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Un peu de temps libre... Profitons-en !

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MessageSujet: Un peu de temps libre... Profitons-en ! Mar 19 Mai - 23:13

C’était le début de semaine, et comme à son habitude Christobal partait en quête d’un thé convenable pour remplir ses réserves personnelles. La famille Rivesh lui avait laissé quelques jours pour s’installer au manoir, il aurait donc sûrement besoin de deux ou trois petits choses pour agrémenter sa nouvelle chambre. Aaaah, cette chambre! Ca allait le changer du placard dans l’hôtel miteux où il avait passé ses derniers mois : une pièce spacieuse, bien éclairée et évidemment bien placée dans le manoir pour qu’il puisse être partout où on aurait besoin de lui. C’était un réel plaisir pour le Hume qui, même s’il n’attachait pas vraiment d’importance au mobilier, appréciait malgré tout de jouir d’un certain confort. La famille de Mélissandre savait traiter son personnel, ou du moins son majordome. C’est donc avec bonne humeur que notre ami sortait du manoir, un sac de provision à la main. Comme à son habitude, il portait son costume de travail et ses mains étaient gantées de noir.
Le ciel était couvert, mais cela n’entama en rien la motivation de Christobal. Il prit la direction du centre ville, marchant d’un pas digne. Les passants qui le croisait lui trouvaient sûrement la mine sombre, mais en réalité il n’en était rien ; c’est seulement que le majordome avait prit la fâcheuse habitude d’afficher une expression d’une neutralité absolue. Il serpenta un moment dans les ruelles. Il avait décidé d’emprunter un chemin inconnu, n’étant pas presser, afin de découvrir un peu le quartier. Cela s’avèrerait sûrement utile dans son travail, et de toute façon il était toujours bon de connaître les environs de chez soi. Sur son trajet Christo croisa une foule impressionnante de Reions. Il lui sembla en reconnaître certains - des familles de notables dont les membres étaient connus de tout Colin’s Island - et notamment Miss Bailey, la fille d’un de ses défunts employeurs. La jeune femme paradait comme à son habitude dans l’une de ses tenues extravagantes, ce qui lui fit pousser un soupir de consternation : elle n’avait pas appris à se tenir avec les années. Elle ne sembla pas l’identifier et continua son chemin, pour le plus grand plaisir du majordome. Poursuivant en direction du Centre Ville, il s’arrêta dans une brûlerie qu’il n’avait encore jamais vu. La devanture lui plut, sans qu’il sut dire pourquoi, et il pénétra le magasin. Le vendeur l’accueillit d’un “Bonjour!” enjoué et chaleureux. C’était un homme minuscule, d’un âge avancé. Il avait les cheveux clairsemés et d’un désordre sans nom, portait dans lunettes de soleil aux reflets bleus, et arborait une expression de franche gaieté. Le majordome lui rendit son salut d’un signe de tête poli, et s’aventura plus avant dans la boutique. Le vendeur bondit - littéralement - de derrière son comptoir, et vint à la rencontre de Christo.

“Cher monsieur, bienvenu. Le vieux Jimbo va vous aider à trouver votre bonheur ! Qu’est-ce que vous cherchez ? Thé ? Café ? Infusion ? Notre magasin offre la meilleure marchandise de tout Colin’s Island 
- ...
- Je vois, pas du genre bavard hein ? Alors…”

Rehaussant ses lunettes sur le haut de son nez le marchand détailla Christobal de haut en bas, sans se soucier une seconde de la bienséance la plus élémentaire. Il semblait vouloir deviner ce que Christo avait en tête. Le majordome ne fit pas de commentaire et se plia de mauvaise grâce à cette analyse. Le dénommé Jimbo frappa dans ses mains, un air satisfait illuminant son visage.

“A vous voir comme ça, je dirais un thé vert au gingembre. Hum...Et un soupçon d’agrumes pour le coup de fouet !”

Impossible ! ... Bondissant à nouveau - Christobal avait l’impression d’avoir à faire une espèce de rongeur hyperactif - le petit homme partit en direction des étagères derrière son comptoir et revint au pas de course, une boite élégamment décorée dans les mains. Le majordome était littéralement estomaqué. Malgré son attitude un peu étrange, ce...Jimbo avait tapé dans le mille. Le thé au gingembre était parmi ses préférés, et l’idée des agrumes lui plaisait. Comment ce vieillard avait-il pu deviner en l’observant seulement quelques secondes ? Christo n’avait même pas émit le moindre son...Impressionné, il se saisit de la boite que lui tendait son interlocuteur. Lequel laissa échapper un petit rire amusé avant de se replacer derrière son comptoir, visiblement sûr que la transaction allait se faire. Christobal s’approcha et, tenant la boite d’une main, fouilla dans ses poches à la recherche de son portefeuille.

