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Well... {Cassidy}

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Dragon


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MessageSujet: Well... {Cassidy} Lun 25 Mai - 22:42

Cassidy & Kaïnan
Il n'existe plus puissant alliage que le fil des rêves.


« …aïnan ? K… aïnan ? »

Ses paupières, lourdes, se rouvrir lentement à la mention de son nom. Le dragon ne savait guère ou il se trouvait et seule cette horrible odeur de fer, sanguine, qui lui collait au nez paraissait être assez sympathique pour lui tenir compagnie.  D’ailleurs, qui l’appelait ? Le voici à peine éveillé que, déjà, des centaines de questions l’assaillaient sans cesse aucune.

Et puis, il se mit à distinguer les couleurs, autour de lui. Elles étaient froides et l’effrayaient bien plus qu’elles ne lui apportaient un semblant de confiance. Et puis il y avait ce rouge. Partout. Tout autour de lui. Sur lui. Sa gorge se serra et il sentit son cœur s’accélérer. Le goût du sang dans sa bouche se fit plus affermi.

Oh, non. Il avait tué quelqu’un. Oui, il se souvenait maintenant.

Un individu avait tenté de s’en prendre à Cassidy et Kaïnan avait bondit, tel un fauve brutal, sans même se poser de questions. Il avait simplement oublié tout ce qui s’était passé entre le moment où il s’était interposé pour protéger la princesse et… maintenant.
Il se sentait pourtant partir en crise s’angoisse rien qu’en voyant ses paumes maculées de vermeil alors que le cadavre encore chaud gisant un peu plus loin, n’avait plus d’humain qu’une très vague ressemblance. La force brute du dragon avait ici été réveillée. Ce dernier le regrettait déjà.

Il y eut un moment de noirceur et puis…

Ses yeux s’ouvrir, de manière concrète cette fois, sur le plafond de sa chambre. La respiration galopante et le cœur partit sur la route d’un palpitant affolé, Kaïnan chercha avant tout à remettre de l’ordre dans ses pensées. Ah, il avait fait un mauvais rêve. Il put souffler de soulagement. Quelle peur il avait eu ! Ce n’avait été qu’une réminiscence d’un douloureux souvenir dont il se serait bien passé, pour tout dire.

Ceci étant dit, rassuré, l’homme dragon se leva de son lit, ouvrit la fenêtre et parti se laver afin de s’apprêter correctement avant de rejoindre Cassidy. Il devait être irréprochable et impeccable pour honorer la ligne de conduite qu’il s’était fixé lui-même il y a des années. C’est ainsi qu’il s’apprêta en tentant de gommer cette affreuse vision de son passé qu’il avait eu bien malgré lui. Il ne voulait plus jamais que ce genre de choses n’arrive.

Kaïnan exécrait la violence et se souvenir d’une chose pareille le faisait trembler de l’intérieur. Parfois, il se demandait même s’il n’avait pas pu faire une erreur de jugement. Peut-être que cet homme ne voulait pas réellement s’en prendre à la princesse ? Non. Il devait arrêter de se remettre en question à ce niveau-là. Il avait bien fait. Tout du moins, il tâchait de s’en convaincre.

Une fois apprêté correctement, Kaïnan refit son lit religieusement et sortit de sa pièce à vivre avant d’aller rejoindre la princesse qu’il servait depuis maintenant vingt-quatre années. Il demeurait toujours aussi fidèle qu’au premier jour. Venant poser un genou à terre, il dit : « Bonjour princesse, que puis-je faire pour vous servir aujourd’hui ? »

La docilité même.

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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Mar 26 Mai - 21:37

Elle était perdue dans les méandres de ses pensées, dans son bureau, tandis que la nuit s'écoulait doucement. Depuis combien de temps n'avait-elle pas dormi ? Le sommeil l'avait déserté, l'obscurité amenant sur son sillage nombre de tourments. Elle se fumait cigarette sur cigarette, le nombre de mégots dans son cendrier témoignant de sa nuit productive. Fort heureusement, elle n'avait désormais plus besoin de dormir autant qu'avant. Si bien qu'elle s’assoupissait pour quelques minutes à peine, pas plus d'une heure au maximum lorsque la lune était à son zénith. Si elle aimait les ténèbres dominant avec splendeur la vie, elle aimait davantage quitter sa résidence lorsque tout le monde était endormi. Le silence était un luxe, et personne n'était là pour la déranger. Lorsqu'elle quittait sa belle maison dorée, elle laissait chez elle tout ce qu'elle était. Dehors, elle n'était personne. Personne ne la reconnaissait sous son ample capuchon noir, sa cape touchant presque le sol. Et avec délice et volupté, elle errait à la recherche de proies, que ce soit dans les bas quartiers mal famés où elle trouvait toujours quelque cible ou dans un quartier plus modeste. Là, elle se mettait à l'ouvrage. Son mode de vie nécessitait une utilisation de son pouvoir constante, sinon il y avait longtemps qu'elle se serait écroulée de fatigue, malade.
Mais cette nuit, elle était restée là, devant son échiquier, à placer ses pions et à réfléchir au futur. Mais quel futur lui était réservé ? Elle avait appris que le destin était fourbe et traître, et qu'il n'hésiterait pas à se jouer d'elle. Sa vie que tout le monde lui enviait tant n'était que de la poudre aux yeux, qui menaçait de s'envoler à chaque instant. C'était pour cela qu'elle avait tenu à se rendre indispensable. Elle ne finirait pas comme ses frères, elle brillerait. Elle serait étincelante au grand jour, elle serait perfection. Et dans l'ombre elle œuvrerait à la destruction de ses codes sociaux qu'elle détestait tant. Elle ne pouvait se permettre aucun faux mouvement. Tout serait sagement calculé, tout serait bien huilé et les rouages, un par un, finiront par s'écrouler.

Le temps passait si vite, les secondes se suivaient et chaque jour passait l'un après l'autre. Cassidy semblait pourtant ne pas être affectée, elle avait fini par arrêter de vieillir, figée dans cette enveloppe charnelle jeune et vigoureuse. Elle garderait ce corps de vingt-cinq ans aussi longtemps qu'elle le pourrait. Elle avait vu le monde changer en une décennie sans que l'ombre d'une ride n’abîme son beau visage de poupée de porcelaine. Elle avait vu dans sa vie la destruction de ses proches, et l'univers se réduire en cendres. Le monde était laid, malade. Et l'humanité était un virus qui s'insinuait au plus profond des racines de la société, marquée à jamais. La jeune femme n'était que le reflet de cette contagion, ce mal sévissant. Si la raison n'était désormais plus qu'une limite floue et qu'elle se plaisait dans la folie, il y avait des objectifs que jamais elle ne perdrait de vue. Et des êtres auxquels elle tenait, qu'elle chérissait malgré tout.

_ Kaïnan ? Appela t-elle après avoir ouvert la fenêtre pour aérer la pièce enfumée.

La naissance du soleil apparaissait à l'horizon, le jour reprenait ses droits doucement sur les ténèbres. Encore la promesse d'une journée fade et insipide. Elle soupira, s'appuyant sur le rebord du balcon, fatiguée. Elle aurait bien besoin d'un regain d'énergie, là, mais sur qui utiliser son pouvoir ? Elle avait la matinée de libre, et cet après-midi elle devrait aller superviser l'entraînement des soldats. Entrant dans sa chambre, une domestique l'attendait. Elle lui laissa ses vêtements, pour aller prendre une douche rapidement. A sa sortie, sa domestique lui présenta une tenue et elle la renvoya sans dire un mot. Elle détestait le contact humain, avec les autres. Durant toute son enfance des serviteurs l'avaient habillé, selon le code, selon son statut, sans possibilité de dire son mot là-dessus. Désormais, elle était libre, libre de faire selon son bon vouloir.
Elle quitta sa chambre tandis que sa domestique l'attendait dehors, s'inclinant poliment. Avec un petit soupir, elle lui attrapa sa main, contact qui lui donna un frisson de dégoût. Elle utilisa qu'un énième de son pouvoir, tandis que la fatigue retombait sur les épaules de la pauvre femme, et que l'énergie regagna le corps de Cassidy. Avec un petit hochement de tête, la servante prit congé et s'en alla tandis que la jeune Fawkes se rendit de nouveau dans son bureau. Elle resta quelques minutes sur son balcon, à observer la fontaine du jardin avant que Kaïnan ne la rejoint. Devant ses manières, elle ne put réprimer un petit sourire. Elle l'avait élevé comme un fils, bien qu'il était un dragon offert aux humains pour préserver la paix. Elle trouvait cette idée affreuse, et monstrueuse. Mais dans ce monde, diriger la vie des autres semblaient n'être qu'une mauvaise habitude. Devant l'innocence, et la pureté de cet enfant, elle avait fini par s'attacher à cette petite chose, seule personne capable de l'attendrir autant. Elle lui fit signe de s'avancer et de la rejoindre, lui tendant la main pour qu'il puisse l'attraper.

