégoût pour cette famille où ils étaient juste élevés comme du bétail. Un demi-sourire s'étira finalement sur ses lèvres, une fois que Jill eut terminé. Elle enviait parfois ceux capables de ressentir autant d'émotions et ceux qui pouvaient les laisser les submerger. Elle n'avait pas ce droit, alors elle se contenta d'un petit regard énigmatique qu'elle lui jeta, alors qu'elle se leva pour partir. Elle l'aimait bien, ce petit bout de femme qui se dressait contre elle. Juste avant de franchir la porte de la sortie, elle fit une pause et s'arrêta le temps de lui dire une dernière chose.

_ Jugez moi si vous le voulez.


Spoiler:
 


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in a dark alley ; jill boly

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