“Mr.Jimbo, je dois avouer que vous êtes surprenant. Je vais prendre ce thé, mais j’espère qu’il en vaut la peine. Sinon, vous pouvez d’ores et déjà considérer votre réputation de charlatan comme acquise…
- J’ai la prétention de croire que je connais mon travail mon p’tit bonhomme ! Je vous pari ma plus belle théière que vous reviendrez me voir pour m’en faire l’éloge sous quinze jours.
- Pari tenu”, lança Christo avec un sourire. Il s’étonnait lui même de sa bonne humeur, mais ce petit commerçant lui plaisait. Il tendit de quoi payer.
- “Et si je gagne ?
- Alors considérez que votre fond de commerce est assuré !
- Ca m’va mon gars. A bientôt alors !”


Christobal salua Jimbo avec enthousiasme et, déposant la boite au fond de son sac, sortit de la brûlerie. Cette rencontre improbable avait déridé le majordome et c’est sourire aux lèvres qu’il continua ses déambulations. Tout ceci lui avait donné l’envie de fouiner dans les environs à la recherche d’autres surprises. Il avançait d’une démarche détendue, le nez en l’air. Le ciel s’était dégagé, comme si l’humeur de Christo avait influencé le soleil. Il prenait une ruelle au hasard, quand son sac vint taper quelque chose en émettant un bruit de métal. La boite de thé. Il pivota pour s’apercevoir qu’il s’agissait en réalité d’une personne. Confus, il s'inclina et s'excusa poliment.
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MessageSujet: Re: Un peu de temps libre... Profitons-en ! Mer 20 Mai - 22:08

Une autre longue semaine vient de se terminer dans cette interminable année de sa vaste existence, et en voilà une nouvelle qui commence. Joie. Une fois de plus, les siens lui ont pris le chou et c'est donc avec la tête comme une pastèque que l'écarlate se dirige vers la cité humaine afin de trouver de quoi se divertir après ce débat constructif dans l'inutilité la plus totale et absolue. S'éloigner vite et loin du clan, une spécialité dont elle se serait bien passée à vrai dire. Rapidement, aussi vite qu'à chaque fois qu'elle arrive à un stade où elle préfère côtoyer des bipèdes que des dragons en fin de compte, la bête de quarante mètres atterrit souplement malgré sa masse, afin d'éviter de laisser trop de marques, aux abords de la ville dans une petite forêt tout à fait charmante. Prudente, la sanglante s'allonge et attends de nombreuses minutes sans esquisser le moindre mouvement afin d'être un minimum certaine que personne ne se trouve dans les horizons et la surprenne lors de son changement de forme. Tout semble bon. En un battement de cils, l'imposante créature laisse la place à une humaine aux cheveux de feu dans le plus simple appareil, qui s'approche d'un arbre tout ce qu'il y a de plus banal avant de plonger la main dans un creux caché par les racines et l'herbe d'où elle ressort une pipe en bois, un briquet et une blague à tabac. Parfait, tout est là et en bon état. L'objectif suivant est maintenant de trouver des vêtements qui ne sentent pas la mort et en bon état. Ses anciennes fringues doivent probablement être rendus à la décharge après avoir fait un tour dans une poubelle quelconque au moment de son précédent départ.
Sur le trajet, coup de chance, un drap qui a sans doutes été volé par le vent s'agite paisiblement, accroché à une branche et sans tarder la cosplayeuse de Eve s'en saisit et s'en vêtit comme elle peut histoire d'éviter un minimum les ennuis. La police, c'est bon, elle a déjà donnée. Moins d'une heure après, alors que le soleil disparaît à l'horizon, les bâtiments de béton entourent la silhouette de la rougeoyante qui sait déjà comment obtenir ce qu'elle souhaite dans ces rues peu peuplées en cette heure avancée. Sans difficultés, la jeune femme trouve un bar et jette un œil depuis les ombres à ses occupants qui apparaissent derrière la vitrine. Mauvaise pioche, la nuit l'engloutie de nouveau. Finalement, après de nombreux essais, son bonheur est trouvé, plus qu'à patienter.

Minuit arrive avant que son plan ne se mette en marche. Sa proie, une demoiselle d'une vingtaine d'années, sort enfin de la bâtisse, l'air désespérée. Prenant un peu d'avance sur elle, en passant par une ruelle annexe, la lézarde se poste au coin d'une rue. Sa cible tombe donc nez-à-nez avec elle peu de temps après et la regarde avec de grand yeux pleins de surprises :

- Toi ?! Mais qu'est-ce que tu fout là Hahdy ?

Avec un sourire malicieux, la susnommée se contente de s'approcher de sa vis-à-vis, qui ne sait pas quoi faire, comme à chaque fois et reste donc figée sur place.

- Ça fait longtemps, je pensais que tu t'étais barrée à force ou ...

En un clin d’œil, la Brod'sahqon pose ses lèvres sur celles un peu trop bavarde de la seule et unique humaine qu'elle apprécie.

- Ok, j'm' tais.