_ Bien dormi, Kaïn ?
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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Jeu 28 Mai - 11:56

Cassidy & Kaïnan
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La simple présence de sa maîtresse suffisait à mettre du baume au cœur du dragon blanc. Ses peurs ? Envolées. Ses angoisses nocturnes ? Il n’y pensait alors plus un seul instant. La princesse possédait une aura qui, si elle effrayait autrui, n’avait sur son serviteur reptilien qu’un effet positif. Kaïnan idolâtrait cette femme, plus que n’importe qui d’autre au monde. Elle était un joyau sur lequel il se devait de veiller de son mieux. Pour une peu, les vieilles légendes prêtant aux dragons un amour démesuré pour le métal doré aurait presque pu être citées à titre de comparaison afin de définir leur relation ; à la fois complexe et si simpliste.

L’offrande vivante savait, pourtant, que certains de ses comparses dragoniques n’appréciaient guère le fait d’avoir été ‘donnés’ ainsi à la ville, obligés alors de servir un être humain. Bien malgré lui, Kaïnan ne parvenait pas à comprendre ce point de vue. Bien qu’il se sentait proche de ses camarades de par leurs origines semblables, le dragon ne savait guère saisir l’essentiel de leurs discours que, parfois, il allait même jusqu’à trouver insultant. En ce qui le concernait, Kaïnan était ravie d’appartenir à Cassidy. Qui sait ce qui aurait pu lui arriver dans la nature hostile et sauvage par-delà les murs d’enceinte de la cité humaine ?

Rien que d’y penser, l’immense homme sentit un frisson parcourir chaque parcelle de sa peau, chaque fibre de son corps. Oui, la vie à l’état primaire, sans chaine ou autre repère, l’effrayait sans doute presque autant que la vue du sang. Jamais Kaïnan ne s’imaginait pouvoir faire partie d’une chose pareille, si aride de joie à ses yeux, perles tatouées de la plus grande différence qui soit. Il voulait, pour toujours et à jamais, demeurer auprès de sa maîtresse. Elle était sa reine, l’ange gardien veillant sur son sommeil parfois agitée, la main tendre pour le rassurer et tant d’autres choses encore.

Kaïnan ne percevait en aucun cas la face cachée de la jeune femme et ne savait en aucun cas ce qui se dissimulait sous cette peau d’albâtre, tel le Phoenix sombre, dévoreur des innocents. Tout ce que le dragon voyait se résumait à l’aura de piété qui paraissait émaner d’elle sans le moindre effort, au même titre que la grâce qui la caractérisait si bien. Alors qu’il se redresse, l’odorat du dragon lui fit reconnaître une fragrance légère de cigarette. S’il ne fit nul commentaire à ce propos, il se sentit quelque peu coupable, pour des raisons que n’importe qui autre que lui aurait très certainement jugé stupide. Kaïnan n’y pouvait rien ; il fonctionnait ainsi. Sentir ce parfum, de texture récente, lui indiquait que sa maîtresse n’avait sans doute que peu dormi cette nuit, tandis que lui cauchemardait affreusement sur une erreur du passé.

Le dragon prit une grande inspiration, souriant tendrement envers sa mère. Ainsi, elle souhaitait la conversation ? Fort bien. Ce que Cassidy désirait, Cassidy l’obtenait : à chaque fois. Avec Kaïnan, en tout cas. Il ne pouvait rien lui refuser. De même qu’il ne pouvait lui mentir. Il aurait voulu, pourtant, lui épargner l’inutilité portée par le résumé de sa nuit si… fade, mais il ne le put. Car la princesse, plus que quiconque, avait ce regard qui, il le savait, perçait l’âme. Kaïnan ne désirait pas lui faire de mal en lui mentant. Surtout qu’elle l’aurait vu immédiatement. Il prit donc le partie de ne dire que la vérité vraie, peu importait si elle n’était guère attrayante. Mieux valait agir de la sorte que de se noyer soi-même sous des rouages de mensonges factices. Et puis, Cassidy avait toujours été honnête envers lui, n’est-ce pas ? Le dragon n’avait donc en aucun cas le droit de renverser une harmonie pareille après de si longues années à la servir sans regret.

« Hum… En toute franchise, je dois avouer qu’il me fut déjà par le passé donné de dormir d’une manière bien plus paisible que cette nuit. »

Il courba un peu l’échine, souriant à son surnom. Kaïn… Il aimait. Etrangement, cette coupure nominale le faisait se sentir aimée et important aux yeux de quelqu’un. En l’occurrence, aux yeux de sa maitresse, ce qui était pour lui la plus belle chose susceptible de lui arriver. La regardant de son œil bleu, non dissimulé par sa mèche claire, il osa lui retourner sa question.

« Puis-je avoir l’audace de vous demander la même chose ? »

Il était diligent dans ses paroles et respectueux dans ses formulations. Kaïnan ne tenait absolument pas à froisser la femme l’ayant élevée d’une manière ou d’une autre. Si elle ne tenait pas à lui répondre, il n’insisterait pas. I les contenterait d’être sage et tranquille, comme à l’accoutumée.


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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Ven 29 Mai - 1:04

Garder contenance, maintenir ce sourire fin qui retroussait ses lèvres. Cela lui était plus facile en présence de Kaïnan, plus aisé, plus véritable. Elle semblait même se flouer elle-même, si bien que quelques fois il ne lui paraissait ne plus feindre lorsqu'elle était en société. L'avoir à ses côtés était une chose positive, cela lui permettait de réveiller son cœur gelé, et presque en réparer les morceaux. Mais hélas ce qui était brisé l'était à jamais. Il n'y avait nul bonheur sur la voie qu'elle arpentait. Les prémices du futur semblaient si pales, si dérisoires, si froids. Elle profitait des derniers semblants de chaleur avant que tout ne s’effondre. Il y avait des vérités si laides, si abominables qu'il valait mieux que jamais elles ne ressortent au grand jour. Elle avait des secrets inavoués que nul être en ce monde ne pouvait même imaginer. Elle caressait pour desseins des monstres infâmes de cruauté, elle ne rêvait que de destruction. Fabriquée par cette société, elle en était devenue le fruit, née de la haine et se nourrissant de l'hypocrisie des hommes. Elle était loin de toute cette pureté incandescente de l'enfant candide qu'elle avait élevé. Pourtant, serment les avait liés, et Kaïnan la suivait plus que religieusement.
Tout ce qu'elle n'était pas, son contraire et son parfait opposé, il l'était. Elle était la couleur pourpre aux fragrances embaumées de flammes froides, il était la pure couleur blanche immaculée. Il la suivait aveuglément, était plein d’espérances et rempli de croyances alors qu'elle n'était désormais qu'un pantin froid qui mesurait chaque mouvement, calculait chaque avancée et ne voyait plus que le mal autour d'elle. Ces êtres que tout opposait, que tout différenciait vivaient ensemble, étaient réunis par un lien fort mais qui savait si cela ne les conduirait pas à les séparer de manière définitive ? Si Cassidy caressait l'espoir parfois de rester aux côtés de son dragon, si elle se plaisait dans l'idée réconfortante de le savoir toujours près d'elle, elle ne demeurait pas moins désireuse d'avant tout le protéger. Et sa protection signifiait qu'elle devait également le protéger d'elle-même. Mais le pourrait-elle ?

Elle souhaitait que jamais il ne lui arrive pareille chose qu'à elle. Voir le monde s'effondrer, voir tout n'être que des cendres factices, une utopie façonnée, esquissée parfaitement à la plume, tout n'était que mensonges et ruses. Et il ne valait mieux ne jamais voir ce côté là, ne jamais posséder cette vision des choses. Il n'y avait pas de chemin de retour.
Par tendresse, par amour pour lui, elle avait tout fait pour le préserver de ce monde. Si bien que malgré son statut de princesse, elle avait évité qu'il ne devienne le sujet de convoitises d'autres nobles pour son pouvoir – cela ne s'avéra toutefois pas nécessaire vu le contre-coup de l'acide, ou qu'il ne soit l'objet de leur mépris. Elle avait été ferme là-dessus, et quiconque s'en était pris à lui l'avait appris de la manière forte. Elle se souvenait avoir sermonné nombre d'enfants qui le maltraitaient dans son enfance, afin qu'ils soient aimables et gentils avec lui. Elle lui avait appris tout ce qu'elle savait, lui avait fait son éducation dans de nombreux domaines et inculqué son savoir. Pourtant, il ne semblait pas désireux de se débarrasser de l'étiquette, même lorsqu'ils étaient seuls. Le voir à genoux devant elle lui faisait toujours un pincement au cœur. Il était probablement le seul pour qui elle avait de la peine ainsi, pour qui elle avait tant de préoccupations. Elle détestait les humains, elle leur portait de la haine pure et n'avait que du mépris pour ceux qui courbaient l'échine devant elle, pour ceux qui se confondaient en politesse et compliments. Il était l'exception. Mais ainsi les rouages étaient tissés, et les règles fixés, et Kaïnan suivait l'étiquette à la lettre. Et elle ne l'appréciait que davantage pour suivre et aimer un monstre comme elle.