-----

Difficilement, Hahdrem ouvre les yeux. Une bonne nuit, pas forcement très reposante, mais une bonne nuit. Si il y a bien une chose pour laquelle elle peut apprécier les bipèdes, c'est bien ça. Une forme bouge à côté d'elle dans le lit, grogne vaguement puis se tait. Discrètement, la rouge s'extirpe des draps puis se dirige sans hésitations vers un meuble d'où elle sort une chemise blanche qu'elle enfile et boutonne puis un jean sombre qui vient couvrir le bas. Nickel. Son tabac, sa pipe et son briquet, qu'elle a trimballée toute la journée d'hier dans sa main, viennent se loger dans une poche. Puis le plus naturellement du monde, elle sort de l’appartement. Une relation étrange, pas vraiment de l'amour, mais plus qu'une simple relation charnelle. La porte d'entrée claque. Un soupire attristé s'échappe de sous la couette. Un toc-toc peu naturel contre la fenêtre fait lever la tête à l'abandonnée, qui écarquille les yeux en constatant que sa dragonne se tient accroupie sur la rambarde, au dernier étage, tarée, et lui adresse un sourire chaleureux, chose suffisamment rare pour être soulignée. La non humaine disparaît bien vite en remontant sur le toit de l'immeuble. Une très bonne nuit et un excellent début de journée pour la non dragonne.

Le nez en l'air, la pourpre glandouille dans les rues de la ville, ne sachant pas trop quoi faire, pipe au bec. Tout occupée à ne rien faire qu'elle est, assise contre un mur pas forcément très propre, le coup de boite à thé la prend par surprise, en pleine tête, évidemment. L’événement, peu important, anecdotique dans une journée, habituel dans une ville, aurait put n'être que ça, mais avec surprise l'ardente voit l'homme se tourner vers elle, s'incliner et s'excuser. Exceptionnel. D'humeur en cette belle journée, et ce type à une tête de personne qu'elle a envie d’embêter, la lézarde rétorque :

- Y'a pas de mal, mais ça t'prends souvent d'assommer les gens dans la rue avec une boite métallique pour les aborder ?


Dernière édition par Hahdrem Brod'sahqon le Jeu 21 Mai - 7:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un peu de temps libre... Profitons-en ! Mer 20 Mai - 23:18

Christobal  détailla rapidement son interlocuteur. Ou plutôt, son interlocutrice. Eh bien ! Quelle chevelure ! Une toison pareille n’était probablement pas naturelle...Le majordome s’inclina une fois de plus, en regardant cette fois l’inconnue dans les yeux. Il fut surpris de la réaction posée de la jeune femme : la plupart des gens renvoyaient souvent les coups sans chercher plus loin. Or là, il n’en fut rien, elle se permis même un trait d’humour qui détendit un peu Christo. Non, il n’avait pas pour habitude de frapper les gens pour les aborder. Il n’avait d’ailleurs pas l’habitude d’aborder les gens tout court. Sa politesse coutumière lui intimait de se répandre en excuses, mais quelque chose le retint : il sentait que la jeune femme se lasserait rapidement. Il n’aurait su dire pourquoi.

“D’ordinaire, je fais attention à ce que je fais. Je dois avouer que je ne pensais pas percuter quelqu’un dans une ruelle comme celle-ci. Et encore moins une jeune femme assise à même le sol.

Son ton était jovial, à l’instar de son interlocutrice. C’était chose rare chez le majordome, mais sa journée s’était bien déroulée jusqu’ici et il ne voyait aucune raison valable de s’en prendre à quelqu’un. Il huma l’air, le nez attiré par une odeur qu’il connaissait. Comme un flash dans sa mémoire, il reconnu finalement le parfum du tabac à pipe, qui visiblement émanait de la rousse. Ce parfum...Cela ramena le jeune Moorigan bien loin en arrière. Son père fumait la pipe lui aussi. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas pensé à son géniteur, et son regard s’assombrit, un léger pli venant ternir son expression enjouée. Tout ça lui paraissait si loin aujourd’hui, et pourtant la blessure restait irrémédiablement ouverte. Comment une simple odeur pouvait-elle générer une pareille bouffée de mélancolie? Le majordome s’ébroua, comme sortant d’un rêve, et revissa un sourire à son visage.

“J’espère ne pas avoir abîmer ma boite de thé au moins. Vous avez l’air d’avoir la tête dure mademoiselle !”

Pour appuyer ses dires, il entrouvrit son sac et jeta un oeil au contenu. C’était un geste purement moqueur, puisqu’il était évident que la boîte n’avait rien. Rehaussant ses lunettes alors qu’il relevait la tête en direction de la jeune femme, une idée lui vint à l’esprit. Pourquoi ne pas faire partager sa découverte à son interlocutrice ? Ce serait un moyen courtois et discret de s’excuser, et ça lui donnerait l’occasion de faire plus ample connaissance avec cet étrange personnage. Car oui, plus le majordome l’observait, plus il sentait émaner d’elle une sorte de...force tranquille. Le regard de feu trahissait également un âge peut-être plus avancé qu’il n’y paraissait de prime abord. Christo ressentait l’irrépressible envie d’en savoir plus sur elle. Sa curiosité et son esprit d’analyse ne serait pas satisfait autrement. Il prit le temps de se poser intérieurement, puis d’une voix dégagée la plus neutre possible, il dit :

“Puis-je avoir l’audace de vous proposer de partager le contenu de cette boîte ? Il s’agit d’un thé dont je viens de faire l’acquisition il y a quelque minutes. Le vendeur m’a assuré qu’il était d’une qualité exceptionnelle. Un homme étrange, mais expérimenté dans son domaine m’a-t-il semblé.”

Comme à son habitude, le ton de Christobal était toujours un peu coincé. C’était une sorte de...déformation professionnelle en somme. Cela pouvait être légèrement pénible pour les gens avec qui il parlait, et il n’était pas rare qu’on le qualifie de “vieux jeu”. Mais il n’y pouvait rien, c’était dans sa nature. Et de toute façon, il n’avait pas l’intention que ça change.
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MessageSujet: Re: Un peu de temps libre... Profitons-en ! Jeu 21 Mai - 0:37

Des cheveux corbeau, une paire de lunette donnait l'air strict, des gants noirs pour le côté snob et un balais dans le fondement. A peut de chose près, c'est l'avis globale que la rouge se fait en regardant ce bipède qui semble très courtois mais pas dénué pour autant d'humour, même si celui-ci peut paraître très... narquois. Tout du long de la petite tirade de l'homme au thé, la dragonne n'a pas lâchée des yeux le visage curieusement très expressif de ce dernier : son regard un peu trop perçant, les deux trois infimes mouvements de tête lorsqu'il a reniflé, l'assombrissement momentané de son expression, le sourire de politesse puis moqueur, … Un type un peu plus intéressant que les autres, avec l'air un peu plus à même de ne pas se jeter tête première droit dans un piège stupide qui raccourcirait drastiquement sa vie et qui ne la regarde pas avec un air de hareng mort depuis 3 jours sur une plage en pleine canicule, ce que font souvent les autres singes sans poils quand ils s'attardent sur son apparence, ce qui est déjà rare en soit. Personne ne fait attention à personne, pas étonnant que des dragons puissent se balader tranquillement sous forme humaine ! Inconscients. Un sourire presque carnassier vient tirer le coin des lèvres de l'écarlate, qui constate qu'elle a trouvée de quoi s'occuper aujourd'hui quand son « agresseur » lui propose de déguster un peu de cette fameuse plante que l'on infuse. Ou comment proposer poliment une petite invitation a jouer au chat et à la souris autour d'une tasse fumante pour le simple plaisir de faire travailler ses méninges. Bon, un truc comme ça est bien trop fatiguant pour une flemmarde comme elle, mais le thé est, selon les dires du noiraud, très bon, donc autant en profiter. Sait on jamais, l'affrontement pourrait être plus intéressant voir constructif que tout ceux auxquels elle a participé avec ceux de sa race, ces andouilles butés.
Les yeux rubis ancrés dans ceux aciers, Hahdrem porte sa longue pipe à sa bouche et tire quelques bouffées de fumé qui s'en vont virevolter dans les courants d'airs.

- Je n'vois absolument aucune raison de refuser, j'ai la journée devant moi et t'a l'air tout ce qu'il y a de plus amical. Et je me vois mal refuser l'invitation de quelqu'un a qui j'ai faillit abîmer une boite en métal avec mon chef, ce serait malpoli n'est-il pas ? A la fin, elle ne peut s'empêcher de tirer pendant une demi seconde sa langue, d'un air presque moqueur.

Mollement, c'est le concept qui se rapproche peut être le plus de la réalité, la Brod'sahqon se redresse, époussette rapidement « ses » vêtements, qu'elle a pour une fois envie de rendre sachant d'où ils viennent, si elle n'a pas la flemme de repasser là bas. Son dépoussiérage, sommaire, terminé, la rubis s'approche de l’ébène, indiquant de ce fait qu'elle est prête à le suivre et se place à son niveau, et veillera à y rester. Prise d'une illumination, si l'on peut appeler cela comme ça, ses deux pupilles sang se tournent à nouveau en direction de son guide :

- J'me présente, j'm'appelle Hahdrem, je suis originaire de cette île, j'ai pas de travail pour le moment et toi ? T'est qui et tu fais quoi ?


Tout du long, le timbre de voix de la cracheuse de feu a oscillé entre l'enjouement, la mollesse et la curiosité.
Une journée qui promet d'être intéressante en compagnie d'un bipède qui ne semble pas arriéré comme une bonne partie des autres membres de sa race. Quelques nuages, géants blancs perdus dans une immensité couleur océan, traversent paisiblement ce désert bleu qu'est le ciel en cette journée agréable.
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MessageSujet: Re: Un peu de temps libre... Profitons-en ! Ven 22 Mai - 10:33

“Tout ce qu’il y a de plus amical”? Christobal manqua s’étouffer, retenant de justesse une impérieuse envie de rire. Amical. On lui avait envoyé bon nombre de qualificatifs au visage, mais là il s’agissait d’une première! - du moins depuis que le majordome avait quitter l’enfance pour faire face à la réalité de la vie - Etrangement, il en fut le premier surpris, ce “compliment” lui fît plaisir. La froideur professionnelle qu’il s’imposait dans le cadre de son travail ne lui permettait pas d’être perçu de cette façon. Or la rousse avait l’air sincère, malgré la moquerie qui perçait toujours dans le fond de sa voix. Christo avait la sensation que la suite de la journée lui en dévoilerait autant sur lui-même que sur interlocutrice. Et l’idée lui plaisait. “Nosce te ipsum” comme disait un ancien de l’autre monde.