_ Puis-je avoir l’audace de vous demander la même chose ?

Elle haussa un sourcil presque désapprobateur. Elle avait connaissance de la cause des hantises de ces nuits. Et cela ne révélait que davantage la pureté, le cœur de ce dragon si gentil et si doux. Mais les choses étaient ainsi. La réalité était bien cruelle. Et la vie l'avait amené à tuer, à ôter la vie pour la protection de la jeune femme. Cela le hantait toutes les nuits. Et cela rongeait la conscience déjà bien abîmée de Cassidy. C'était pour cette raison qu'elle gardait certains secrets. C'était pour ne pas détruire cet être si naïf et innocent. Et c'était pour que sa réalité ne soit pas réduite en lambeaux, déchirée, le laissant désabusée et détruit. Elle avait tendance à trop le protéger, à trop tenir à lui, et un jour cet amour lui coûterait cher. Pouvait-elle le réduire à un nombre, ne voir en lui qu'un pion de plus sur l'échiquier ? Elle soupira doucement. Elle avait des raisons. Et il y avait la folie qui se propageait doucement en son être. Il ne comprendrait probablement pas, et elle ne pourrait pas l'amener à l'accompagner dans sa douce vendetta, un chemin épineux serti de chutes, ou seules des blessures s'ajouteraient aux dernières. Surtout qu'elle ne voulait pas qu'il change. Elle était habituée à la solitude, à se tenir sur ce chemin tel un fantôme entourée de brumes glacées. Le silence, le froid, nulle chaleur. Telle était sa vie.

_ Je n'ai pas pu dormir cette nuit. Impossible de fermer les yeux.

Les migraines étaient de plus en plus abominables. La récurrence, l'atrocité, son cas semblait empiré. Il n'y avait que la froideur de la nuit, les cigarettes et de longues réflexions pour l'apaiser, aussi peu que cela se pouvait. Elle ne put réprimer un petit sourire, presque contrit, surtout pour faire paraître la chose moins importante qu'elle n'était. Et surtout, car c'était désormais une vieille habitude. Ses insomnies la hantaient depuis des années, et les migraines avaient débuté depuis sa tendre enfance. Que voulez-vous. Le destin d'une Fawkes, une longue vie de souffrances.
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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Dim 7 Juin - 12:46

Cassidy & Kaïnan
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La vie n’est autre qu’une succession de nœuds, de fils entrelacés les uns aux autres sur l’immensité de la tapisserie ou tissée est la destinée. Nul ne peut y échapper, nul ne peut contrer les projets de cette vile entité, prenant plaisir à se jouer de ses pions, de leurs espérances et de leurs envies plus ou moins cauchemardesques afin d’agrémenter son échiquier. Même en coupant soi-même les liens nous unissant inéluctablement à certaines personnes de notre entourage, il n’était pas toujours assuré que nos desseins ne pourrissent pas dans l’œuf, bien avant même d’avoir éclos. Tristesse, injustice ou coup du sort, les termes étaient bien nombreux pour désigner une pareille désillusion finale, si amère que même l’acide d’un dragon aurait aisément été perçu comme un doux nectar de nymphe en comparaison.

Kaïnan, lui, demeurait bien loin de telles réflexions. A ses yeux, la société humaine était certes quelque peu défaillante sur certains points, mais restait une globalité splendide, qu’il n’échangerait pour rien au monde. Il avait grandi dans cette globalité riche en surprises aux mille et une couleurs, dans cet univers humain qui l’avait élevé et choyé depuis sa sortie de l’œuf. Le dragon ne voyait pas les mauvais côtés de sa patrie d’accueil. Jamais, ô grand jamais il n’avait soupçonné quelque chose chez sa maîtresse ou qui que ce soit d’autre. Pourtant, les partisans de l’opposition aux Fawkes étaient sans doute nombreux au creux des reins chauds du palais royal, mais la créature aux apparats céleste restait aveugle à leur présence.

L’amour qu’il portait à Cassidy le rendait imperméable à toute possibilité d’envisager les choses sous un angle autre que le sien, présentement. Il s’agissait là d’une résultante aussi dangereuse que salvatrice pour le cracheur d’acide, qui se tenait au milieu d’une joute dont il ignorait tout. La seule chose qui l’importait était le bonheur de sa maîtresse, sa douce et tendre camarade qui fut toujours là pour lui, l’élevant tantôt comme une sœur ainée, tantôt comme une mère aimante. Voici le portrait dépeint par les sentiments du dragon ; un enchevêtrement de fausses textures, de couleurs viciées. Pourtant, il faisait le choix que cela lui convienne, très certainement de façon inconsciente. Il ne vivait et ne respirait que pour servir et plaire à la princesse qu’il suivait depuis plus de deux décennies, maintenant.

A la mention de la mauvaise nuit passée, Kaïnan ne peut s’empêcher de se mordre l’intérieur de la joue. Il aurait dû se lever pour aller la voir, très certainement. Cet homme dragon était spécialiste dans le domaine de se rejeter constamment la faute sur le dos, parfois de manière justifiée et parfois non. Le fait est que sa vie tournait et s’articulait grandement autour de Cassidy ; aussi, la savoir mal où indisposée le mettait également dans l’embarras. Finalement, ne tenant plus, Kaïnan s’approcha de sa mère de substitution et lui adressa une parole chaleureuse – ou, tout du moins, qui se voulait l’être – tout en la dominant de son mètre quatre-vingt-dix.

« Est-ce qu’il y a quelque chose que je puisse faire pour que la situation s’améliore, ne serait-ce qu’un peu ? »

Kaïnan était prêt à tout pour faire sourire Cassidy. Oui, absolument tout, même des choses dont il ignorait jusqu’à l’existence, sans doute. Plus jeune, déjà, lorsqu’il n’avait pas encore atteint les dix ans, il n’était pas rare de le voir vêtu d’un accoutrement de clown et de faire des myriades de pirouettes – pas toujours bien réceptionnées, d’ailleurs – pour faire sourire la princesse. Car elle était le centre de son univers, à l’image de la rose qu’il fallait à tout prix protégée du monde extérieur et de la potentielle mauvaise influence que ce dernier pouvait avoir sur la belle plante. Kaïnan ne réalisait tout simplement pas qu’il protégeait de toute la force de son âme l’un des pires dangers que ce monde humain n’ait jamais porté. L’amour rend aveugle et le dicton s’appliquait alors parfaitement à ce cas de figure.

« Je suis désolé de ne pas être venu cette nuit. »

Car malgré tout, il songeait que s’excuser pourrait peut-être arranger les faits. Naïveté.



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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Mar 16 Juin - 0:04

Il était des fausses parures faites d'illusions, il était des habits factices aux liens si bien entrelacés que la vérité était dissimulée à la vue de tous, il était également des masques humbles et impénétrables que nul regard ne saurait percer. Tout comme il était des monstres dans chaque humain, tout comme l'apparence angélique pouvait cacher en son sein un être démoniaque submergé de noirceur. Il subsistait cependant des personnes que nul apparat ne saurait tromper. Cassidy faisait partie de ses personnes que nulle subterfuge ne saurait avoir. Son regard perçait les mensonges, arrachait les illusions et plongeait au plus profond de l'âme pour y dénicher les plus sombres secrets. Il lui suffisait d'un seul regard pour trouver la plus sombre peur qui vous tétanisait, la plus terrible qui grouillait paisiblement et sommeillait au fond des méandres de l'oubli, vous retournant vos entrailles à chaque sursaut, à chaque soupir, à chaque moment que vous vous laissez tenter et baissez votre garde.
Sa vison démentait toute mascarade, toute apparence, que celle-ci soit parfaitement construite et habilement tissée. Toute subtilité n'avait guère de poids, elle était devenue maîtresse dans ce domaine pour analyser aussi bien comportement que lire le cœur des hommes. Et de fil en aiguille, elle avait fini par bâtir sa propre image ne comportant aucune imperfection, l'armure imparable que nul autre individu qu'elle ne pouvait voir. Parfois même, se laissait-elle aveugler par son propre jeu, et il lui arrivait d'oublier qui elle était vraiment. Elle se perdait dans les abysses si bien dessinés de son rôle, qui maintenant n'était plus qu'une habitude. Tous ses réflexes et ses automatismes étaient calqués sur un schéma de perfection. Car c'était là la réelle différence d'une véritable calculatrice, et l'habit d'une menteuse : elle se trompait elle-même.