“Et je me vois mal refuser l'invitation de quelqu'un a qui j'ai faillit abîmer une boite en métal avec mon chef, ce serait malpoli n'est-il pas ?”

Cette phrase, agrémentée d’une grimace des plus inconvenantes fit sourire le majordome. Cette jeune femme était vraiment un drôle de personnage : comment pouvait-on parler d’impolitesse, et tirer la langue dans la seconde qui suivait. En d’autres circonstances, Christobal aurait trouvé cela déplacé et il aurait probablement tourné les talons en s’échappant poliment. Mais il n’en fit rien. Pipe en bouche, la rousse se redressa afin de procéder à ce qui rappela étrangement à Christo la toilette d’un chat. Elle secoua la poussière sur ses vêtements et s’approcha, visiblement prête à se laisser guider. Le majordome nota un détail de plus à son sujet : elle était grande. Du moins plus qu’elle ne lui avait laissé croire tant qu’elle était assise au pied de son mur. C’était une “belle demoiselle”, mais il s’agissait là d’une simple analyse : Christo ne se sentait pas vraiment concerné par le pouvoir d’attraction féminin. Il avait d’autres chats à fouetter que de batifoler. D’autant plus avec une parfaite inconnue qui plus est. C’est alors que la rousse se présenta. D’une façon peu commune, là encore : le prénom peut courant mis à part, s’annoncer sans emploi avec un tel détachement était une chose parfaitement inconcevable pour lui. Alors comme ça, elle faisait partie de cette catégorie de gens qui préféraient le vagabondage à la nécessité d’un labeur indissociable à la survie dans la société. Enfin, au regard de toutes les informations qu’il avait pu glaner à son sujet cela n’avait finalement rien d’étonnant. La liberté de pensée et de mouvement se dégageait de façon quasi naturelle d’Hahdrem. Comme à son habitude, le majordome se fendit d’une courbette polie avant de répondre d’une voix neutre :

“Pardonnez mon manque de bonnes manières, j’aurais dû commencer par là moi aussi. Christobal Moorigan. Je suis au service d'une famille de Reion du quartier Nord. Enchanté de faire votre connaissance mademoiselle Hahdrem.”

Il s’inclina de nouveau, comme pour conclure. Il se redressa ensuite, rehaussa ses lunettes d’un geste machinal, et pivota en direction de...D’où d’ailleurs? Christobal avait invité la rousse à boire le thé, mais il ne pouvait décemment pas l’amener au manoir Rivesh. Comme avait-il pu manquer à ce point de discernement! Il se frappa le front intérieurement, quand une idée toute simple lui vint à l’esprit : ils n’avaient qu’à trouver un bar convenable où se procurer de l’eau chaude. Il lui faudrait sûrement commander un quelconque biscuit pour accompagner le tout si il ne voulait pas se voir poliment refuser une table. Enfin, il verrait bien le moment venu. Christo prit donc la direction du café où il avait écrit sa lettre de recommandation pour entrer au service de Mélissandre : l’endroit lui avait semblé accueillant, et de toute façon quelque chose lui disait qu’Hahdrem ne serait pas très regardante quand à la qualité service. Avançant en silence, il chercha son chemin à travers le dédale de ruelles dans lequel ils étaient engagés. Il ne savait pas comment engager la discussion, et de toute façon il préférait laisser le soin à son interlocutrice de mener le dialogue. C’était une habitude chez lui. Sûrement liée à son travail d’une part, mais pas seulement : il estimait que c’était le meilleur moyen d’en savoir plus sur une personne tout en lui donnant l’impression d’être le maître de la conversation.
Ils arrivèrent bientôt à destination. L’endroit était calme - c’est d’ailleurs une des raisons qui l’avait poussé à s’y arrêter la première fois - ce qui convenait parfaitement pour ce que Christobal avait en tête. Il n’avait pas l’intention d’être dérangé dans la discussion par un quelconque pilier de comptoir. D’un geste gracieux, il tira une chaise pour la jeune femme, l’y invitant à s'asseoir d’un léger signe de main.
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MessageSujet: Re: Un peu de temps libre... Profitons-en ! Ven 22 Mai - 23:53

La petite hésitation du majordome après qu'il ce soit présenté a tôt fait d'arracher un sourire à Hahdrem, qui s'amuse de le voir si étourdis mais qu'elle ne relève pas. La flemme. Il ne suffit que d'une poignées de secondes à l'homme pour se décider de la direction à prendre, à gauche. Le trajet ce passe dans un silence tranquille, si ce n'est le bruit des mioches s'amusant au loin, des commères marmonnant à leurs passage ou des vieux qui se plaignent qu'il fait trop chaud, puis trop froid, puis qu'ils ont fait caca dans leurs couches. Ou l'inverse entre les plus âgés et les plus jeunes, peu importe. Un chat noir rayé de gris vient à la rencontre des jambes de la rouge pour s'y frotter, ce qui lui vaut un regard en disant long sur ce que pense cette dernière de l'hypocrisie des chats avant qu'elle ne s'en saisisse dans ses bras pour le promener sur quelques mètres en le grattouillant. Passionnante créature que celle-ci, qui se pensent maîtres du monde alors qu'une bonne gerbe de flammes en pleine poire suffirait pour les exterminer en moins de temps qu'il ne faut pour dire toxoplasmosme. Vraiment passionnant. Le félidé est ensuite bien vite posé à terre, bien que l'envie de le balancer pas trop méchamment ait traversé l'esprit de la rubis, mais un peu de respect au vivants ne fait pas de mal.
Leurs pas les mènent devant un café calme et charmant, enfin autant que peut l'être un bâtiment de bipède en pleine ville en plein après-midi ensoleillé dans une rue qui, en plus d'être terne comme toutes les autres rues, n'est pas exempt de passage. Mais sinon, la bâtisse plaît plutôt bien à la Brod'sahqon. Christobal s'empresse de lui tirer une chaise, geste qui aurait put interloquer la fille du feu si elle ne l'avait pas vu avant. Cela ne l’empêche pas de soulever un sourcil mi-blasé mi-amusé avant de prendre place, expression qui ne disparaît que lorsqu'on son camarde d'un thé prend place à son tour en face d'elle. Un serveur, qui semble aussi coincé du fondement que l'ébène, à croire que c'est une mutation qui se déclare chez tous ceux qui servent, mais avec beaucoup moins de classe, s'empresse d’apparaître, comme un radin attiré par un billet attaché à une ficelle. L'écarlate prend immédiatement la parole :

- Si vous aviez la gentillesse de bien vouloir nous servir de l'eau chaude avec deux tasses vides ainsi que de quoi infuser et si possible quelques douceurs, je vous en serait infiniment reconnaissante, susurre presque la lézarde d'une voix mielleuse, accompagné d'un sourire charmeur et d'une vue plongeante.

Le pauvre garçon, rouge comme une écrevisse ébouillantée et plus que morte, s'incline et se précipite vers le comptoir, sous le regard interrogateur du patron qui voit venir de loin son employé avec ces histoires habituelles sur son charme légendaire et qui va encore ne pas avoir le choix que d'accéder à la demande particulière de ses clients pour avoir la paix. Pauvre de lui. Reprenant son air habituel en moins d'une demi-seconde, Hahdrem se laisse aller contre son dossier et jette un œil au Moorigan, l'air de dire « Oui ? Un soucis ? ». Une lueur de malice dans les yeux, la non humaine semble satisfaite de son petit tour, les humains sont pour la plupart assez facilement manipulables et c'est toujours aussi amusant de faire ça.

- Excuse moi, mais je doutais qu'on nous serve de l'eau chaude comme ça, l'air de rien.

Le tout ne tarde pas à arriver, le porteur de plateau repart en papillonnant après un sourire lumineux, faux mais lumineux de sa « touche ».

- Quel intérêt y a-t-il pour toi à être majordome ? C'est un boulot que j'ai du mal à cerner que celui de se mettre sous les ordres de quelqu'un pour répondre à ses caprices alors qu'on est tout aussi bien servit par sois même ? Demande la rouge de but en blanc, l'air naturelle.
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MessageSujet: Re: Un peu de temps libre... Profitons-en ! Sam 23 Mai - 1:52

Erreur. Visiblement l’idée de faire bavarder Hahdrem d’elle-même était peine perdue. Elle demeura aussi silencieuse que lui marchant tranquillement. Malgré sa finesse et la force indéniable qui se dégageait d’elle, la rousse transpirait  la paresse : ses gestes, son regard, tout chez elle semblait ralentit. Comme si l’idée même de faire un effort la fatiguait d’avance. C’était un trait de caractère que Christobal avait du mal à comprendre : lui qui était constamment en mouvement, redynamisant sa concentration en permanence, et ayant pour habitude de faire attention à la moindre petite chose. Ce qui n’avait pas l’air d’être le cas de la jeune femme. Un chat fit irruption dans la ruelle et vint instinctivement se frotter à Hahdrem, qui s’en saisit. Elle sembla l’analyser un moment - Christo se demanda ce qui pouvait bien lui passer par la tête à cet instant précis - puis l’emporta avec elle, lui offrant quelques caresses au passage. Mais, au grand damne de l’animal, ça ne dura pas bien longtemps et elle s’en sépara sans autre forme de procès. Il repartit donc à ses affaires, prenant soin au préalable d’adresser un regard furibond à la jeune femme, agrémenté d’un battement de queue frustré. Bon sang! ce que ces animaux pouvaient ressembler au plus hautain des Reions...Irrécupérables…
Alors qu’ils s’installaient à la terrasse du café, Christobal eut droit à une démonstration de manipulation féminine exécutée avec brio. Le dos calé confortablement contre le dossier de sa chaise, le majordome profita du spectacle avec délectation.

“...je vous en serait infiniment reconnaissante.”