Caressait-elle parfois la somptueuse sensation de vivre telle qu'elle vivait. Sentait-elle désormais l'amour habiter chaque pore de sa peau d'albâtre ? Elle ressentait même vibrer dans ses fines veines ces émotions chaleureuses et traîtresses, ce qui faisait d'un humain un être faible. Son enfance volée en éclat, son humanité lentement cisaillé, détruite en d’innombrables pièces, elle avait récupéré les morceaux manquants pour construire cette princesse au cœur d'or. Elle avait offert à ses proches une vie dans laquelle ils pouvaient aspirer à leur propre bonheur, à une douce chaleur qu'elle même ne saurait jamais atteindre. Si certains sentiments, désirs n'étaient pas que purs mensonges, il n'en demeurait pas moins que la vérité était ainsi : elle était un monstre.
Monstre car elle se dissimulait, cachée des yeux de tous, et que pas même ses plus proches amis, pas même celui qu'elle considérait son enfant n'avait la moindre idée de ce qui l'habitait en son sein. Elle était ce virus insidieux, implantée dans cette société. Elle était cet autre être qui survivait au sein d'une communauté, se mêlait aux hommes sans pourtant avoir la moindre ressemblance avec eux. Elle n'était qu'une coquille brisée, laissant juste un corps froid n'ayant que la chaleur du sang qui battait dans son cœur. Pourtant, elle souriait avec éclat. Elle avait cette aura bienséante qui l'entourait, tout comme cette volonté sauvage qui brillait dans ses yeux rouges sang. Elle semblait muée d'une volonté extraordinaire qui l'amenait à être plus humaine, à épauler les autres, faire ce qui lui semblait le plus juste. Mais n'était-elle pas juste vide et creuse au fond d'elle-même ?

_ Est-ce qu’il y a quelque chose que je puisse faire pour que la situation s’améliore, ne serait-ce qu’un peu ?

Son cœur se tintait parfois de mélancolie. Elle ressentait la détresse de Kaïnan, elle effleurait son épiderme et saisissait son esprit avec vivacité. Sa souffrance était également sienne. Elle partageait son fardeau. Son cœur pleurait ses peines. Mais ne se trompait-elle pas elle-même ? Nul n'aurait su le dire. L'inquiétude de son enfant pour sa mère la rendait presque heureuse. Elle se sentait fière de cet enfant, et triste à la fois d'être la raison de quelques tourments. Sa volonté de la protéger était noble, mais avant tout, Cassidy se devait de le protéger. Et pour cela, la jeune femme redevenait ce monstre froid et inhumain parfois. Malgré les connaissances d'autant d'amour pour elle, elle était piégée. Cette illusion dans laquelle elle l'avait bercé ne devrait jamais se briser.
Mais si c'était le cas, que ressentirait-elle ? Les restes brisés laissés et abandonnés en elle en ressentiraient-ils les dommages ou ne finirait-elle pas par consentir à cette peine, trop blasée et trop atteinte par une souffrance déjà sienne ? Des questions, tant de questions qui demeuraient sans réponses. Son amour pour cet enfant était-il profond et sincère ou bien encore bâti sur une chimère dérisoire ? La jeune femme croyait en la pureté de ce sentiment, pourtant. Même les monstres pouvaient ressentir des choses, et il restait quelques débris de l'humaine qu'elle avait été autrefois. Son désir de protection n'en était-il pas la preuve ?

_ Je suis désolé de ne pas être venu cette nuit.

La vie, comme les sentiments, étaient éphémères. C'était là la beauté fugace de l'instant présent. Il s'agissait de moments précieux à chérir à l'instant présent, tant qu'ils étaient encore présents. Même si elle voulait préserver tant d'innocence, tant de douceur, l'avenir ne réservait pas que de belles surprises. Ainsi, elle souhaitait juste profiter de la présence de Kaïnan, encore un peu avant que la réalité ne l'arrache de son emprise.
Elle lui adressa un petit sourire réconfortant. Ce n'était pas à lui de soucier d'elle. Il n'y avait désormais plus matière à s’inquiéter chez Cassidy, qui avait déjà tout perdu. C'était elle qui s'inquiétait pour ce dragon, pour sa gentillesse qui en ce moment semblait dérisoire. Elle l'avait protégé pendant longtemps du monde, mais jamais elle ne pourrait être éternellement présente à ses côtés pour le protéger. Bien que son pouvoir lui permettait de gagner du temps, il viendrait un temps où elle s'éteindra. Peut-être même se fera t-elle marquer et tombera t-elle à son tour. Mais avant, elle avait un but à atteindre.

_ Ne t'en fais pas, Kaïn, dit-elle doucement. Te savoir près de moi est le plus réconfortant. Sois heureux, et je le serais aussi.

Elle se fendit en un petit sourire, tandis qu'elle attrapa avec maladresse sa main chaude qu'elle serra contre la sienne, presque froide.
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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Sam 20 Juin - 12:57

Cassidy & Kaïnan
Il n'existe plus puissant alliage que le fil des rêves.

Il y avait tant et tant de teintes et de facettes pour caractériser un esprit purement humain que Kaïnan, bien que dévoué, ne pourrait très certainement jamais les comprendre totalement. Même en essayant, l’intelligente créature serait probablement trop… créature d’écailles pour pouvoir un jour effleurer du bout des doigts et des griffes l’exactitude humaine. Cette chose n’était que variante sur un panneau glissant, chose imprenable, imperceptible à moins d’être soit même un individu fragile, un humain. Seulement, en dépit de ses efforts pour s’intégrer à la société et malgré son apparence bipède qu’il ne quittait jamais par peur de bien trop de choses, le Lillangen reste et resterait à tout jamais ce qu’il craignait le plus après la perte de sa maitresse en ce bas monde : un dragon.

Ou plutôt, il était terrorisé par l’idée de la nature sauvage et indomptable qui se dresserait devant lui une fois que Cassidy ne serait plus là pour le protéger. Certes, un Reion suprême possédant un dragon voyant son espérance de vie augmenter d’un demi-siècle, en accord avec le serment passé avec le reptile… Mais les faits étaient là et ceci ne serait guère une solution viable sur le long terme. Kaïnan le savait, d’ici deux siècles, il serait condamné à la solitude. Ne se voyant guère jurer allégeance à quelqu’un d’autre, sa seule alternative était donc de s’exiler loin de la vie humaine, dans les montagnes de l’île ou des dizaines de congénères l’attendraient très certainement de pied – ou patte – ferme. Le cauchemar du reptilien, en somme.

Il était définitivement bien trop dépendant de Cassidy, comme un enfant d’une mère. Qu’y pouvait-il si percevoir la princesse sous un autre jour lui était impossible ? Couper le cordon n’était pas une option envisageable à ce stade, Kaïnan vivait mal la simple pensée de cette étape qui lui serait pourtant obligatoire d’endurer un jour ou l’autre. Alors, déglutissant non sans peine, la créature dragonique décida finalement de n’obéir qu’a son instinct primaire le plus puissant, se fichant presque de devoir subir une conséquence, une punition par la suite. Il savait bien qu’il l’aurait mérité, de toute manière, si telle chose devait arrivée. C’est pour cela que, faisant rouler ses épaules, il s’approcha de Cassidy et la serra dans ses bras, la ramenant contre lui, comme s’ils ne s’étaient plus vu depuis des années au moins. A défaut de pouvoir la réconforter clairement par les mots – Kaïnan sentait qu’il était en train de faillir à sa tâche -, l’homme dragon s’était dit que, peut-être, une embrassade chaleureuse serait à même de réchauffer ce cœur ont il avait si peur de s’éloigner, de peur de le perdre totalement de vue par la suite.

« Je ne veux pas te quitter, jamais…. Mère… »

Sa frimousse, rouge à cet aveu qui, pourtant, n’était pas un secret le moins du monde, vint trouver refuge dans l’épaisse chevelure noire de sa maîtresse. Malgré son côté précieux, Kaïnan tolérait parfaitement bien la présence de sa mère de substitution, celle qui l’avait élevé, celle qui l’avait toujours protégé de tout, celle qui n’avait pas ri lorsqu’au sortir de l’œuf il s’était prit les pattes les unes dans les autres avant de s’étaler par terre…. Celle qui avait tant et faisait encore tant pour lui. C’est aussi ces amalgames de souvenirs qui muselait Kaïnan sans même qu’il ne le voit ou ne le sente. Les œillères qu’il avait plaquées sur son propre regard étaient à la fois une défense contre une vérité aussi tranchante qu’acide mais aussi un catalyseur pour son amour très filiale envers Cassidy. Il n’aurait souhaité s’en défaire pour rien au monde. Il sourit tout de même, ravi de sa proximité soudaine avec sa maîtresse.

« Je peux chanter… si tu le souhaites. Ce que tu veux ! »

L’idée lui était venue comme un éclair, une présence d’esprit rare. Il adorait chanter – chose qui lui avait manqué, récemment – et appréciait d’autant plus de pouvoir faire sourire avec ses vocalises dont on lui faisait bien souvent éloges par la suite. Kaïnan connaissait ce rare talent de sa personne, quelque chose que, pour une fois, il ne rejetait point lorsqu’on le complimentait à ce propos. Voici pourquoi, très certainement, il souhaitait le mettre à profit pour la personne qu’il estimait le plus sur cette terre. Et qu’importe pour ce colosse d’un mètre quatre-vingt-dix de devoir se plier pour enlacer sa maîtresse auparavant.

Le bien-être de Cassidy passait largement avant le sien et le dragon était réellement près à faire n’importe quoi pour la voir sourire franchement, pour sentir l’amusement sur son faciès de poupée éternelle ; celui-là même qu’il vit à sa naissance. Il avait bien sûr un peu honte d’avoir agi de manière si cavalière, mais les dés étaient jetés, à présent. Une seule règle dominait encore l’instant présent : Alea Jacta Es.




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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Lun 29 Juin - 22:28

La réalité était facétieuse. En effet, ce qui était une vérité immuable pour des personnes n'était en aucun cas une certitude pour d'autres. D'autant plus que le mensonge semblait être la matière sur laquelle se tissait l'essence même de l'humanité. De toute sa vie Cassidy n'avait connu que les contrées de cette île. La même règle s'appliquait pour tous, elle-même ne pouvait s'échapper de cette prison. Parfois, il lui arrivait de se demander comment pouvait être le monde, ailleurs, là où se dessinait l'horizon au loin de l'océan. Sans jamais pouvoir extirper le moindre semblant de réponse. Elle était attachée à cet endroit, ancrée dans ce système par son statut. Là où elle caressait l'amour et l'affection du bout de ses fins doigts. Méritait-elle cet amour aveugle ? Supposons que chaque être a le droit d'accéder à une part de bonheur, qu'importe ce qu'il était.
Elle voyait cependant davantage la relation qui la liait à Kaïnan comme un rappel muet de ce qu'elle était. Chaque moment, chaque seconde comptée aux côtés du jeune dragon lui faisait penser à ses péchés. Elle n'avait pas le droit d'apprécier ces instants idylliques, tout comme cette amour ne devrait lui incomber. Mais qui a dit qu'il existait une forme de justice en ce monde ? Elle-même, par conscience de la maigre et fine séparation entre ce qui faisait d'elle un monstre, n'arrivait pas à profiter pleinement d'une sensation de légèreté en ces situations. Elle avait beau essayé de se jeter corps et âme dans cet amour qu'elle ressentait, la part d'ombre en elle était bien trop omniprésente pour qu'elle ne s’efface. Planant dans ses songes, la définissant, elle n'avait plus que ce désir muet, cet instinct de protection que l'on pourrait appeler maternel.

_ Je ne veux pas te quitter, jamais…. Mère…

L'ombre d'un sourire passa sur son visage que l'expression de marbre avait rapidement fait ici sa place de souveraine. Elle ressentait ce pincement au cœur, qui la chavirait sans raison. Le monde n'était-il pas fait de calculs froids et indolores ? Elle qui s'était réduite elle-même en ce pantin froid se retrouvait faible face à cet être noble que nul péché ne corrompait. Quand elle reçut son étreinte, la chaleur du corps du dragon s'empara du sien, si froid en comparaison. Elle ne voulait pas tâcher, elle ne voulait pas souiller cet ange que les cieux lui avaient donné. Cependant, c'était une promesse qu'elle ne pourrait jamais faire, car elle ne saurait probablement pas la tenir.
Alors elle embrassa de ses bras le corps presque frêle de Kaïnan, si chétif entre ses doigts. Il semblait si fragile et sur le point de se briser, pourtant elle ne put s'empêcher par réflexe de le serrer encore plus fort de sa forte poigne. Car il était sa lumière, dans un monde où sévissait l'obscurité. Il était le jour dans la nuit sombre qu'était la vie. Il lui arrachait le sourire alors que tout lui donnait envie de mourir, il était capable de la faire rire alors qu'elle ne ressentait que de la rage. Il était son remède à la vie, il était pourtant poison, frein à ses objectifs mais n'avait-elle pas droit de répondre à un de ses désirs ? Elle avait besoin de lui.

_ Je peux chanter… si tu le souhaites. Ce que tu veux !

Ce n'était pas une mauvaise idée effectivement. Si le ciel lui avait offert cet enfant à chérir, le ciel avait également offert à cet être un don pour le chant. Elle se souvenait encore de ses premiers mots, lorsqu'il n'était encore qu'un jeune dragon. Puis, peu après il avait découvert le chant, là où il avait brillé à ses yeux telle une étoile qui éclairait la voie sombre qu'elle arpentait. Glissant alors ses mains dans ses cheveux d'une blancheur écarlate, elle le toisa de son regard bienveillant qu'elle n'adressait qu'à lui. Il avait grandi si rapidement, et maintenant il la dépassait. Elle n'était pas de petite taille, mais à ses côtés elle paraissait complètement déphasée. Alors elle lui adressa un accord implicite, un petit sourire retroussant ses lèvres. Et elle s'empara de sa main, tandis qu'elle s'adossa contre le balcon.

_ Fais moi oublier.

La vie, la misère, le tableau douloureux de ce monde. Elle avait besoin de noyer ses pensées dans les abysses de l'oubli. Là où elle ne pourrait plus sentir, là où rien ne saurait l'atteindre. Même si ce n'était qu'un instant fugace, à peine quelques secondes où aucune pensée n'assombrissait son esprit. Elle voulait oublier. Tout oublier. A la fois ses objectifs et ses méfaits. Tout la rongeait, jusqu'à la faire sombrer dans la folie. Elle avait besoin d'ignorer ce qu'elle était et effacer de son esprit la pensée que ces moments pouvaient être les derniers à ses côtés.
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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Mer 22 Juil - 15:01

Cassidy & Kaïnan
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Sitôt que Kaïnan se retrouvait auprès de Cassidy, rien d’autres n’aurait su compter à ses yeux. A l’instar d’un jeune prédateur resté toute sa vie avec sa mère, le dragon partageait avec la princesse un lien incassable, un sevrage impossible. Il n’imaginait pas une seconde sa vie sans cette dernière après tout ce qu’elle avait fait pour lui et plus encore. Un frisson d’apaisement le parcouru sitôt qu’il ressentit l’étreinte des bras de sa maîtresse autour de lui. Si la belle dame éprouvait une répulsion pour le don d’œuf dont Kaïnan était issu – bien qu’il n’en sache rien -, pour le reptile, c’était un cadeau des cieux. Il se complaisait dans cette situation. Nul ne saurait dire ce qu’il serait advenu de lui s’il était né en milieu sauvage, hostile. Peut-être aurait-il été bien différent ou peut-être aurait-il succombé en face de la poigne des lois du plus fort. Ainsi va la vie et son lot de mystère. Comme quoi, un simple changement sur la courbe du destin peut influencer une existence bien plus qu’on ne le croit.

Il réfléchit silencieusement à la chanson qu’il pourrait entonner à la suite de sa proposition, bien vite accepté par Cassidy. Kaïnan recherche quelque chose de doux, de sucré pour l’âme ; un arôme qui apaise les craintes et les doutes, ne serait-ce que pour un instant. Il veut donner à sa maîtresse, l’être qu’il chérit le plus au monde, la possibilité de penser à quelque chose de nouveau. Un cadeau, certes intangible, mais qui peut avoir son impact si offert à la bonne personne. Une fois qu’il eut trouvé ce qu’il recherchait, lentement, le dragon s’éloigna – à regret- de sa mère de substitution, l’invitant à s’installer comme elle le souhaitait. Lui restait debout, préparant ses cordes vocales. Comme  à chaque fois, il avait un peu peur de lui donner une performance médiocre.

Cependant, respirant un grand coup, il prit son courage à deux mains et commença à entonner les premières notes d’une chanson récitée dans une langue particulière. Il ne la parlait pas vraiment mais avait parfois entendu, pendant de rares nuits calmes lorsqu’il était adossé à son balcon sans parvenir à dormir, des chants de dragons, perdus dans la lointain. Son ouïe étant plus développée que celle des humains dit ‘lambda’, il avait donc pu en capter une partie de l’essence et la retranscrivait alors avec son propre rythme, sans réellement savoir la signification des mots employés. Peut-être était-ce une malédiction, une suite d’injures, mais dans la bouche de Kaïnan, le tout prenait une tournure douce, un flot de sensations rythmées et positives, dont il espérait contaminer sa maîtresse, pour lui rendre le sourire.

Sans même s’en rendre compte lui-même, au plus il laissait les notes de musique s’évader de ses lèvres, au plus il bougeait sur place. Les yeux fermés, Kaïnan laissait son art prendre totalement possession de lui. Sa transe volontaire lui plaisait, il se sentait étrangement libre, sûr de lui et près à supporter le poids du monde sur ses épaules s’il avait fallu que ce soit le cas. En clair, le dragon revêtait une apparence étrangement différente de celle d’ordinaire. Il variait les tons pour s’accorder à des pas de danse joyeux et paraissait presque briller de par son relâchement. Un sourire avait étiré ses lèvres.

« Kaku-yuugou-ro nisa
Tobi-konde mitai to omou
Massao na hikari tsutsumarete kirei
Kaku-yuugou-ro nisa
Tobi-konde mitara soshitara
Subete ga yurusareru youna kiga shite »


Bien entendu,  le résultat aurait sans doute été encore plus beau à l’écoute si Kaïnan avait pu être accompagné par des musiciens, mais pour l’heure, le rendu était suffisamment porteur de sentiments en tout genre pour que l’on occulte assez aisément l’absence d’instrument quelconque. La voix de Kaïnan, part moment, paraissait vouloir d’instinct combler le manque, tirant vers de multiples déclinaisons musicales.