Tout était parfait. Le ton suave, les mots choisis avec précision et pour finir, la mise en avant délicate de ses charmes. Le serveur fonça dans le piège tête baisée, complètement subjugué, et s’empressa d’exécuter ce qui sonnait à l’oreille de Christo comme des ordres savamment dissimulés. Un amateur. S’il y avait bien une chose dans le métier à laquelle il fallait veiller en toute circonstance, c’était clairement de ne pas se laisser déborder par ses émotions. Le jeune puceau n’avait pas dû être formé par un maître digne de ce nom, ce qui avait l’air de satisfaire Hahdrem au plus au point. De quoi vous donnez envie d’être une femme ! Le majordome était impressionné par la performance, n’ayant pas soupçonné une seule seconde que son interlocutrice fut capable d’une telle opération. Toutefois, il ne laissa pas paraître le fond de sa pensée et suivit la scène sans sourciller : il n’avait pas du tout envie que la rousse remarque son admiration. Elle se tourna vers lui, l’air tout à fait fière d’elle :

“Excuse moi, mais je doutais qu'on nous serve de l'eau chaude comme ça, l'air de rien.
- C’était efficace, c’est indéniable.”

Jusqu’à maintenant, le tutoiement ne l’avait pas choqué. Il notait tout juste ce menu détail qu’elle en enchaîna sans sommation sur ce que représentait son travail. Du genre directe la demoiselle hein? Sans répondre immédiatement, Christobal déposa délicatement son sac sur la table et en sortit la boîte de thé. Il l’inspecta un court instant, parcourant les motifs asiatiques d’un air absent. Il finit par l’ouvrir, et entreprit de préparer la boisson. Ses gestes étaient rapides et précis - la force de l’habitude - mais pas dénués de grâce pour autant. Pour le jeune homme, servir le thé tenait du domaine artistique et il était clair en le voyant qu’il mettait du coeur à l’ouvrage. Alors qu’il laissait infuser le tout, il leva les yeux vers Hahdrem.

“C’est précisément parce que certaines personnes préfèrent laisser les autres faire à leur place que mon métier existe. Je veux bien admettre que ça paraisse surprenant, mais c’est plaisant en réalité : c’est le majordome qui mène la danse. Nos maîtres dépendent de nous, et toute la subtilité de la profession consiste à les persuader du contraire en veillant à subvenir à leurs besoins. Si on prend le temps d’y réfléchir, c’est une position tout à fait intéressante. Les notables sont des gens fascinants - pas toujours dans le bon sens, je vous l’accorde - mais ils sont également très facile à manipuler : tenir leurs secrets et leur estomac, voilà la clef de la réussite. Notre société est complexe et d’une rudesse sans nom, chacun survit comme il peut. Pour ma part, j’ai choisi de mettre à profit mes talents de discrétion et de discipline. La liberté apporte son lot de problèmes elle aussi, et je m'accommode très bien de laisser croire aux gens qu’ils sont les rois du monde. Je suis amateur des intrigues de la noblesse : on trouve toujours la possibilité de tirer son épingle du jeu.”

C’était absolument monstreux, Christobal en avait parfaitement conscience. Mais ça ne le gênait pas le moins du monde : après tout il ne faisait de mal à personne. Du moins, pas directement. Il laissa un sourire carnassier illuminer son visage quelques secondes, avant de se concentrer de nouveau sur le thé. Parfait. Une douce odeur, légèrement piquante, montait de la théière fumante dont il se saisit, remplissant les deux tasses disposées devant eux. Il guettait du coin de l’oeil la réaction de la jeune femme à ses paroles, curieux de voir où la suite de la discussion les mènerait. Il avait dévoilé sans tabou sa façon d’envisager le monde, espérant qu’il réussirait à faire faire de même à la rousse. Et quelque chose lui disait qu’ils n’étaient sûrement pas sur la même longueur d’ondes...
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MessageSujet: Re: Un peu de temps libre... Profitons-en ! Mer 27 Mai - 12:49

L'art de préparer le thé, tout un monde pour mettre à infuser des morceaux de plantes dans de l'eau chaude, toute une philosophie de vie sur le simple acte de mettre à tremper de la camomille. Les bipèdes sont définitivement perdus. Le majordome semble un expert dans cette pratique, tant mieux pour lui, et c'est avec panache et virtuosité qu'il fait voler la boule à thé. Un artiste, de feuille à boire, mais un artiste quand même. La dragonne en oublierait presque sa question à force de regarder son vis-à-vis si bien manier son outil. La réponse arrive cependant une fois le petit numéro terminé. Le point de vue du jeune homme est très intéressant et réfléchis. La politique humaine n’intéresse que peu la cracheuse de feu, mais il est vrais qu'à bien y réfléchir la position qu'à Christobal est, sans être non plus idéale, acceptable pour se mêler aux intrigues des hauts dirigeants. Le sourire carnassier du manipulateur fait hausser un sourcil à la rouge. Le porteur de lunette ressemble au final à beaucoup d'autre, à la recherche d'un peu de pouvoir. Il a juste l'avantage d'être doté d'un cerveau en état de fonctionner et dont il n'hésite pas à user, ce qui semble bien plus utile que des muscles dans un tel milieu.
L'eau pleine de théine ne tarde pas à venir emplir les tasses et laisser échapper ses arômes, attirant un regard presque courroucé du propriétaire des lieux qui n'apprécie pas particulièrement de voir ses clients boire autre chose que ce qu'il propose sur sa maigre carte. Il faut un long moment à Hahdrem pour digérer la tirade et en comprendre complètement l'ampleur, temps qu'elle n'hésite d'ailleurs pas à prendre à tel point qu'elle rallume sa pipe en attendant que sa boisson refroidisse.