Il continua sa chanson durant plusieurs minutes, comme hors du temps lui-même, allant même jusqu’à improviser des paroles et des rimes de manières aléatoires par la suite, afin de ne pas terminer trop tôt sa tâche si particulière – et à laquelle il attachait tant d’importance. Puis, lorsqu’il en eut enfin terminé, il souffla de manière audible, reprenant par la suite un rythme respiratoire digne de ce nom. S’inclinant vers sa maîtresse, il se redressa non sans lui offrir un énième sourire solaire.

« Je… J’espère que mon chant auras su te plaire, mère. Si tu le désires, je peux en commencer un autre ! Et si tu en souhaites un en particulier, je jure de tout faire pour lui rendre justice le plus possible. »

Une main posée au niveau du cœur, Kaïnan faisait alors une promesse solennelle. Oui, il aurait réellement fait n’importe quoi pour Cassidy. Elle était sa raison de vivre, sa raison d’être. Sa vie entière tournait autour de la princesse. Une bonne chose ? Difficile à dire.




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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Sam 25 Juil - 23:23

Elle était de loin la plus horrible des créatures. Pourquoi une créature ? Tout simplement car un être telle qu'elle l'était ne méritait même pas la désignation commune d'« être humain ». Elle avait il y a longtemps abandonné ce statut pour le serpent rampant qu'elle était devenue, silencieuse et sévissant dans son environnement pour se cacher, attendant le moment propice pour vous sauter à la gorge et y planter ses crocs.
Elle écoutait Kaïnan chanter, avec - autant que cela se pouvait – les yeux emplis de tendresse pour cet être qu'elle avait élevé. Si quelqu'un pouvait être spectateur de cette scène et entendait les songes de Cassidy, il se serait probablement demandé si cet amour pour cet être n'était pas la preuve d'un égocentrisme surdimensionné. En effet, il était aisé de se demander si elle ne l'avait pas élevé pour être en retour adorée. Mais elle l'avait éduqué, elle lui avait appris tout ce qu'elle connaissait pour qu'il soit capable de prendre son envol un jour. Seulement, il semblait s'être attachée à elle plus qu'il n'était souhaitable. Toutefois, elle ne pouvait se résoudre à se défaire de ce lien qui les unissait tous deux. Un jour la vérité il saurait. Pour le meilleur et pour le pire. Chaque fois qu'elle le voyait, elle pensait à ce futur qui ne manquerait pas d'arriver, probablement. Lui donnant un air presque triste à ses traits qu'elle appliquait pourtant à rendre impassibles.

Elle essaya de se concentrer sur la voix de Kaïnan, sur le chant mélodieux qui s'élevait, sur les paroles qui lui étaient incompréhensibles mais aux douces sonorités. Parfois elle se demandait si il n'était pas pour le mieux que jamais il ne découvre l'odieuse vérité. Il lui arrivait parfois de songer à un avenir commun, ou leurs destins seraient entre-liés non pas dans le mensonge et la haine mais dans l'amour. Mais ses pensées n'étaient pas réconfortantes, elles ne faisaient que la faire souffrir davantage, la confortant dans son rôle de méchante dans l'histoire. Elle était un loup solitaire, destinée à la solitude éternelle, sans jamais aucun autre compagnon que les voix doucereuses qui soufflaient à son oreille. Ah, douce amie qu'était la folie. Elle l'accompagnerait dans ses péchés.
Evidemment, la plupart des choses étaient éphémères, surtout les choses futiles tels que les sentiments. Ces moments ou elle effleurait presque la sensation de bonheur étaient là pour lui rappeler que ce n'était certainement pas pour elle. A peine avait-elle l'impression d'atteindre ce stade de plénitude, la réalité la rattrapait. C'était son monde et il était ainsi. Crée sur de fausses illusions et de faux semblants.

_ Je… J’espère que mon chant auras su te plaire, mère. Si tu le désires, je peux en commencer un autre ! Et si tu en souhaites un en particulier, je jure de tout faire pour lui rendre justice le plus possible.

Elle avait parfois envie de tout saccager. Pourquoi avait-il fallu que les cieux lui envoient cet être si pur, si innocent ? Tout les opposait. Il était plein de générosité et d'amour. Tellement que des fois elle s'en voulait de trouver ça écœurant. Mais son dégoût n'était pas dirigé envers son dragon, il était envers elle-même. Elle avait envie de lui chuchoter de fuir, fuir pendant qu'il était encore temps. Mais elle ne pouvait s'y résoudre. Elle ne voulait ni lui briser ses rêves, ni ses croyances, mais surtout elle ne voulait pas qu'il quitte ses côtés. Pourquoi pouvait-il jurer aussi facilement ? Elle qui ne voyait que dans les promesses des mensonges éhontés. Elle caressait parfois l'envie d'en finir. Lui ôter la vie ne lui épargnerait-il pas toutes ses souffrances ?
Elle était peut-être égoïste, finalement. Elle savait que plus les années allaient s'accumuler, plus la vérité n'en serait que plus dure à entendre. Parfois elle aspirait à ce qu'il la comprenne, n'était-il pas son enfant bienveillant qui désirait partager ses maux ? Peut-être arriverait-il à comprendre ses tourments. Peut-être. Cela faisait beaucoup de « peut-être ». Ce dont elle était sûre, c'est qu'elle ne pourrait pas le protéger du même destin qu'elle, celui de voir tout s'effondrer et s'écrouler. Elle ne pouvait que l'aimer, encore et toujours, en espérant que ses souvenirs de ses sentiments puissent l'atteindre malgré les épreuves qu'ils auront à traverser. Mais l'espoir était une chose difficile, et même stupide. Et Kaïnan était une de ses faiblesses.

_ Enchante-moi encore une dernière fois.

Elle attrapa sa main chaude sans la sienne presque glacée. Elle savait que c'était vain, elle savait qu'ainsi elle devenait faible et certainement puérile. Mais parfois elle avait envie de croire. Lorsque ni ses maux de têtes dont elle était affublée ne lui embarrassaient l'esprit ni sa folie ne l'emportait, elle avait juste besoin de voir briller son étoile. Elle espérait qu'il voit tout l'amour qu'elle lui portait. Même si elle n'était qu'un monstre froid et cruel, même si son cœur n'était qu'un mécanisme bien huilé fait de rouages, elle s'adoucissait à ses côtés, elle se rappelait presque ce que cela faisait d'être humaine. Elle serra fort sa main dans la sienne, un petit sourire douloureux sur les lèvres. Elle voulait croire. Elle le voulait, vraiment. Toutefois, n'était-ce pas mauvais de croire en des chimères ?
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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Dim 2 Aoû - 21:45

Cassidy & Kaïnan
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Kaïnan aimait ces moments aussi rares que délicats ; apôtres et témoins de l’amour qu’il portait à sa mère d’adoption. Non, à sa mère tout court. Car si le dragon était bien conscient que, quelque part dans ce vaste monde, une dragonne l’attendait peut-être, c’était très égoïstement qu’il se disait que jamais il ne voudrait quitter cet endroit. Jamais. Là était ses craintes, son cauchemar. Et pourtant, viendra un jour où il lui faudra s’envoler. Le reste de la Cour ne lui inspirait pas assez confiance pour qu’il se donne à quelqu’un d’autre et les cinquante années supplémentaires offertes à la vie de Cassidy n’était qu’une infinité ridicule au flux de sa vie à lui, si longue en comparaison. Bien trop longue.

Il aurait volontiers tout donné pour avoir l’espérance de vie d’un être humain. Ainsi sa souffrance, bien qu’elle ait dû venir un jour malgré tout, aurait été sans doute plus supportable, moins amère. Il se plaisait à raisonner de la sorte mais au fond, Kaïnan n’était pas un idiot surréaliste. Quand bien même il était naïf, aveugle à l’évidence même, quelque part en lui, il réfléchissait. Chose détestable. Kaïnan détestait se perdre dans des pensées tantôt fluides tantôt engoncées dans un trop plein de questions. Il lui arrivait de sentir sa gorge se serrer de trop laisser des mots tourner et virevolter dans sa tête. C’était aussi pour cela qu’il chantait si souvent. En expulsant ces mots vers le lointain, en se concentrant sur une ritournelle étrangère et inconnue à ses oreilles parfois, il utilisait son énergie à ce qu’il pensait être un bon escient. Il s’empêchait se cogiter, de trop s’interroger. Il voulait rester éternellement dans son cocon de bonheur, celui qu’il avait forgé autour de la seule personne qu’il arrivait à aimer pleinement ; Cassidy. Elle était son univers.

C’était un tort et au fond de lui, Kaïnan le savait bien. Mais toujours sur cette voie de l’égoïste et du centrisme sur soi, il préférait s’imaginer qu’il aurait toujours droit à toute l’attention de son soleil, même si ce dernier était froid. Il frissonna lorsqu’elle prononce ces mots ‘une dernière fois’. Pourquoi dernière ? Il voulait continuer à chanter pour Cassidy jusqu’à la fin de sa vie, dusse-t-il en cracher ses poumons et tout l’acide maudit que son corps pouvait contenir. Chimère, plaisanterie. Il n’y avait rien pour définir concrètement les aspirations de Kaïnan. Tout ceci n’était que poussière dans le vent, rêves prompts à se briser un jour ou l’autre. Mais le dragon refusait de voir cette vérité. Il continuait à chanter, préférant cette fois le latin à la langue précédente qui était certes jolie mais à petite dose, même pour lui.


« Lacrimosa dies illa,
Qua resurget ex favilla
Judicandus homo reus Huic ergo parce Deus,
Pie Jesu.
Domine Judicandus homo reus Huic ergo parce, Deus. Pie Jesu Domine. »


Il la chante souvent, même pour lui seul. Il ne saurait dire pourquoi mais cette mélodie teintée d’une harmonie mélancolique lui vient naturellement lorsqu’il laisse sa détente se faire. Il l’aime, la chérit, même sans le dire. La simple manière délicate de prononcer les mots, de rouler les liens entre les notes suffit à le prouver. Il se donne corps et âme pour permettre à Cassidy d’apprécier cette prestation qu’il veut bien meilleure que la précédente. Comme il le fait d’habitude, Kaïnan entonne ce rythme plusieurs fois d’affilée, répétant le peu de mots présents dans cette composition.  

Bien que la répétition ne le gêne guère, lui, il comprend tout de même qu’un arrêt peut-être bénéfique malgré tout. Ainsi conclut-il sa nouvelle chanson, qu’il aurait tout de même aimé voir accompagnée par quelques accords au piano, cette fois. Inclinant son corps pour une souple révérence envers sa maîtresse tant adorée, il lui offre un solaire sourire puis ose proposer quelque chose, pour la première fois depuis ses mélodies où il excelle.

« Mère… Une balade saurait-elle te rendre le sourire ? »

Kaïnan se sent idiot, paranoïaque, mais le bien être de Cassidy passe avant tout. Il comprend que sa voix ne peut guérir toutes les blessures du cœur et en cela, est prêt à passer à autre chose pour satisfaire la Fawkes. Il est dévoué et à ses ordres. Pour toujours et à jamais.



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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Mer 26 Aoû - 2:05

Accompagnant de gestes enfantins qui dessinaient son innocence inconsciente, son regard se perdait dans ce vide sourd et vide, là où les mélopées résonnaient sans rien pour les interrompre. Sa grandeur était irrévérencieuse, Cassidy n'était qu'une petite poupée à ses côtés. Pourtant elle décelait dans sa carrure, à travers les mailles de son être, des filaments de sa véritable nature qu'elle ne connaissait que trop bien. Sans doute l'avait-elle trop couvée, parsemant son enfance d'attentions délicates qui ne l'avaient sûrement pas aidé. Pourtant cet enfant avait grandi; des intonations masculines crevaient le silence, laissant place à cette voix rauque et mûre d'un homme. Il était toujours cet enfant chétif et craintif, celui qui préférait être muet aux moqueries des autres et qui les laissait le frapper. Elle, de cette nature au calme olympien et cette impassibilité, avait élevé un être si faible et sensible. Pourtant l'un et l'autre étaient inséparables.

Quelques fragrances de ses souvenirs lui revinrent, assombrissant les songes de la princesse qui se remémorait les hoquets tétanisés de Kaïnan après que d'autres enfants ne le frappent. Elle se souvint également du jour de l'éclosion où elle vit fleurir en un souffle un être si pur. Elle ne pourrait jamais oublier le premier regard qu'il posa sur elle. Ses deux iris, l'un pourpre et l'un marron, le rendaient à leur manière quelqu'un de singulier. Elle l'avait éduqué comme son propre fils, elle lui avait insufflé sa propre assurance, elle qu'on appelait le démon. Tous deux étaient faits l'un pour l'autre. Leurs yeux exultaient cette couleur sang grinçante et dérangeante.
Et même si la jeune femme savait cette situation précaire, elle s'était attachée à cette relation qui lui était précieuse. Consciente que son seul présent de la part des cieux était à double tranchant : une raison d'être, de bonheur et un fardeau, elle s'accrochait à chaque seconde qui se délitait en sa présence. Il réchauffait son cœur de glace, il affaiblissait ce monstre sans cœur. Il arrivait à comprimer ses doucereuses et perfides pulsions. Il était sa faiblesse, celui qui enrobait d'un profond silence sa malédiction. Il avait transformé ses gestes calculés et maîtrisés en d'autres candides, il avait su trouver les failles de son masque construit avec tant de méticulosité. Il était le seul capable d'atteindre le fameux général aux traits impénétrables à ses entrailles. Il rendait son esprit fébrile, en proie à des tourments qu'elle savait pourtant s'auto-infliger, mais elle l'aimait, même si cela équivalait à une promesse de souffrance.

Il faisait naître des sourires affectueux à Cassidy, bien que la peine à peine visible se logeait dans le fond de ses iris rouges. Depuis sa naissance, elle lui avait été dévouée, incapable de le repousser. Dans ce monde d'une laideur affable, elle chérissait son enfant, son propre poison qui s'insinuait doucement en elle. Son côté rationnel a été terrassé par son sourire radieux, tandis qu'il créait en elle des zones ombragées en sommeil. Bientôt viendrait la chute et toute cette façade se briserait en un éclat. Bientôt, mais l'heure n'était pas encore venue. Sa douleur était muette, réprimée, tandis que l'heure fatidique ne cessait de se rapprocher. Au péril de ses élans, malgré ses efforts, l'inéluctable impression de le perdre ne cessait jamais. Cette pensée lui était fléau, il embrumait son esprit froid avec perversion. Elle était écrasée par le poids de ses propres forfaits, là où l'attendait une chute vertigineuse. Mais elle continuait d'avoir la conviction féroce de s'accrocher fébrilement à cet homme à la chevelure blanche. Ses dévastations se muaient en un souffle d'espérances, alors qu'il ne subsistait que le trahison, sa propre purulente tromperie.

Pauvre femme défaillante, il n'y avait que cette sensation ferrailleuse et tenace sur le bout de sa langue. Elle vacillait dans les ténèbres, là où la lumière de Kaïnan ne pouvait nullement l'atteindre. Être une princesse n'était pas suffisant pour avoir et obtenir tout ce qu'elle voulait, ni pour préserver les êtres qu'elle aimait. Alors elle se complaisait en cette figure maternelle, sa peau d'albâtre se fendait de doux sourires affables tandis que la mélodie doucement s'estompait. Elle sentait toute notion de calme se dissiper, tandis que la réalité fade et amère reprenait ses droits. Une demie-lune dessinée sur ses lèvres roses, elle esquissa juste un mot presque inaudible. Accompagnant sa parole d'un geste, elle l'invita à la devancer.

_ Volontiers.


    « Pour être hanté, nul besoin de chambre, nul besoin de maison, le cerveau regorge de corridors plus tortueux les uns que les autres... »
    - Emily Elizabeth Dickinson



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Dragon


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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Dim 13 Sep - 13:02

Cassidy & Kaïnan
Il n'existe plus puissant alliage que le fil des rêves.

Les yeux du dragon vont et viennent. Il pense, il vogue à ses réflexions parfois décousues, parfois pleines de sens. Il ne sait pas où aller présentement, il ne sait pas que faire. Il ressent une profonde frustration et une impuissance de plus en plus palpable. Son cœur, puissant, envoie des litres et des litres de sang gorgé d’inquiétude dans ses veines, n’aidant en rien la machine à stopper sa course effrénée vers nulle part, vers un horizon sans soleil. Kaïnan déglutit. Il a l’impression pour le moins détestable de déranger la personne qu’il chérit le plus au monde, sa mère. S’il avait eu des oreilles animales sur le sommet de son crâne, nul doute qu’il les aurait rabattu sur son crâne afin de signifier son mal être.

Ceci étant dit, le dragon savait parfaitement que pleurer sur des variables inexistantes ne l’aiderait en rien dans sa quête pour une solution, dans sa recherche désespérée pour alléger le cœur paraissant si lourd de sa maîtresse. Il prend les choses telles qu’elles viennent ; sa proposition a été acceptée, c’est l’essentiel. Le reptile doit désormais œuvrer de manière à distraire suffisamment la princesse, ne serait-ce qu’un petit instant. Il verrait cela comme une victoire, réellement. Doucement, il ouvre le chemin, la voie jusqu’aux jardins. L’air frais fera peut-être le plus grand bien à Cassidy, peut-être.

Il n’a de cesse de lui sourire, tout du long de leur périple qui n’en était pas un le moins du monde. Ce même sourire qu’il lui a offert dès sa sortie de l’œuf, ce sourire qu’il ne réservait qu’aux personnes qui comptaient pour lui. Car même si Kaïnan n’était ni un fauteur de troubles par plus qu’il n’était un rebelle dans l’âme, il était aisé de savoir assez rapidement s’il vous portait dans son cœur ou non. Il restait poli et courtois envers tout le monde, toutes les âmes ici présentes dans ce château, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir, lui aussi, des graines d’antipathie profondément plantées en lui. Ces dernières étaient peut-être endormies la plupart du temps mais cela ne les empêchaient guère d’exister malgré tout.