Menton posé sur sa main, la demoiselle regarde, l'air absente, celui qui lui fait face. Ce qu'elle vient d'entendre est une information dangereuse, quelque chose que l'on ne dévoile pas l'air de rien à une parfaite inconnu. De quoi remettre légèrement en doute les capacité cognitives du Moorigan.

- Me dire ça, alors que tu viens de me rencontrer n'est peut être pas la meilleur idée que tu ait eu, ne pense tu pas ? Mais bon, c'est pas comme ci j'en avais quelque chose à faire… A part ça, il est toujours aussi fascinant de voir à quel point les conscients peuvent s'échiner à se tirer dans les pattes par le biais de tout un tas de discussions, d'intrigues et autres choses propres à la politique alors que c'est quand même vachement moins fatiguant de ne pas se prendre la tête ou d'y aller plus franchement. Je peux comprendre cette… passion pour ces jeux politique, mais je trouve ça trop prise de tête et sans intérêt pour m'y risquer.

Un haussement d'épaules vient ponctuer le tout. Si il y a bien un point sur lequel les dragons et les hommes sont les mêmes, c'est celui de se prendre la tête pendant des heures pour savoir qui a déplacé la chaise et comment faire pour le zigouiller discrètement. L'écarlate porte la tasse fumante à ses lèvres afin de goûter le breuvage.

- J'ai le plaisir de t'annoncer que je trouve ce thé très bon, moi jeune novice de ce monde de saveurs diverses et variés. Et tu gagne quoi à m'avoir dit tout ça ? Je suis curieuse.

La lézarde plante paresseusement ses yeux rubis dans ceux du majordome, donnant l'air de ne s'intéresser que vaguement à la réponse alors que la curiosité pétille dans son regard.
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MessageSujet: Re: Un peu de temps libre... Profitons-en ! Mer 10 Juin - 22:34

La jeune femme venait de faire preuve d’une lucidité étonnante : pourquoi dévoilait il son jeu, oubliant la plus élémentaire prudence alors qu’il s’adressait à une parfaite inconnue? Hahdrem aurait parfaitement pu être une des informatrices engagées par une famille rivale des Rivesh, cherchant à en apprendre plus via un majordome un peu trop bavard. Mais Christobal avait l’intime conviction qu’il savait ce qu’il faisait. Il n’avait rien à craindre d’elle, et de toute façon si elle cherchait des informations sur ses maîtres elle ne tirerait pas grand chose de lui puisqu’il n’avait pas grand chose à en dire. Écoutant avec attention chaque mot qui sortait de la bouche de la rousse, le jeune homme nota une nouvelle singularité : “Les conscients”? Drôle de façon de parler des ses congénères...A plusieurs reprises Christo avait décelé chez cette femme quelques détails étranges sur sa façon d’appréhender le monde. Certains éléments pouvaient ressembler à un désintérêt total pour la vie en société, ce qui somme toute était assez répandu. Les asociaux courent les rues. Mais il y avait dans ses paroles quelque chose qui dévoilait une distance beaucoup plus grande entre Hahdrem et ses contemporains. La magie des Reions n’avait rien à voir là dedans : le majordome en avait côtoyé suffisamment pour apprendre à les reconnaître en un clin d’oeil, et son interlocutrice ne correspondait clairement pas au profil. Il remonta ses lunettes, ses pensées tourbillonnant dans son esprit alors qu’il cherchait à la percer à jour.

"Ravi d’entendre que le contenu de la boite qui a manqué de te fendre le crâne est à ton goût. Mais je suis surpris : c’est une boisson courante à Colin’s Island, pourtant tu ne semble en être familière. Ferais tu partie des “immigrés”?"

Evidemment Christobal se doutait bien que ça ne pouvait pas être ça. Pourtant, il trouvait intéressant de voir la façon dont elle allait réagir. De la réponse qu’elle donnerait dépendrait la suite de la conversation, et le majordome espérait bien prendre l’ascendant et réussir à en apprendre un peu plus sur l’étrange personne qui lui faisait face. Par ailleurs, il avait “oublié” la question qu’Hahdrem venait de lui poser. Volontairement bien sûr. Ah, elle était curieuse? Et bien elle resterait sur sa faim! Peut-être que la frustration, manipulée avec tact et prudence, finirait par briser la carapace de mystère qu’elle s’efforçait visiblement à entretenir. Il saisit de nouveau sa tasse de thé, la porta à ses lèvres d’un geste gracieux et but une longue gorgée. Le liquide brûlant le fit frissonné de plaisir. Décidément, ce vieux marchand ne s’était pas moqué de lui. Comme le lui avait dit Christo un peu plutôt, l’homme venait de gagner un précieux client prêt à dépenser des fortunes pour satisfaire ses papilles difficiles.
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MessageSujet: Re: Un peu de temps libre... Profitons-en !

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Un peu de temps libre... Profitons-en !

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