Lorsque l’on disait du mal de sa maîtresse, Kaïnan tachait de faire comprendre son mécontentement par son regard rendu acier par ces remarques malvenues. Parfois, cette technique fonctionnait, mais ce n’était pas un exemple de légion car en dépit de sa grande taille, il avait tout de même du mal à confronter trop longtemps le regard d’autrui. C’était aussi pour cela, essentiellement, qu’il se confinait souvent derrière sa mère adoptive. Le monde extérieur l’effrayait plus que raison. Confiné dans une bulle protectrice uniquement composée de sa personne et de Cassidy, le dragon n’avait nullement l’habitude d’élever la voix ou de se montrer ferme avec autrui. La seule exception fut lorsque cet assassin voulu faire du mal à la princesse à qui il avait été confié. Mais ceci était encore d’un autre niveau puisqu’il regrettait ce ‘dérapage’ de sa personne et en restait encore quelque peu traumatisé. Son instinct draconien avait repris totalement le dessus sur lui, le transformant en une bête d’assaut avec laquelle il ne possédait rien de commun.

Un frissonna à ce simple souvenir. Heureusement, les voici dès lors parvenu au commencement des jardins. L’air empli des fragrances de mille et une fleurs cultivées ici le détendit quelque peu. Kaïnan se tourna alors vers sa maîtresse, toujours ce même rictus d’innocence sur les lèvres. « Mère, avez-vous une préférence sur un éventuel parcours pour égayer cette journée ? »

Il changeait quelque peu de tactique, cherchant à mettre Cassidy au cœur de sa quête solitaire. Mais il avait également besoin de parler, parler pour tout et rien dire, parler pour s’apaiser lui-même. Il aurait tant voulu revenir à l’époque des premiers souvenirs qu’il possédait, des premières joies en compagnie de sa mère d’adoption. « Mère… Vous souvenez vous du jour où je suis né ? ». Il laissa un fin silence se placer au-dessus de leurs têtes avant de le briser de lui-même, l’envoyant loin, très loin. « Quelle impression vous ai-je donné, ce jour-là ? » Après tout, Le Lillangen était encore lucide ; à sa naissance, il n’était rien de plus qu’une créature faiblarde et criarde. Les choses avaient-elles seulement changées, depuis lors ?



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MessageSujet: Re: Well... {Cassidy} Ven 6 Nov - 18:20


Elle se mouvait en silence, ses propres pas feutrés suivant ceux de Kaïnan tandis qu'il ouvrait le chemin vers leur destination.  La fluidité de ses mouvements contrastait avec son visage, taillé si durement dans le marbre. Elle avait la démarche fluette et ne semblait s'encombrer de nul geste inutile, toutefois il y résidait là l'essence de la grâce. Pour une princesse dont le surnom était si sombre, elle ne ressemblait que des yeux au démon auxquels les gens la substituait tant. Elle possédait l'élégance associée aux princesses, mais ce qui se remarquait davantage était la sûreté de sa tenue – droite et fière, ainsi que son calme qui se retranscrivait sur ses traits immobiles. Elle ressemblait à une statue immortalisée à jamais, elle qui ne voyait que les jours s'additionner sans que l'ombre de la vieillesse ne l'effleure. Ici, elle semblait en osmose avec son environnement. Ils ne l'étaient que davantage, tous deux, elle figure intemporelle et lui de sa blancheur immaculé.
Ses cheveux, sa peau d'albâtre, ses yeux vairons, il était tout aussi à sa place, en tant que créature cracheur d'acide. Tous deux dégageaient cette présence que le commun des mortels ne possédait nullement, et là, une sphère semblait s'être tissée autour d'eux, les séparant du monde extérieur. Le cours du temps semblait s'être arrêté pour ces deux êtres réunis par un lien plus fort que celui du sang. Ils s'étaient plongés dans un autre univers, rien qu'eux deux, pour un court moment.

Cassidy ne se lassait pas de la vision de ses jardins, où la végétation était luxuriante. Elle avait fait planter là toute sorte de plantes, mais en majorité des fleurs de toute sorte qui fleurissaient sur leur chemin tandis qu'ils poursuivaient leur avancée en ces lieux. Des rosiers s’entrelaçaient, où les roses d'un mariage de couleurs sobres et simples, se dressaient de toute part. Elle appréciait passer du temps dans cet endroit retiré, loin du bourdonnement continu de la ville et des murmures des hommes, et parfois elle aurait espéré avoir plus de temps à consacrer à ces jardins. Mais si elle avait désiré une vie paisible, elle aurait pu l'avoir. Elle avait préféré être sans cesse au cœur des tumultes du royaume, bien qu'elle n'y avait pas goût. Elle appréciait cependant l'initiative de Kaïnan de l'amener en ces lieux. Si seulement son esprit pouvait être aussi tranquille qu'ici-bas.
Il n'y avait pas de place pour elle où la vie brillait et s'épanouissait. Elle était promesses de morts et de châtiments ; elle était l'épée de royaume, le bouclier qui le protégeait. Et si elle semblait compléter à la perfection ce tableau idéal, il ne s'agissait là qu'un mensonge de plus, tissé avec soin de fils si étroitement lacés par la dynastie qui régnait. Encore une fois, il ne s'agissait que d'une mascarade de plus.

_ Guide-moi, Kaïn.

Elle lui adressa un sourire, tandis qu'elle humait le parfum enivrant des fleurs. Tant de senteurs et d'effluves exquises qui se mélangeaient, pour un résultat qui pouvait certainement en étourdir plus d'un. Certaines de ses plantes dégageaient un profond parfum qui submergeait les autres, les étouffant presque. Même ici, les plus forts dominaient les plus faibles. Il ne s'agissait, ni plus ni moins, de la première règle régissant le monde : la loi du plus fort.
Cassidy sentait, à travers ses yeux perçants, le combat de son dragon, qui semblait chercher une solution pour briser son silence. Elle n'était pas loquace, tous deux le savaient. Et il y avait une infinité de choses qui traversaient ses pensées, pour une seule qu'elle exprimait rarement. Personne n'était dupe, même si elle ne le cachait pas. Elle se contenta de contempler de son regard inexpressif le jardin s'étendre sous ses yeux rouges. Et avant même qu'il ne commença à parler, elle se tourna vers lui. C'était une mauvaise habitude qu'elle s'efforçait d'effacer, mais ses iris froids percevaient quand son interlocuteur allait prendre la parole, en dérangeant plus d'un lorsqu'elle y réagissait imperceptiblement.

_ Mère… Vous souvenez vous du jour où je suis né ? […] Quelle impression vous ai-je donné, ce jour-là ?

Oui, elle se souvenait. Ses souvenirs étaient limpides, et elle se remémorait parfaitement ce jour là où cet œuf qu'elle avait tant chéri avait éclos. Elle n'était alors là qu'une enfant, une enfant avec un poids si lourd affaissant ses épaules frêles. Une forme maladroite était sortie, poussant les éclats brisés de la coquille pour s'avancer en trébuchant. Une petite créature s'était alors hissée doucement sur ses pattes, le regard brillant et innocent, les ailes appuyées sur le sol en guise de soutien. Elle se souvenait du sourire qui avait fleuri sur son propre visage, le premier véritable depuis la découverte de ses pouvoirs. Il avait été la lumière qui avait égayé son cœur en des temps de malheur, celui qui avait rendu son sourire à une enfant rejetée de tous. Tout de suite après sa sortie, elle avait pris dans ses bras ce petit être si frêle, si pure, avec un fort sentiment de devoir le protéger. Elle l'avait tout de suite aimé, de toute son âme, malgré sa conscience lui soufflant à son oreille l'erreur qu'elle commettait. Mais elle n'avait pu échapper à ce regard rempli de naïveté, incapable de s'en détourner.

_ Tu étais mignon, quoique maladroit, glissa-t-elle, amusée, avant de reprendre sérieusement. Tu étais la première personne au cœur aussi pur que je rencontrais, c'est pourquoi l'enfant que j'étais voulait à tout prix te protéger. Et malgré ce qu'ont pu dire les autres, je t'ai élevé avec tout mon amour.

Au royaume, les dragons donnés aux hommes n'étaient que des pions. Combien de sermons avait-elle subie pour élever cet enfant comme le sien, pour l'aimer comme son sang ? Sa voix s'était éteinte en un souffle, et tandis qu'elle regardait son visage toujours aussi innocent qu'avant, son regard se voilà légèrement. Elle arpentait une voie sombre, trop sombre, et pourtant ils se tenaient l'un à côté de l'autre. Elle s'était retrouvée, avant qu'elle ne se rend compte, prisonnière de ses griffes, emprisonnée par un amour inconditionnel maternel.

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